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24/01/2011

Les compagnies aériennes se mettent au vert

Les compagnies aériennes se mettent au vert.PNGQantas, British Airways ou encore Air France font partie des compagnies qui multiplient les efforts pour réduire leurs émissions de CO2. Celles transitant sur le sol européen seront en effet soumises au système d'échanges de quotas dès 2012.

Toutes les compagnies aériennes lui courent après. Solena, société américaine spécialisée dans la production de biocarburant à partir de déchets organiques, multiplie les partenariats juteux dans le secteur. Dernier en date : la compagnie australienne Qantas qui, d'après le Wall Street Journal, devrait annoncer fin janvier la construction d'une usine de ce genre dans la banlieue de Sydney pour un investissement de 300 millions USD.

Avant elle, British Airways avait sauté le pas, officialisant en février 2010 la construction d'une usine similaire près de Londres.
« Cette usine transformera 500 000 tonnes de déchets par an en 61 millions de litres de biocarburant, ce qui permettra une réduction de 95% des émissions de gaz à effet de serre comparé à une utilisation de kérosène classique. Concrètement, cela équivaudra à retirer de la circulation 48 000 véhicules automobiles par an », expliquait alors Solena. British Airways compte, dès 2014, utiliser ce biocarburant pour faire voler une partie de sa flotte. De quoi lui permettre, selon son patron, d'atteindre l'objectif d'une baisse de 50% de ses émissions d'ici à 2050.

Solena serait actuellement en discussion avec Lufthansa, mais aussi Ryanair et Easyjet. Le duo low cost souhaiteraient la fabrication d'une usine de ce type en Irlande, dans les environs de Dublin.

Epée de Damoclès
Globalement, depuis deux ans, les compagnies aériennes ont adopté des comportements verts. KLM a exécuté en 2009 le premier vol de passagers au monde avec un Boeing 747 utilisant du biocarburant (lire ici), qui représentait un huitième de son plein de carburant.
Japan Airlines et Air New Zealand ont aussi effectué des vol-tests d'une heure trente avec le réacteur d'un Boeing 747 alimenté par un mélange de kérosène et de biocarburant.

Cette nouvelle attitude s'explique par un changement de taille dans la législation du secteur aérien qui interviendra dès 2012. A cette date, les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes seront intégrées au système d'échange de quotas européen. Tous les vols, domestiques et internationaux, au départ ou à l'arrivée des 27 pays membres, seront touchés par ce système, excepté les vols diplomatiques, militaires ou humanitaires.

Pour les 4000 compagnies aériennes concernées, 15% des quotas de CO2 seront mis aux enchères, le reste étant attribué gratuitement par l'Union Européenne. Cette décision se traduira par des objectifs chiffrés pour les compagnies : dès l'an prochain, elle devront diminuer de 3% leurs émissions par rapport à la moyenne des émissions annuelles du secteur entre 2004 et 2006. Ce chiffre sera porté à 5% par an de 2013 à 2020.

« Un pas dans la bonne direction »
Pour les organisations de protection de l'environnement, cette modification législative est accueillie avec soulagement. « Nous l'avions demandé il y a deux ou trois ans. Depuis 1997 et le protocole de Kyoto, l'aérien n'est pas concerné », constate Jean-Stéphane Devisse, directeur des programmes de conservation chez WWF.

Pour autant, les défenseurs de la nature sont conscients de la difficulté que rencontrent les acteurs du secteur.
« L'aérien, ce n'est pas comme le bâtiment. Les avions ne peuvent pas voler sans kérosène du jour au lendemain. C'est pour cela que nous jugeons ces objectifs réalisables. Ils constituent un pas dans la bonne direction », précise WWF. L'ONG estime toutefois que les choix actuels des compagnies ne sont pas forcément les bons.
« La première étape serait d'abord de faire en sorte de consommer moins au kilomètre plutôt que de viser le biocarburant ou les agrocarburants. Cette dernière technologie est chère et parfois tout aussi énergivore. Elle peut, de plus, favoriser des tensions sur le marché alimentaire ».

Reste la solution « logique » pour les compagnies aériennes, d'après WWF : « atteindre des taux d'occupation maximum des avions, améliorer les rotations des avions, et moderniser les flottes ». Sur ce dernier point, l'ONG constate que compagnies et avionneurs sont déjà très actifs car « ils y ont intérêt, vu la hausse du prix du pétrole sur le long terme ». Jean-Stéphane Devisse va plus loin : « il faudrait une alliance des opérateurs avion-rail TGV sur les trajets moyen courrier ». Autrement dit, imaginer une coopération totale entre la SNCF et sa concurrente Air France. L'ONG est réaliste : cette solution reste un « idéal »...


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