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18/10/2010

Ryanair vers un changement de cap ?

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Michael O'Leary changerait-il tout doucement de ton ?

Devant l'assemblée générale des actionnaires, à Dublin, il a affirmé que Ryanair envisageait de s'implanter davantage dans les grands aéroports européens et de mettre l'accent sur la qualité du service. On a du mal à y croire, puisqu'il s'agirait là de l'opposé du modèle suivi par Ryanair depuis sa création !
La desserte de grands aéroports et un service amélioré permettraient au groupe de séduire davantage la clientèle d'affaire, plus lucrative que les voyageurs de tourisme...

Déjà, le principal concurrent de Ryanair, EasyJet, dessert de grands aéroports européens comme Paris CDG, Bruxelles ou Milan, tandis que la petite compagnie allemande Air Berlin s'est spécialisée sur le créneau des voyageurs d'affaires.
Il s'agirait, si cette tendance se confirme, d'une inflexion importante de la stratégie de Ryanair, qui avait jusqu'ici bâti sa réputation sur des prix serrés, un service spartiate et la desserte d'aéroports périphériques, moins coûteux que les grands aéroports.

Cependant, le groupe a constaté un ralentissement de la croissance annuelle du trafic passagers : de 30% par an au début des années 2000, il devrait baisser à 10% cette année, et moins les années suivantes. De plus, la politique commerciale et sociale du groupe est de plus en plus contestée par plusieurs pays européens, ce qui pourrait à terme renchérir ses coûts.
En France, notamment, Air France KLM a engagé une action devant la Commission Européenne contre les subventions versées par les aéroports régionaux à Ryanair (> lire article).

Michael 0'Leary a précisé sa pensée : "pour le moment, c'est toujours le prix, le prix, le prix, mais si on ralentit le rythme de croissance, on fera moins de promotions pour remplir les sièges ! (...) Quand les prix des billets ne baisseront plus, en 2013, 2014, 2015, ou quand ils remonteront, nous mettrons plus l'accent sur la qualité, le service, la satisfaction du client... Mais nous n'allons pas pour autant passer d'un prix moyen de 34 euros à 100 euros !".

CityJet, filiale d'Air France, poursuivie pour ses contrats de droit irlandais

CityJet, filiale d'Air France, poursuivie pour ses contrats de droit irlandais.jpg

CityJet, filiale d'Air France, fait l'objet d'une poursuite par le parquet de Bobigny pour "travail dissimulé".
Cityjet est poursuivie pour "travail dissimulé" de 2006 à 2008, pour avoir fait signer à ses employés des contrats de droit irlandais.
Les dirigeants de la compagnie devraient être convoqués début 2011. Une procédure est en outre en cours devant les prud'hommes de Bobigny, engagée par 24 salariés qui demandent le remplacement de leur contrat de travail, irlandais jusqu'en décembre 2008, en contrat français.
La compagnie, dont le siège se trouve en Irlande, est également poursuivie pour "marchandage" entre 2006 et 2008, accusée d'avoir mis à disposition une partie de ses effectifs à d'autres entités du groupe Air France KLM.


Le cas de Ryanair, NetJets et EasyJet

Par ailleurs, NetJets Europe, basée à Londres et spécialisée en aviation d'affaires, est également poursuivie par le parquet de Bobigny, également pour "travail dissimulé". Elle aussi aurait fait signer des contrats de travail étrangers à ses salariés. Une audience de fixation aura lieu le 2 décembre au tribunal de Bobigny.

Ces poursuites interviennent alors que Ryanair a annoncé la fermeture (en janvier) de son unique base française à Marseille, en réaction à sa mise en examen pour cause de "travail dissimulé". La compagnie, installée à Marseille depuis octobre 2006, conteste le décret du 21 novembre de la même année soumettant les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit français. Ses quelque 200 salariés sont assujettis à la réglementation du travail irlandais (> lire article).

En avril, c'est EasyJet qui avait été poursuivie, et reconnue coupable par le tribunal de Créteil de travail dissimulé pour avoir employé sous statut britannique quelque 170 salariés à l'aéroport d'Orly. Elle a notamment été condamnée à verser 1,4 million EUR de dommages et intérêts à Pôle Emploi. Elle a fait appel de cette condamnation.

14/10/2010

La reprise du transport aérien ralentit

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Le rebond marqué du secteur du transport aérien est en train de s'atténuer à cause du ralentissement de la reprise économique, même si l'activité des voyages d'affaires continue de mieux se comporter que le tourisme, a annonce l'IATA.

Le ralentissement de la croissance du trafic constaté au mois d'août (lire article) est dû en partie à l'effet statistique de la forte hausse d'août 2009, qui marquait le début du redémarrage après le trou d'air provoqué par la crise financière, explique l'association dans son bulletin mensuel sur le trafic "premium" (affaires et première classe).
Néanmoins le nombre de passagers montre, après ajustement des variations saisonnières, une baisse de 1% à 1,5% en août par rapport à juillet en classes premium comme en classe économique, précise-t-elle.
"Il y a désormais des signes clairs montrant que le rebond post-récession du trafic aérien international est en train de ralentir", constate l'IATA.

Le nombre de passagers voyageant en classe affaires ou en première a augmenté de 9,1% sur un an en août, contre une hausse de 13,8% en juillet.
En classe économique, la hausse du trafic en rythme annuel est tombée à 6,2% contre 8,8% en juillet.


Lire aussi :
- Perspectives du transport aérien d'ici à 2027 01-08-09

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- La reprise du transport aérien s'est accélérée en mars 28-04-10
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- La crise du transpoert aérien encore pendant 4 ou 5 an ? 30-03-10
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- Pas encore de reprise de la demande en première classe et classe affaires 18-01-10
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- Transport aérien : une crise historique 26-09-09
- Pas encore de reprise en vue pour l'industrie aéronautique européenne, selon Fitch 24-09-09
- Le trafic aérien restera très déficitaire en 2010 16-09-09
- La baisse du trafic aérien mondial s'atténue 11-09-09
- La reprise a commencé dans le trafic aérien, signale l'IATA 30-08-09
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- Airbus table sur une sortie de crise dès l'année prochaine 13-04-09
- Nouveau plongeon de l'activité passagers en mars 08-04-09
- Eurocontrol publie ses prévisions de trafic aérien pour l'Europe 25-03-09
- Le transport aérien ne redécolle pas 03-03-09
- Le trafic Premium ne sauvera pas le transport aérien 01-03-09
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- L'étau de la crise se resserre sur le transport aérien 22-01-09
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- Le trafic aérien international résiste au ralentissement mondial 04-07-08
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- L'industrie aéronautique européenne menacée par le dollar faible 23-04-08
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- Hausse de 9,3% du trafic aérien mondial 05-01-08
- 2,2 milliards de passagers aériens en 2007 23-12-07
- Big bang dans le transport aérien 02-10-07
- Le transport aérien en état de crise au Brésil 27-07-07
- Croissance du transport aérien s'accélère au premier trimestre 30-04-07
- La croissance du trafic aérien international a baissé en 2006 31-01-07

Baisse de 23% des livraisons d'Embraer au troisième trimestre

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Embraer accuse un recul de 23% de ses livraisons d'avions au troisième trimestre, une baisse symptomatique d'une demande des compagnies aériennes toujours faible et d'un marché de l'aviation d'affaires qui ralentit.
Le constructeur aéronautique brésilien, premier fabricant mondial d'avions régionaux (appareils de moins de 100 places), a livré 44 unités sur les trois mois fin septembre, contre 57 il y a un an, et 69 au deuxième trimestre.

Embraer ajoute que ses commandes fermes ont reculé de 18% par rapport au troisième trimestre 2009, à 15,3 milliards USD, un chiffre toutefois en légère hausse par rapport aux 15,2 milliards du deuxième trimestre.

Sur neuf mois, le constructeur a livré 154 avions, soit un de plus que sur la même période de 2009. A ce jour, l'objectif d'Embraer pour l'ensemble de l'année est d'un minimum de 227 livraisons, contre 243 en 2009.


Lire aussi :
- Embraer relève sa prévision de chiffre d'affaires 2010 malgré une baisse de son activité 03-08-10
- Embraer pourrait construire un plus gros porteur 31-01-10
- Embraer dévoile le Legacy 650 20-10-09
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- Embraer : les profits plongent de 49% au deuxième trimestre de 2007 19-08-07

13/10/2010

Un groupe de compagnies pour un plafonnement des crédits export

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Un groupe de grandes compagnies aériennes internationales a demandé à l'Europe et aux Etats-Unis de plafonner les crédits de financement aux exportations à 20% du prix des avions de ligne.
Cette requête, signée par 24 compagnies aériennes, constitue le dernier volet en date du conflit sur les milliards de dollars d'aides directes ou indirectes dont bénéficient les grands constructeurs aéronautiques. Elle intervient avant la réunion, le 20 octobre, de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) au cours de laquelle les Etats discuteront des crédits de financement aux exportations pour Boeing et Airbus.
"Le crédit aux exportations est un outil particulier qui peut avoir de nombreux effets défavorables sur le marché", soulignent les compagnies concernées dans une lettre adressée aux gouvernements.

Les compagnies aériennes implantées dans les pays où Airbus et Boeing produisent leurs appareils s'estiment pénalisées par le mécanisme des crédits à l'exportation, qui réduit les coûts d'achats de concurrents comme Emirates. Cette dernière rejette ces accusations.
Les crédits de financement aux exportations sont de plus en plus utilisés depuis la crise financière qui a entraîné une baisse du financement privé. Selon Airbus, ce type de financement peut représenter jusqu'à un tiers de la valeur d'un avion.

La requête, adressée aux gouvernements, propose que les compagnies aériennes et les sociétés de location d'avion ne puissent plus financer que 20% de leurs achats de nouveaux appareils par des crédits aux exportations.
En outre, les compagnies aériennes signataires de cette requête estiment que les modalités des crédits à l'exportation devraient être moins accommodantes que celles consenties par les banques commerciales, afin d'éviter d'accorder un avantage déloyal à certaines compagnies, tandis que les ratios d'endettement devraient être réduits.
Les 24 compagnies aimeraient également que soient pris en compte les risques pays et politiques qui limitent l'accès des compagnies à certains marchés.
"L'utilisation des crédits publics aux exportations pour permettre de vendre des avions à des emprunteurs solvables en grande partie à cause de conditions de marchés relativement défavorables constitue une distorsion commerciale", soulignent les compagnies.

Tim Clark, président d'Emirates, s'est défendu mardi d'avoir recours aux crédits aux exportations et a nié que sa compagnie ait bénéficié de subventions.

EasyJet garde son nom

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EasyJet gardera sa notoriété par son nom. La low cost britannique est parvenue à se mettre d’accord avec Stelios Haji-Ioannou, détenteur d'easyGroup (donc également les droits sur le nom de la compagnie), ce qui met fin à un litige qui aura duré deux bonnes années.

L'accord, d'une validité de cinquante ans, permet à easyJet de garder son nom, et lui permet même d'obtenir une plus grande liberté dans l'utilisation de celui-ci. Elle pourra ainsi conclure des contrats avec d’autres compagnies ou sociétés (de location de voitures ou chaînes d'hôtels, par exemple).

Stelios Haji-Ioannou n’a lui plus le droit de se nommer Président du conseil d’administration. Ce qu'il a sans doute facilement accepté à l'égard des royalties que lui versera easyJet chaque année : l'on parle de 0,25% du chiffre d’affaires annuel. Elles ont d’ores et déjà été fixées à 3,9 et 4,95 millions GBP pour les deux premières années de l’accord.

Stelios Haji-Ioannou avait menacé la compagnie il y a deux ans, lui interdire de conserver son nom, sa marqu, si elle n’améliorait pas sa ponctualité à l’aéroport de Londres Gatwick.

Ryanair ferme son unique base en France, Marseille

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Ryanair a annoncé la fermeture à partir du 11 janvier 2011 de son unique base française, à Marseille, en raison "de l'ouverture d'une procédure judiciaire" contre elle.

Avant la tenue d'une conférence de presse dans un hôtel de l'aéroport Marseille-Provence à Marignane (Bouches-du-Rhône), la société irlandaise a précisé dans un communiqué qu'elle transfèrerait ses avions ainsi que ses salariés dans d'autres aéroports européens.
"Nous sommes très déçus de la décision des autorités françaises d'engager des poursuites contre la base de Ryanair à Marseille, qui est totalement conforme à la réglementation de l'Union Européenne pour les travailleurs mobiles des transports", a déclaré Michael O'Leary, présent à Marseille pour faire cette annonce.

Le PDG a critiqué les fondements de cette action en justice et a estimé qu'il en coûterait donc "des pertes d'emploi pour Marseille et la France". C'est "le prix fort à payer" pour démontrer que les quelque 200 salariés basés à Marseille, selon la compagnie, sont bien sous contrat irlandais et donc assujettis à la réglementation du travail irlandais, a-t-il ajouté. Ryanair, visée par une information judiciaire ouverte en avril par le parquet d'Aix-en-Provence, a été mise en examen fin septembre pour "travail dissimulé" (lire article).

L'irlandaise avait fait de Marseille sa première base française en novembre 2006, avec quatre avions basés sur le terminal low cost mp2 de l'aéroport de Marseille-Provence. Treize lignes vont fermer suite à cette décision : Agadir, Brest, Eindhoven, Lille, Marrakech, Nador, Nantes, Palerme, Paris, Tanger, Tenerife, Tours et Venise.
Dix lignes seront maintenues (Bruxelles, Dusseldorf, Fez, Londres, Madrid, Malte, Porto, Rome, Séville, Valence) mais opérées par du personnel installé dans d'autres aéroports que celui de Marseille, a précisé le PDG en conférence de presse.

Selon l'aéroport de Marseille, le départ de Ryanair va se traduire par 30 000 passagers en moins en janvier et 50 000 en février et mars. Trois destinations sont évoquées par Ryanair pour le transfert de sa base : l'Espagne, l'Italie ou la Lituanie.
"C'est un jour très sombre mais nous ne pouvons pas attendre une année, voire plus, pour risquer d'éventuelles amendes plus importantes si la procédure judiciaire ne nous était pas favorable", a déclaré M. O'Leary.
"Nous respectons les juges aixois, nous ne remettons absolument pas en cause leur travail mais nous prenons en compte cette décision pour démontrer justement à quel point nos salariés sont mobiles et qu'ils n'ont pas à être assujettis à la législation du travail française".
Ryanair, qui compte 7000 salariés dans le monde, est le deuxième transporteur de l'aéroport marseillais derrière Air France, avec près de 1,5 million de passagers comptabilisés en 2009.