04/03/2011

L'IATA réduit sa projection du bénéfice aérien mondial pour 2011

L'IATA réduit sa projection du bénéfice aérien mondial en 2011.PNG

Le transport aérien devrait dégager une marge pathétique de 1,4% sur les 594 milliards USD de revenus estimés.

Le bénéfice net des compagnies aériennes devrait diminuer de moitié cette année malgré une hausse de la demande, en raison principalement de la forte hausse des coûts du pétrole, annonce l'Association Internationale du Transport Aérien.
La marge nette bénéficiaire des compagnies aériennes devrait s'élever à 1,4% seulement cette année, contre 2,9% en 2010.

"Outre la hausse des cours du brut, la hausse de la fiscalité sur les prix des billets, est également une menace pour le secteur", a déclaré Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA.
"Nous sommes en permanence sur la corde raide avec des marges très faibles, sans amortisseur", a-t-il fait valoir. Ce secteur est très, très fragile.".

Au total, les 230 compagnies aériennes membres de l'association devraient afficher un bénéfice net de 8,6 milliards USD cette année (6,2 milliards EUR environ), contre 9,1 milliards USD prévu précédemment. Cela représente 47% de moins que les 16 milliards USD de profits nets réalisés l'année dernière.

Le chiffre d'affaires des transporteurs devrait atteindre 594 milliards USD cette année, contre 552 milliards USD en 2010.
La prévision de 2011 repose sur l'hypothèse d'un prix moyen de 96 dollars pour le baril de pétrole Brent, ce qui paraît toujours optimiste, puisqu'on est actuellement largement au dessus des 110.

En conséquence, la note en kérosène du secteur montera à 166 milliards USD cette année, soit 29% des coûts totaux, contre 139 milliards ou 26% en 2010.
Selon Giovanni Bisignani, toute augmentation de 1 USD du prix du baril de pétrole se traduit par un coût supplémentaire de 1,6 milliard USD pour les compagnies aériennes.

L'IATA s'est refusée à dire si la dernière flambée des cours se traduirait par une taxe supplémentaire sur les billets, la question étant du ressort de ses membres pris individuellement.
L'association anticipe une hausse de la demande mondiale de 5,6% en 2011 pour le trafic passagers et de 6,1% pour le fret.

Les moyennes calculées par l'IATA révèlent des disparités très importantes entre grandes zones géographiques. Les compagnies aériennes d'Asie et d'Océanie devraient afficher une marge de 4,6%, en raison de la forte croissance économique. Les compagnies aériennes européennes sont les moins rentables des grandes régions.


Lire aussi :
- Perspectives du transport aérien d'ici à 2027 01-08-09

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- Bond de près de 21% du transport de fret en 2010 02-02-11
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- L'Europe sanctionne 11 compagnies aériennes pour entente illégale sur les prix du fret 10-11-10
- Principes retenus par l'Union Européenne pour la sécurité du fret aérien 06-11-10
- L'Allemagne veut sécuriser le fret aérien 04-11-10
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- Fortes amendes probables pour le fret aérien 22-10-10
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- La croissance du trafic aérien international a ralenti en août 01-10-10

- La demande de fret aérien devrait ralentir après un rebond 06-09-10
- La reprise du transport aérien commence à ralentir 25-08-10
- Recul de 2,4% du trafic aérien international en avril 27-05-10
- La reprise du transport aérien s'est accélérée en mars 28-04-10
- Nouvelle hausse du trafic aérien en février 30-03-10

- La crise du transpoert aérien encore pendant 4 ou 5 an ? 30-03-10
- Reprise du transport aérien plus forte que prévue en 2010 11-03-10
- Forte hausse du fret aérien en décembre 27-01-10
- Pas encore de reprise de la demande en première classe et classe affaires 18-01-10
- Airbus et Boeing face à la crise, encore et toujours 05-10-09
- Transport aérien : une crise historique 26-09-09
- Pas encore de reprise en vue pour l'industrie aéronautique européenne, selon Fitch 24-09-09
- Le trafic aérien restera très déficitaire en 2010 16-09-09
- La baisse du trafic aérien mondial s'atténue 11-09-09
- La reprise a commencé dans le trafic aérien, signale l'IATA 30-08-09
- Nouveau recul du trafic aérien international en juin 02-08-09
- Airbus table sur une sortie de crise dès l'année prochaine 13-04-09
- Nouveau plongeon de l'activité passagers en mars 08-04-09
- Eurocontrol publie ses prévisions de trafic aérien pour l'Europe 25-03-09
- Le transport aérien ne redécolle pas 03-03-09
- Le trafic Premium ne sauvera pas le transport aérien 01-03-09
- La chute du trafic des compagnies européennes ne fait que commencer 21-02-09
- L'étau de la crise se resserre sur le transport aérien 22-01-09
- Le trafic aérien subit un ralentissement général 03-01-09
- L'aéronautique face à la crise 03-11-08
- L'aviation civile en pleine tempête 02-09-08
- Le modèle low-cost a fait son temps, l'aviation de demain approche 19-08-08
- Le trafic aérien international résiste au ralentissement mondial 04-07-08
- Le prix des billets d'avion va continuer de s'envoler 19-06-08
- Le prix du pétrole devient une menace importante 26-05-08
- Le trafic aérien international continue de ralentir 03-05-08
- L'industrie aéronautique européenne menacée par le dollar faible 23-04-08
- Le transport aérien français dopé par les low-cost 27-02-08
- La pollution, un enjeu majeur pour l'industrie aéronautique 27-01-08
- Thales exclu une crise dans l'aéronautique 23-01-08
- Hausse de 9,3% du trafic aérien mondial 05-01-08
- L'Europe soupçonne un cartel dans le fret aérien 24-12-07
- 2,2 milliards de passagers aériens en 2007 23-12-07
- Big bang dans le transport aérien 02-10-07
- Le transport aérien en état de crise au Brésil 27-07-07
- Croissance du transport aérien s'accélère au premier trimestre 30-04-07
- La croissance du trafic aérien international a baissé en 2006 31-01-07

27/02/2011

2010, année la plus sûre de l'histoire du transport aérien

2010, année la plus sûre de l'histoire du transport aérien.PNG

Les données de performance sur la sécurité du transport aérien (IATA) font état du plus bas taux d'accidents pour les avions à réaction de fabrication occidentale enregistré dans l'histoire de l'aviation.

Ce taux a été de 0,61 en 2010. Il mesure les pertes de coques (*1) par millions de vols d’avions à réaction de fabrication occidentale. Cela équivaut à un accident pour 1,6 million de vols. En 2009 on avait enregistré un taux de 0,71 équivalent à un accident pour 1,4 million de vols. Si on compare la situation à celle d’il y a dix ans, le taux d’accidents a diminué de 42% (par rapport à 2001). Cependant, on peut constater que ces accidents ont provoqué 786 décès, contre 685 en 2009.

Chiffres 2010
En chiffres absolus, les résultats de 2010 sont les suivants :
- 2,4 milliards de personnes ont voyagé par avion en toute sécurité à bord de 36,8 millions de vols (28,4 millions par des avions à réaction, 8,4 millions par des avions à turbopropulseurs).
- 17 accidents avec perte de coque ont touché des avions à réaction de fabrication occidentale, contre 19 en 2009.
- 94 accidents (tous types d’aéronefs, de fabrication occidentale et orientale), comparé à 90 en 2009.
- 23 accidents mortels (tous types d’aéronefs) sont survenus, contre 18 en 2009.
- 786 décès, contre 685 en 2009.

La performance des compagnies membres de l’IATA a été meilleure que la moyenne de l’industrie, avec un taux d’accidents pour les avions à réaction de fabrication occidentale de 0,25. Ce taux correspond à un accident pour 4 millions de vols. On peut également constater que le système d’audit de la sécurité opérationnelle de l’IATA (IOSA (*2)) est devenu obligatoire pour les membres de l’IATA le premier avril 2009. La totalité des 234 transporteurs aériens membres de l’IATA figurent maintenant au registre de l’IOSA qui comporte actuellement plus de 350 transporteurs aériens.
"Les chiffres sont révélateurs. Durant la première année complète après que IOSA soit devenu obligatoire pour les membres de l’IATA, le taux d’accidents des transporteurs membres de l’IATA a été plus bas que jamais. Les données confirment que l’IOSA contribue à l’amélioration de la sécurité partout dans le monde. C’est une partie importante d’une vaste stratégie de sécurité qui touche les gouvernements et l’industrie, travaillant main dans la main pour réduire toujours davantage le nombre d’accidents et de décès", a expliqué M. Bisignani, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Différences entre les régions
Il y a des différences importantes entre les régions pour ce qui est du taux d’accidents avec perte de coque touchant les avions à réaction de fabrication occidentale.
- L’Amérique du Nord (0,10), l’Europe (0,45), l’Asie du Nord (0,34) et la Communauté des États Indépendants (0,0) ont connu une performance meilleure que la moyenne mondiale (0,61).
- Le taux en Asie-Pacifique a été supérieur à la moyenne mondiale en 2010, à 0,80, soit environ le même que l’année précédente (0,86).
- Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ont vu leur taux d’accidents baisser de façon spectaculaire, s’établissant à 0,72 (contre 3,32 en 2009), avec seulement un accident impliquant un transporteur de la région.
- L'Amérique latine et Caraïbes a enregistré un taux d’accidents plus élevé, à 1,87, quatre transporteurs de la région ayant été impliqués dans des accidents, contre un taux nul en 2009.
- L’Afrique a eu un taux d’accidents de 7,41, ce qui est moins élevé que le taux de 9,94 enregistré en 2009. Bien qu’on observe des améliorations, l’Afrique est encore la région qui a le pire taux au monde. Il y a eu en 2010 chez les transporteurs africains quatre accidents avec perte de coque touchant des avions à réaction de fabrication occidentale. Les transporteurs d’Afrique représentent 2% du trafic mondial, mais 23% des accidents avec perte de coque touchant des avions à réaction de fabrication occidentale.


Sécurité en Afrique
En 2010, le taux d’accidents des transporteurs certifiés IOSA en Afrique (tous types d’avions confondus) était de 50% meilleur que le taux observé chez les transporteurs non certifiés IOSA. Parmi les efforts de l’IATA en Afrique, il y a le Programme pour la sécurité des opérations en Afrique (IPSOA). IPSOA fait en sorte que les outils d’analyse des données de vol soit disponibles pour tous les transporteurs IATA d’Afrique, et depuis le dernier trimestre de 2010, tous les transporteurs IATA ont mis en place cet outil de sécurité essentiel. L’IPSOA fournira à l’IATA les données nécessaires pour mettre au point des programmes de sécurité visant des problèmes spécifiques à la région.
"L’aviation doit être aussi sécuritaire dans toutes les régions du monde. Un taux d’accidents en Afrique de plus de 12 fois plus élevé que la moyenne mondiale est inacceptable. Des améliorations sont possibles. Les transporteurs d’Afrique membres de l’IATA ont eu des performances sensiblement meilleures que les compagnies africaines non membres de l’IATA. J’encourage tous les gouvernements de la région à utiliser l’outil IOSA pour améliorer les performances de la région", a soutenu M. Bisignani.


Analyse des causes des accidents survenus en 2010
L'analyse des causes des accidents survenus en 2010 a porté sur plusieurs domaines : les sorties de piste, soit les cas où l’aéronef sort de la piste au cours du décollage ou de l’atterrissage, ont encore une fois constitué la cause la plus fréquente d’accidents, représentant 21% de tous les accidents en 2010 (contre 26% en 2009).

En 2009, l’IATA a lancé sa trousse de réduction des risques de sortie de piste (RERR) qui propose une documentation de référence de haut niveau ainsi que des analyses approfondies des données d’accidents liés à des sorties de piste et une compilation des facteurs importants de risque. La trousse fournit aussi des recommandations pour les exploitants, les pilotes, les aéroports, les gestionnaires de la circulation aérienne et les autorités réglementaires. Une mise à jour importante de la trousse RERR est prévue pour le printemps 2011 et rassemblera toutes les organisations internationales importantes vouées à la sécurité en un effort commun pour éliminer ce type d’accident.

Les dommages au sol ont représente 11% de tous les accidents en 2010, une amélioration par rapport à la proportion de 17% enregistrée en 2008, au moment où l’IATA a mis en place l’ISAGO, le Programme d’audit de la sécurité des opérations au sol de l’IATA, afin de s’attaquer au problème. L’ISAGO est la première norme mondiale de l’industrie portant sur la surveillance et la vérification des compagnies de service d’escale. Le programme, qui comporte plus de 400 normes, a été lancé en février 2008 et les premiers audits ont été effectués en mai de la même année. A ce jour, 288 audits ont été effectués et 56 fournisseurs opérant dans 81 sites différents ont été inscrits au registre ISAGO. Le programme a reçu un large appui de plusieurs aéroports et autorités de l’aviation et il a été rendu obligatoire au Liban et en Turquie.


Données permettant des améliorations supplémentaires
D’autres améliorations de la performance de sécurité de l’industrie aérienne seront obtenues grâce aux données qui peuvent aider les compagnies aériennes à identifier les tendances et mettre en place des mesures de prévention. L’IATA a mis sur pied le Centre Mondial d’Information sur la Sécurité (GSIC) en 2010. Ce site web interactif offre un guichet unique combinant les données de sécurité de différentes sources, telles que les audits IOSA et ISAGO, les analyses de données de vol, les rapports des pilotes et les enquêtes d’accident, sans compromettre la confidentialité commerciale.
"La sécurité représente un défi constant. L’industrie et les gouvernements doivent accentuer leurs efforts en vue de partager les données. En 2010, l’IATA a mis sur pied le GSIC, offrant à ses membres un accès sans précédent à l’information relative à la sécurité. Plus de 430 organisations ont déjà soumis des données de sécurité au GSIC, et plus de 50% des transporteurs membres de l’IATA y participent. Une expansion importante du GSIC est prévue pour les prochaines années et l’industrie en récoltera les bénéfices", explique M. Bisignani.

En septembre 2010, l’IATA a signé un accord historique avec l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, le département américain des Transports et la Commission de l’Union Européenne visant à mettre sur pied un système mondial d’échange de renseignements sur la sécurité. Ce premier partenariat mondial public-privé échangera des renseignements sur la sécurité en vue d’améliorer la sécurité et de réduire les risques.


(*1) Une perte de coque est définie comme un accident qui entraîne la destruction de l’aéronef, ou des dommages substantiels tels que l’aéronef ne sera pas réparé.
(*2) L’IOSA a été mis sur pied en 2003 et constitue maintenant une condition essentielle d’adhésion à l’IATA; tout transporteur aérien désirant se joindre à l’IATA doit d’abord compléter le processus IOSA.

Lire aussi :
- 90 accidents d'avion sur 35 millions de vols en 2009 26-02-10
- 20 à 30% des accidents seraient provoqués par la fatigue des pilotes 05-10-09
- 2008, plus d'accidents qu'en 2007, mais moins de victimes 14-01-09
- En 2007, plus d'accidents d'avions et moins de victimes selon l'IATA 13-05-08
- Moins d'accidents d'avions en 2007 07-01-08
- Il n'y a jamais eu aussi peu d'accidents d'avion qu'en 2007 12-07-07

26/02/2011

Cap des trois milliards de passagers par an en vue dans le transport aérien

Cap des trois milliards de passagers par an en vue dans le transport aérien.JPG

Après le redressement spectaculaire opéré en 2010, le secteur aérien estime pouvoir continuer sur la voie de la croissance dans les années à venir. Le nombre de passagers transportés en 2014 devrait être supérieur de 32% à celui de 2009, selon l'IATA. Ce sont donc près de 800 millions de voyageurs supplémentaires qui prendront l'avion à cette échéance, pour arriver à un total de 3,3 milliards de personnes transportées dans les airs.

Cette croissance attendue devrait être avant tout tirée par la Chine, qui comptera pour plus d'un quart dans l'augmentation des passagers.
"Sur les 800 millions, 360 millions viendront de la zone Asie-Pacifique, dont 214 millions seront associés à la Chine", précise l'association. Le pays devrait notamment connaître une augmentation de 11% par an de son trafic international sur la période, soit plus du double des taux enregistrés en Europe ou en Amérique du Nord. Même tendance pour le fret, puisque la Chine et Hong Kong devraient représenter tous deux un tiers de la croissance mondiale d'ici 2014 (+ 12,5 millions de tonnes transportées à l'échelle de la planète, pour un total de 38 millions de tonnes).
"Le coeur de l'industrie continue de se déplacer vers l'est", commente Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA.

La Chine n'est en effet pas la seule à redessiner la carte du monde aérien. Les pays qui connaîtront la plus forte croissance du trafic aérien international seront les Emirats Arabes Unis, le Vietnam, la Malaisie et le Sri Lanka. Au total, le Moyen-Orient devrait être la région connaissant la plus forte augmentation du nombre de passagers (+ 9,4% par an), devant l'Afrique (+ 7,7%) et l'Asie-Pacifique (+ 7,6%).

En Amérique du Nord, la croissance sera nettement plus mesurée (+ 4,9%). Cela n'empêchera pas les Etats-Unis de demeurer "le plus grand marché, en termes de pays, pour les trafics domestique et international", toujours selon l'IATA.
Le plus bas taux de croissance du trafic (+ 4,7%) devrait revenir à l'Europe, qui est dans une situation "très, très difficile", selon M. Bisignani.
Sur le Vieux Continent comme en Amérique du Nord, "l'endettement persistant des consommateurs, le chômage élevé et les mesures d'austérité vont freiner la croissance", explique-t-il.

L'OACI critique la nouvelle taxe américaine

L'Organistion de l'Aviation Civile Internationale critique le projet de budget américain proposant de taxer 5,5 USD chaque voyageur venant du Canada par air ou par mer.

Le secrétaire général de l'OACI, Raymond Benjamin, a estimé que cette mesure serait "mauvaise" pour le transport aérien, déplorant qu'une "tendance forte" à la taxation de ce secteur d'activité "pour se procurer de l'argent" se développe à travers le monde.
"Si c'est pour des mesures en quelque sorte environnementalistes, c'est très bien. Si c'est seulement pour améliorer les finances d'un pays, l'objectif est tout à fait différent", note M. Benjamin.
"C'est très facile, vous n'allez pas avoir de révolte dans les rues si vous taxez les passagers (...), et le mode de perception est très facile, c'est à intégrer dans le billet et les compagnies aériennes vous le ristournent, vous ne faites pas le travail, vous récupérez l'argent", a-t-il relevé.

La taxe, présentée par le gouvernement américain comme devant financer le fonctionnement des contrôles aux frontières, a été critiquée aussi par le Premier ministre canadien Stephen Harper.
"Les Etats-Unis connaissent une situation budgétaire épouvantable", a dit M. Harper.
"Il est clair que le gouvernement américain tente de trouver des moyens d'augmenter ses recettes".

La taxe doit toucher aussi les voyageurs mexicains et caribéens, mais ces derniers voyagent plus souvent par la route. Les Canadiens, qui prennent massivement l'avion pour se rendre dans le sud des États-Unis, seront les plus touchés. La taxe pourrait rapporter 110 millions USD par an au Trésor américain.

IAG bien dans le vert en 2010

International Airlines Group, né de la fusion entre British Airways et Iberia, a publié un bénéfice avant imposition de 84 millions EUR pour 2010.
IAG, qui a démarré son activité le 24 janvier, a également fait état d'un chiffre d'affaires de 14,79 milliards EUR pour 2010, après 13,45 milliards en 2009.
Ces chiffres combinés reposent sur une activité théorique en tant qu'entité unique sur les douze derniers mois. La comparaison d'une année sur l'autre a été calculée par le groupe.
Aucun consensus précis n'était disponible, les prévisions d'analystes variant considérablement en raison du caractère récent de l'alliance entre les deux compagnies aériennes.

Les bénéfices du quatrième trimestre ont souffert des perturbations climatiques en Grande-Bretagne et de la grève des contrôleurs aériens en Espagne. Selon le groupe, les bénéfices ont ainsi été amputés de 71 millions EUR.
IAG a en outre dit suivre de près l'évolution des cours du pétrole à la lumière des troubles en Libye, qui ont entraîné une envolée des cours.

Le directeur général, Willie Walsh, a déclaré que la compagnie disposait de couverture de pétrole suffisantes dans l'immédiat, et que la hausse des cours n'avait pour l'instant pas eu d'impact sur les réservations.
Il a souligné qu'IAG se gardait la possibilité d'augmenter ses prix si cela s'avérait nécessaire.
"L'instabilité politique actuelle au Moyen-Orient et son impact sur les cours du pétrole sont suivis de près", indique le groupe.

British Airways et Iberia ont renoué l'an dernier avec les bénéfices grâce à la reprise des voyages en catégorie premium, soit la première classe et la classe affaires combinées.
Les analystes du secteur redoutent toutefois un nouveau ralentissement de l'activité en raison de la hausse du pétrole et de la confiance en baisse des consommateurs européens.


Lire aussi :
- IAG sélectionne ses cibles potentielles 22-02-11

Vueling en bonne santé et optimiste

Vueling en bonne santé et optimiste.PNGLa low cost espagnole Vueling annonce de bons résultats pour l’année fiscale 2010, avec un bénéfice de 45,9 millions EUR, en hausse de 66%, et un chiffre d’affaires de 796,5 millions EUR, en hausse de 32%.
La marge nette de la compagnie gagne 1,1 point par rapport à l’année précédente, s'établissant à 5,7%.

Vueling peut se venter d'avoir transporté un peu plus de 11 millions de passagers sur ses lignes, ce qui représente une hausse significative de son trafic de 35%. Son coefficient de remplissage est de 73%.
La low cost indique détenir désormais 26% de part de marché sur la plateforme Barcelone El Prat.

Après avoir fusionnée avec Clickair en juin 2009 (lire article), la compagnie compte continuer son expansion en 2011 avec l’intégration de six Airbus 320 dans sa flotte (appareils provenant d’Iberia), dans le cadre du développement de ses nouvelles bases d’Amsterdam et de Toulouse.
La petite ibérique en pleine croissance se chargera également d’alimenter le hub d’Iberia à Madrid avec la mise à disposition de cinq appareils de mars à octobre.

Tout en anticipant et en tenant compte
d'une concurrence accrue sur ses principales bases (en particulier à Barcelone), Vueling prévoit d'augmenter de 15% le nombre de ses vols en 2011.


Lire aussi :
- Vueling s'implante à Toulouse 10-11-10
- L'Europe donne le feu vert à la fusion de Vueling et Clickair 12-01-09
- Vueling publie le meilleur résultat trimestriel de son histoire 01-11-08
- Fusion entre Vueling et Clickair 08-07-08
- Vueling s'essoufle 03-10-07

22/02/2011

IAG sélectionne ses cibles potentielles

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International Airlines Group (IAG), né de la fusion de British Airways et d'Iberia, cherchera des acquisitions de compagnies aériennes européennes de taille modeste avant de s'engager dans de grosses opérations.

Selon Willie Walsh, directeur général d'IAG, British Airways et Iberia ont établi une liste de douze cibles potentielles. IAG se veut le fer de lance de la consolidation mondiale dans le transport aérien, un secteur qui voit nombre de compagnies devenir des cibles potentielles.

Air France KLM et Delta Air Lines examineraient conjointement une offre sur Virgin Atlantic (lire ici). Elles espèreraient convaincre Richard Branson (fondateur de Virgin), de les rejoindre au sein de l'alliance Skyteam.
Air France KLM a fait savoir qu'elle ne commentait pas ces rumeurs et Delta s'est refusé à tout commentaire.

IAG réfléchit à un développement par l'intégration de transporteurs d'Asie et d'Amérique latine à son réseau, mais les grandes manoeuvres devraient commencer en Europe.
"La première compagnie à rejoindre IAG sera très probablement européenne, simplement pour des raisons de réglementation", a indiqué une source proche du dossier.
Le secteur aérien est l'un des plus réglementés en ce qui concerne la limitation des participations détenues par des investisseurs étrangers.

Les législations de l'Union Européenne, des Etats-Unis et de l'Australie compliquent les fusions entre compagnies locales et étrangères, ce qui rend plus facile les rapprochements entre compagnies de l'Union Européenne.

Les États hongrois, polonais, tchèque, scandinaves et portugais ont déjà fait savoir qu'ils souhaient céder leurs participations dans leurs compagnies aériennes nationales, et des analystes perçoivent Air Portugal (TAP) comme la meilleure affaire pour IAG compte tenu de l'attractivité de son réseau de vols long-courriers.
"Air Portugal est leader en capacité pour les liaisons de l'Europe vers le Brésil, qui est un marché en forte croissance", note un analyste.
"Il dispose également d'un portefeuille de dessertes en Afrique vers les anciennes colonies portugaises, qui sont désormais des marchés haut de gamme pour les voyages, l'Angola notamment."

Une éventuelle fusion entre la première compagnie brésilienne, TAM Linhas Aereas, et la chilienne LAN, donnerait naissance au premier groupe aérien d'Amérique latine si les autorités donnent leur feu vert (lire ici), ce qui accélérerait la nécessité pour IAG de gagner des parts de marché dans cette région à forte croissance.
"Dans tous les cas, le réseau brésilien de TAP serait très utile dans le portefeuille d'IAG", ajoute l'analyste.

Développement vers l'Asie ?
Si IAG était contraint d'attendre pour obtenir ces dessertes brésiliennes lucratives, des analystes estiment qu'il pourrait se tourner vers une compagnie desservant le monde entier, comme la finlandaise Finnair avec laquelle il est déjà en partenariat.

IAG se place en cinquième position pour les voyages reliant l'Europe à l'Asie avec une part de marché d'environ 5%, et pourrait s'intéresser aux liaisons long-courriers de Finnair vers l'Asie, qui représentent quasiment deux tiers du chiffre d'affaires de la compagnie finlandaise.
Les liaisons vers la région Asie devraient dépasser bientôt celles vers l'Atlantique Nord en termes de sièges/kilomètre.
En Europe, son partenaire Finnair a un avantage géographique naturel pour desservir le marché de l'Asie du Nord compte tenu des couloirs aériens, mais il manque d'un vaste marché point à point (sans escale).

La capitalisation de Finnair s'élève à quelque 575 millions EUR.