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30/11/2010

Le décrochage scolaire inquiète l'industrie aéronautique québécoise

Le décrochage scolaire inquiète l'industrie aéronautique québécoise.PNGLa présence d'une main-d'oeuvre bien formée constitue un des piliers de l'industrie aéronautique. C'est un des principaux facteurs qu'une entreprise examine avant de s'établir quelque part.

Le taux élevé de décrochage scolaire au Québec risque d'avoir un impact très négatif sur l'avenir de l'industrie aéronautique dans la province, d'après le président de Pratt & Whitney (filiale de United Technologies Corporation - NYSE : UTX) Canada, John Saabas.
"C'est impossible d'avoir un tel taux de décrochage dans une société de 7 millions de personnes et de penser qu'on va jouer un rôle important dans l'industrie mondiale dans 10 ou 15 ans", a-t-il déclaré dans le cadre d'un sommet sur la formation aérospatiale en entreprise.
La présence d'une main-d'oeuvre bien formée constitue un des piliers de l'industrie aéronautique. C'est un des principaux facteurs qu'une entreprise examine avant de s'établir quelque part.

À l'heure actuelle, environ 80 000 personnes travaillent dans l'industrie aérospatiale au Canada, dont un peu plus de la moitié au Québec. Il faudra engager 50 000 travailleurs au cours des 10 prochaines années pour remplacer les départs à la retraite (environ 20 000 travailleurs) et faire face à une croissance annuelle de 5%.

Si cette croissance se limite à 2% par année, il faudra quand même mettre la main sur près de 35 000 nouveaux employés d'ici 2020.

Or, parmi toutes les provinces canadiennes, c'est le Québec qui a le plus haut taux de décrochage en école secondaire chez les garçons. Selon Statistique Canada, 14,3% des garçons québécois ne terminent pas le secondaire, comparativement à 9,5% des garçons ontariens. Au Québec, seulement 25% des garçons réussissent à décocher un baccalauréat, comparativement à 40% des filles.
"Ça va nous rattraper dans 5 ou 10 ans", a lancé M. Saabas.

Il a également déploré le fait que les jeunes qui arrivent au collégial mettent beaucoup plus de temps que prévu pour obtenir leur diplôme. Dans le secteur professionnel, la moitié des élèves n'arrivent pas à effectuer leur programme en trois ans. Les jeunes ont souvent un emploi pendant le semestre, ce qui nécessite énormément de temps et d'énergie.
"Ils veulent une automobile, ils veulent être autonomes, a expliqué M. Saabas. Mais il faudrait leur faire comprendre que les études, c'est leur job. C'est là où les parents ont une responsabilité.".

De son côté, Serge Brasset, directeur de l'École Nationale d'Aérotechnique (ENA) du collège Édouard-Montpetit, s'inquiète au sujet du passage en collégial : seulement 57% des diplômés du secondaire font le saut au cégep. Si on ne considère que les garçons, ce taux descend au-dessous de la barre des 50%.
"Ils ont les compétences, mais ils n'ont pas l'intérêt, a déploré M. Brasset. Et pourtant, la formation est gratuite au collégial.".

Malheureusement, la plupart de ces diplômés qui quittent le monde de l'éducation entre le secondaire et le collégial ont un diplôme d'études générales : ils ne peuvent donc pas compter sur les habiletés spécifiques acquises grâce à un diplôme d'études professionnelles.
L'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM) est justement une institution secondaire qui décerne des diplômes d'études professionnelles.
La directrice de cette école, Josée Péloquin, a indiqué que 82% des élèves décrochaient leur diplôme dans les temps requis. L'EMAM essaie maintenant d'aider ses diplômés à passer au collégial, à l'ENA, afin de leur permettre d'acquérir de nouvelles compétences à un moment où il se fait encore peu d'embauches dans l'industrie.

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