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22/12/2010

La Wallonie, poubelle aérienne de l'Europe ?

Le souhait de Ryanair de s'installer à l'aéroport de Liège (Belgique) fait bondir la Fédération inter-environnement de Wallonie qui se demande "jusqu'à quand la Wallonie acceptera d'être la poubelle aérienne de l'Europe ?".
 
Ryanair laisse présager de s'installer à l'aéroport de Liège à la suite de la décision du gouvernement allemand d'appliquer une nouvelle taxe sur les billets d'avions. Si Ryanair n'a à ce stade pas confirmé encore son arrivée à Liège, cette annonce a fait réagir la Fédération inter-environnement Wallonie, qui voit en l'arrivée possible de la compagnie irlandaise à Liège "une occasion de plus pour qu'une société cynique échappe à sa responsabilité sociale et environnementale, en faisant miroiter aux responsables politiques quelques emplois "irlandais" qui disparaîtront à la première occasion venue...".
 
Pour la Fédération, le coût des "nombreuses incidences générées par le transport aérien (pollution, etc.) est aujourd'hui pris en charge par la collectivité" car il n'est pas répercuté sur le prix des billets d'avion.
Elle plaide dès lors pour l'instauration d'une "fiscalité aérienne digne de ce nom" pour y pallier et demande que la Wallonie arrête d'être "la poubelle aérienne de l'Europe".

Malev mise en examen par l’Union Européenne

Malev mise en examen par l’Union Européenne.JPG
Un DHC-8-402Q Dash 8 de Malev, sur le tarmac de Stuttgart

La Commission Européenne doute du respect des règles communautaires sur les aides d’Etat de la Hongrie.
Une enquête approfondie a été ouverte autour de Malev et des mesures de soutien accordées par le gouvernement hongrois ces dernières années à la compagnie nationale.

Malev a bénéficié de financements, dont les conditions particulièrement avantageuses font douter l’Union Européenne qu’ils auraient pu être obtenus sur les marchés financiers.
Pour l'Europe, ces mesures, consenties dans le contexte de la privatisation puis de la renationalisation de la compagnie, ne respecteraient pas les règles communautaires sur les aides d’Etat.

Huit mesures, exactement, dérangent la Commission Européenne.
L’État hongrois a par exemple repris en 2007 la charge d’un emprunt contracté par Malev en 2003. Les augmentations de capital de février et septembre 2010 ainsi que des prêts d’actionnaires accordés entre avril et septembre 2010 sont également sur la selette.

Malev a été renationalisée en février 2010, après une tentative infructueuse de privatisation en 2007. Elle exploite une flotte de 18 B737 et 4 Q400 (Bombardier).

16/12/2010

Le transport aérien traverse une courte embellie

 

Le transport aérien traverse une courte embellie.JPG

Les compagnies enregistrent un rebond de leurs profits plus fort que prévu. Un recul est attendu en 2011.

 

Un chaud et froid a soufflé sur Genève. Une bonne et une mauvaise nouvelle annoncées par l’Association Internationale du Transport Aérien.
La bonne ? Les compagnies aériennes, qui ont subi la pire crise de leur histoire, avec une perte de près de 10 milliards USD en 2009, vont rebondir plus haut que prévu. L’association prévoyait en septembre dernier un bénéfice de 8,9 milliards USD en 2010. À présent, elle estime que les profits atteindront finalement 15,1 milliards USD, soit près du double. Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA, explique cette révision par les "performances extraordinairement solides du troisième trimestre".

L’économiste en chef de l’IATA, Brian Pearce, n’hésite pas à qualifier de "record en dollars" les prévisions pour l’année 2010. Le secteur vient, il est vrai, de traverser une décennie sombre : il a perdu 51 milliards USD entre 2001 et 2009. Et la marge dégagée en 2010 ne devrait pas dépasser 2,7%.
"Si les compagnies aériennes étaient des organisations caritatives, ce serait un résultat formidable, a ajouté Giovanni Bisignani, mais dans les affaires cela signifie clairement que nous restons un secteur malade".

L’embellie de l’année ne devrait pas durer, c’est la mauvaise nouvelle. Selon les prévisions de l’IATA (dont les 230 compagnies membres représentent 93% du trafic commercial dans le monde), les bénéfices des compagnies aériennes vont à nouveau baisser l’année prochaine pour atteindre 9,1 milliards USD. Plusieurs facteurs devraient contribuer à ce ralentissement. D’abord le coût du pétrole dont le prix élevé devrait tourner autour de 84 USD le baril (contre 79 en 2010). Ensuite, la lenteur de la reprise économique en Europe et les mesures d’austérité devraient peser sur les recettes du transport aérien.


Le poids de l'Europe diminue

Globalement, le poids des compagnies aériennes du Vieux Continent est en chute par rapport à l’Asie ou à l’Afrique. Comme le souligne G.B., l’Europe a enregistré en 2010 un résultat net de 400 millions USD. Or le réseau aérien européen est treize fois plus important que le réseau africain alors que ses bénéfices ne sont que quatre fois supérieurs.

C’est l’Asie qui devient le moteur de la croissance du secteur aérien. Les profits enregistrés dans cette région atteignent des sommets : 7,7 milliards USD en 2010. En Bourse, les compagnies asiatiques sont devenues championnes. Le tiercé des capitalisations boursières des compagnies aériennes place ainsi en tête Air China comme la première compagnie au monde. Singapore Airlines occupe la deuxième position suivie de Cathay Pacific.
Et lorsque l’IATA réalise des projections sur l’évolution du nombre de passagers entre 2009 et 2014, l’Asie Pacifique écrase le reste du monde : 360 millions de nouveaux passagers issus de cette région devraient ainsi faire leur apparition pendant cette période dont 280 sur le réseau domestique. En parallèle, ils ne seront que 140 millions en Europe dont 110 millions sur les ­lignes internationales.

Le chiffre d'affaires de l'industrie aéronautique devrait encore croître en 2011

L'industrie aéronautique américaine semble bien partie pour enregistrer une nouvelle hausse de ses activités en 2011, qui devraient être marquées par une baisse de la part des avions de combat dans le chiffre d'affaires total en raison de possibles coupes budgétaires du Pentagone.

A l'occasion de son bilan annuel de l'activité, l'Association des Industries Aéronautiques, principal lobby du secteur, a estimé mercredi à 216,5 milliards USD (163,8 milliards EUR environ) les ventes totales sur 2010, ce qui représente un septième record consécutif.
L'année prochaine, ce total est vu à près de 220 milliards USD. Il avait été de 214,5 milliards en 2009.

Le secteur, dont les principaux acteurs sont Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman, General Dynamics, Raytheon and Harris, a, sur la décennie écoulée, connu neuf années de croissance.

Les ventes d'avions de ligne ont légèrement reculé en 2010, mais cette baisse a été plus que compensée par la livraison d'avions militaires, dont le nombre a presque doublé par rapport à 2000.

Jet Airways reprend son expansion internationale

Jet Airways reprend son expansion internationale.JPG

Jet Airways repart à nouveau vers la croissance. Le responsable de la région du nord-est asiatique, Bharath Mahadevan, a déclaré que la compagnie indienne allait reprendre ses vols directs vers la Chine et lancer de nouvelles liaisons internationales durant l’année fiscale 2011 (débutant le premier avril).
Les futures nouvelles lignes seraient Paris (uniquement desservi avec correspondance à Bruxelles à l'heure actuelle, avec une liaison de Brussels Airlines entre les deux capitles), Tokyo, Séoul et Taipei.

La reprise des vols directs vers la Chine se fera avec une nouvelle ligne journalière Bombay–Shanghai (ligne suspendue en 2009, lors de l'effondrement de la demande en Inde).
Ces ouvertures de lignes vont être permises par la reprise de la croissance du transport aérien dans le pays, la livraison de dix nouveaux Airbus 330-200 et le retour dans la flotte de quatre Boeing 777-300ER actuellement loués à Turkish Airlines.


Lire aussi :
- Jet Airways en bonne santé en ce début d'année 21-03-10

Airbus manque son objectif de livraisons 2010 d'A380

Airbus manque son objectif de livraisons 2010 d'A380.JPG

Airbus manquera d'un avion son objectif de livraisons d'A380 cette année, conséquence du processus de vérification des moteurs du très gros porteur engagé après l'incident qui a touché Qantas le mois dernier, a déclaré un porte-parole de l'avionneur.
En raison de cette révision, la filiale d'EADS prévoit de livrer un A380 supplémentaire à Qantas d'ici la fin décembre, au lieu de deux prévus initialement. Au total, Airbus aura livré cette année 19 appareils, contre un objectif de 20.

Les ingénieurs ont été contraints la semaine dernière de changer un moteur Rolls-Royce sur un avion en fin d'assemblage pour le compte de Qantas, à la suite d'une inspection du système de lubrification ordonnée par les autorités australiennes dans le sillage de l'incident du 4 novembre dernier provoqué par l'explosion d'un moteur.

Airbus a indiqué qu'il demanderait à Rolls-Royce un dédommagement pour les perturbations du calendrier provoqués par l'incident de novembre. Le 380 affiche un prix catalogue de 346,3 millions USD (260 millions EUR environ), versé en majorité à la livraison, mais sur la base du prix de lancement, des sources industrielles estiment que le manque à gagner est plus proche de 200 millions USD (150 millions EUR environ).

Avant l'incident de novembre, l'objectif d'Airbus de dépasser le nombre de livraisons d'A380 prévues sur l'année avait déjà été contrarié par un scandale relatif à la sécurité des sièges de l'appareil. Le fournisseur japonais Koito Industries avait en effet reconnu avoir falsifié les résultats des tests de sécurité, provoquant des délais car le processus de certification avait dû recommencer.

Cet été, Airbus avait indiqué espérer dépasser son objectif en produisant 22 unités produites sur l'année. Le résultat final reflète les délais induits par les nouveaux tests sur les moteurs Rolls-Royce et les retards de livraison des sièges de Koito Industries, a souligné le porte-parole du constructeur.

Air France aussi fait appel du jugement du procès du Concorde

Air France fait à son tour appel du jugement condamnant Continental Airlines pour la catastrophe du Concorde en 2000 près de Paris, a annoncé l'avocat de la major française.
Air France, partie civile dans le procès, veut être "à armes égales devant la cour avec Continental, qui a dit énormément de mal sur Air France, ce qui n'était pas justifié ni techniquement, ni juridiquement", a déclaré l'avocat d'Air France, Me Fernand Garnault.
La compagnie nationale veut être en mesure "de réfuter cette avalanche d'argumentations techniquement inexactes qui avait été la base de la défense d'ailleurs inutile de Continental", a-t-il ajouté.
Le procès en appel pourrait selon lui avoir lieu "dans un ou deux ans".

Le 25 juillet 2000, un Concorde d'Air France en partance pour New York transportant 109 passagers, en majorité des touristes allemands, avait pris feu peu après son décollage de Roissy et s'était écrasé sur un hôtel de Gonesse, y tuant quatre personnes.

Après dix ans de procédure, le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) a retenu que l'accident avait été provoqué par l'éclatement d'un pneu avant droit du Concorde, causé par une lamelle en titane de 43,5 cm, une "bande d'usure" tombée d'un avion de la compagnie américaine Continental Airlines.
Selon ce scénario, des débris du pneu projetés contre l'aile et dans le réacteur du Concorde ont endommagé la propulsion et provoqué une perforation d'un réservoir situé sous l'aile, ainsi qu'une fuite de kérosène, ce qui a causé un incendie fatal.

Continental a fait appel du jugement qui déclare la compagnie coupable "d'homicides et blessures involontaires" et la condamne à 200 000 euros d'amende.

L'un de ses mécaniciens, John Taylor, absent du procès et visé par un mandat d'arrêt depuis 2005, a été condamné à 15 mois de prison avec sursis.


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