15/11/2007

Ventes de billets d'avions sur internet : Bruxelles s'attaque aux abus

Ventes de billets d'avions sur internet, Bruxelles s'attaque aux abus
 

La moitié des sites internet vendant des billets d'avions en Europe induisent en erreur les consommateurs avec des tarifs affichés hors suppléments ou des offres bradées inaccessibles, a dénoncé mercredi la Commission européenne en menaçant de futures sanctions. "Les chiffres démontrent qu'il y a un problème majeur dans cette industrie", a fustigé la commissaire à la Consommation Meglena Kuneva, en notant qu'un billet d'avion apparaissant en première page d'un site à 20 euros pouvait au final atteindre 100 euros. Elle présentait une enquête réalisée dans 15 pays de l'UE, plus la Norvège.

Les autorités nationales ont sélectionné et scruté quelque 447 sites internet pour conclure que 226 avaient des pratiques contraires aux règlements européens de protection des consommateurs. Bruxelles n'a toutefois pas dévoilé la nature ou l'identité des sites, leur accordant un sursis jusqu'à la fin janvier pour rectifier le tir. Les enquêteurs ont avant tout regardé si le prix final d'un billet était affiché d'emblée sur le site, avec les coûts supplémentaires comme les taxes d'aéroport, de réservation ou de cartes de crédit. Force est de constater que ces ajouts n'apparaissent habituellement que dans la dernière ligne droite de la réservation.

Les conditions attachées à des offres spéciales, en particulier leur disponibilité, doivent également être clairement annoncées, souligne Bruxelles. Or les enquêteurs ont constaté que les tarifs imbattables servent surtout d'appâts pour les consommateurs. Ils ont également regardé si les termes des contrats étaient indiqués clairement, dans la langue du consommateur, et étaient légaux. Une assurance voyage ne doit pas être obligatoire et les consommateurs ne devraient pas avoir à cliquer sur une case pour spécifier qu'ils ne la prennent pas. La situation est particulièrement critiquable en Belgique: 46 des 48 sites internet décortiqués présentaient des irrégularités.

La France ne fait pas non plus partie des bons élèves, avec 13 sites épinglés sur les 31 examinés. Neuf sites italiens sur 11 ont été critiqués, 7 sites espagnols sur 11, et 11 sites portugais sur 16. En revanche l'Autriche, la Grèce ou Chypre ont fait un sans faute, selon les enquêteurs. "J'envoie un avertissement fort aux entreprises pour qu'elles prennent des actions rapides et mettent de l'ordre", a prévenu la commissaire européenne. De telles pratiques entraînent "une distorsion de la concurrence et ralentit la croissance du secteur", a-t-elle jugé.

Après le sursis accordé jusqu'à fin janvier, elle n'hésitera pas à publier les noms des entreprises fautives et n'exclut pas des sanctions allant jusqu'à la fermeture de certains sites. La législation européenne sur la publicité mensongère et les clauses contractuelles déloyales, inégalement transposée dans l'UE, l'autorise en principe à prendre de telles mesures. Une proposition de loi européenne, portant spécifiquement sur le transport aérien, devrait aussi l'an prochain stipuler que des tarifs aériens tou t inclus doivent être affichés. D'ores et déjà, les autorités nationales qui ont participé à l'enquête ont demandé des explications à nombre d'entreprises. Reste qu'un quart des anomalies concernent des réservations faites dans un autre pays européen, ce qui implique une coopération transfrontalière pour d'éventuelles poursuites.

Quant aux contrats souscrits sur internet hors UE, les recours sont plus aléatoires. L'organisation des consommateurs européens (BEUC) s'est félicitée mercredi de l'initiative de Mme Kuneva, qui se présente comme "la protectrice" des consommateurs européens et promet d'employer la même méthode pour s'attaquer à "trois autres secteurs" dans les prochains mois.

04/12/2006

Windows Vista

 

Windows Vista : Lancement en fanfare

Windows Vista : Lancement en fanfare pour les entreprises



Microsoft lance aujourd'hui, cinq ans après Windows XP, la dernière mouture de son système d'exploitation, Vista. Une sortie mondiale pour les détenteurs de licences en volume, qui s'accompagne du lancement d'Exchange Server et d'Office 2007. Retour sur une feuille de route émaillée de soubresauts.

"Welcome to a New Day". C'est par cette laconique formule que Nick White, chef de produit chez Microsoft, annonce le lancement de Vista sur le blog consacré à l'OS.

Si cette sortie ne concerne, pour l'heure, que les revendeurs et les entreprises détentrice d'une licence en volume - les particuliers et les entreprises dépourvues d'une licence en volume devront attendre le 30 janvier 2007 -, elle marque une étape d'une importance capitale pour l'éditeur de Redmond, cinq ans après le lancement de Windows XP.

En même temps que Vista, débarquent également le gestionnaire de courriels Exchange Server et la suite bureautique Office, toutes deux également frappée du sceau 2007. De fait, Microsoft réalise là, en combinant ces trois produits, le plus important lancement de son histoire. D'autant que le géant du logiciel tire l'extrême majorité de ses revenus des seuls Windows et Office.

Pour l'heure, Vista est d'ores et déjà disponible en Asie et en Océanie et Microsoft célèbrera en fanfare l'arrivée de ses produits phares en Europe et en Amérique du Nord tout au long de la journée. Des événements sont ainsi prévus à Munich, Londres, Paris, Toronto et New York.

Un long fleuve pas tranquille

La feuille de route du lancement de Vista n'a toutefois pas été un long fleuve tranquille et fut émaillée de plusieurs obstacles. A commencer par le décalage, annoncé en mars, de la date de commercialisation. Initialement, en effet, les versions destinées aux particuliers devaient leur parvenir avant 2007. Un retard qui avait conduit IDC à rectifier à la baisse ses prévisions de ventes de PC. En mai, c'était au tour de Gartner d'évoquer la quasi-impossibilité pour Microsoft de tenir les délais et prédisait un lancement entre avril et juin 2007. Les prophéties du cabinet se sont donc révélées fausses.

Les inextricables différends opposant Microsoft et la Commission européenne ont également perturbé les préparatifs de la sortie de Vista. En septembre, Bruxelles soulevait le risque de muselage de la concurrence que faisaient courir les nombreuses fonctions de sécurité incluses dans l'OS. Microsoft réagissait aussitôt en accusant l'exécutif européen de s'acharner contre lui et de concourir à retarder le lancement de Vista. Dans la foulée de la Commission, certains éditeurs - Symantec et Adobe en tête - ont également accusé Microsoft de profiter de sa position dominante pour écraser encore un peu plus un marché qu'il domine outrageusement. Soucieux de rassurer - et surtout de sortir so produit dans les temps - l'éditeur de Redmond consentait, en octobre, à en modifier le code pour contenter à la fois les éditeurs de solutions de sécurité et Adobe.

Un accueil incertain

Reste une question de taille. Quel accueil sera réservé à Vista ? Si Microsoft se montre bien évidemment optimiste - il envisage une adoption deux fois plus rapide que pour les précédentes versions de Windows - les positions varient du tout au tout d'un cabinet d'analystes à l'autre. Forrester prévoit ainsi une adoption lente de l'OS, alors qu'Ovum prédit "la migration la plus rapide à ce jour". Gartner table sur un rythme poussif conduisant à ce que 10% des PC soient équipés de Vista d'ici à la fin 2007 et IDC estime que 90% des machines vendues aux particuliers l'an prochain seront fournies avec une des éditions familiales de Vista. Selon ce dernier institut, l'adoption par le milieu professionnel sera plus lente en revanche : à peine plus d'un tiers des PC vendus aux entreprises en 2007 seront équipés de Vista.

Au-delà des divinations des analystes, des éléments objectifs existent et contribuent à entretenir quelques doutes sur le succès de Vista et d'Office. Là où Microsoft dominait sans partage il y a cinq ans, l'écosystème a changé et l'éditeur doit composer avec ces bouleversements. Le monde de l'Open Source est, par exemple, plus présent. Google a fait son apparition et est devenu l'un des concurrents pantagruéliques de Microsoft. Reste que le principal obstacle à l'adoption de Vista pourrait être Microsoft lui-même, les utilisateurs de Windows XP ou 2000 étant susceptibles de ne pas voir l'intérêt de changer un système d'exploitation qui fonctionne plutôt bien (du moins largement mieux que 98).