28.10.2010
Les pilotes de ligne suisses manquent de relève
Neuf ans après le "grounding" de Swissair, ses conséquences sont toujours perceptibles : l’école de pilotage de Swiss se plaint du manque de relève. Sans les pilotes allemands, la compagnie se trouverait dans une zone de turbulences.
Swiss manque de relève helvétique. Près de 40% des diplômés du Swiss Aviation Training (SAT), une filiale de Swiss, sont des ressortissants de l’Union Européenne. La grande majorité provient d’Allemagne, explique le directeur de SAT, Urs Schöni.
Les Allemands s’intègrent parfaitement, selon lui. Mais d’ajouter que le taux élevé d’étrangers peut créer des problèmes au sein de la culture d’entreprise. Des difficultés surgissent notamment pour des raisons de langue, quand les collaborateurs ne parlent pas le dialecte alémanique.
Au total, 600 jeunes se portent chaque année candidat pour une formation de pilote auprès du SAT. Malgré cet engouement, de nombreux pupitres restent vides :
"Nous pourrions former 96 pilotes par an. Or en 2010, nous n’avons occupé que 82 places", poursuit Urs Schöni.
Feu vert malgré des incertitudes
Trop peu de diplômés aussi à l’école de pilotage Horizon, qui recrute pour Helvetic Airways. Selon le chef de presse Nicolas Bachmann, 25 pilotes ont terminé leur formation cette année et les capacités de l’école sont loin d’être épuisées. Un tiers des pilotes volent pour Helvetic, le reste se répartit sur d’autres organisations.
Afin de disposer d’élèves en nombre suffisant dans les classes, Swiss accorde une chance aux candidats à propos desquels elle a de de légères incertitudes lors de la sélection. Lors de la formation d’une année et demi, SAT examine et teste toutefois les élèves sous toutes les coutures. Moins de cinq candidats par an échouent.
Swiss contredit toutefois l’affirmation de l’école de pilotage Swiss Aviation Training. Swiss est compétente pour la sélection des pilotes, pas la SAT. Et tous les candidats doivent remplir les mêmes critères stricts de sélection.
Une formation coûteuse
Au total, 2203 personnes détenaient l’an dernier en Suisse une licence de pilote, selon l’Office Fédéral de l’Aviation Civile (OFAC). Le manque de relève ne concernera l’office que lorsque la sécurité ne sera plus garantie, selon un porte-parole. Ce n’est pas la tâche de l’OFAC de prendre des mesures pour assurer la relève.
L’Aéro-Club de Suisse s’engage en revanche en faveur des futurs pilotes. Chaque année, il organise un camp de jeunesse qui doit rapprocher les 14-16 ans du monde de l’aviation. Avec 170 inscrits, ce camp affiche régulièrement complet, assure le chef de la communication Jürg Wyss.
L’intérêt pour l’aviation reste grand. Mais le financement d’une formation de pilote est pour beaucoup un obstacle insurmontable. Au SAT, le chemin qui mène au cockpit coûte 140 000 CHF (102 000 EUR environ), chez Horizon 106 000 CHF (77 500 EUR environ).
"Le financement peut être le seau d’eau qui éteint l’étincelle, alors que celle-ci devrait plutôt mettre le feu", résume Jürg Wyss.
De plus, le métier de pilote (autrefois un rêve) a perdu quelque peu de son attrait.
Le "grounding" de Swissair a définitivement terni son image, confirme Urs Schöni, de SAT : Swissair et Swiss ont mis à la porte beaucoup de pilotes et Swiss a longtemps tardé à en recruter.
Banquier plutôt que pilote
Les choses se sont améliorées depuis, mais les pilotes démissionnaires à remplacer sont désormais plus nombreux.
"Les engagements sont très pénibles. Les gens sont fatigués et se tournent vers d’autres options". Le salaire reste bon, mais d’autres branches ont rattrapé le retard : un candidat qui hier choisissait la formation de pilote en raison du salaire ira aujourd’hui dans une banque.
Les pilotes de Swiss gagnent maintenant davantage qu’avant le "grounding", selon Henning Hoffmann, président du syndicat de pilotes Aeropers. Mais la raison principale selon lui des changements de métier fréquents chez les pilotes, ce sont les difficiles conditions de travail comme le manque de temps libre et les engagements irréguliers.
"C’est un mythe qui date d’hier que les pilotes sont des cosmopolites parcourant le monde", résume Henning Hoffmann. Pour augmenter l’attrait du métier, la balle est dans le camp de l’employeur.
"Piloter reste une chose fantastique. Mais les conditions de travail sont déterminantes".

















Commentaires
Bonjour,
Je suis lycéenne en terminale s et je compte entrer en maths sup (pcsi) en septembre pour tenter le concours de l'Enac pilote mais je suis prête à apprendre l'allemand pour postuler chez Swiss (car rares sont les compagnies en Europe qui embauchent en ce moment). Cependant j'ai lu qu'ils avaient des restrictions de taille (il faut qu'elle soit comprise entre 1.60 et 1.98m), ce qui est un peu absurde puisque les sièges et les palonniers se règlent chez Airbus comme chez Boeing pour les petits comme moi. En tout cas je fais plutôt 1.57m ou 58 en me tenant bien droite et si cela doit être éliminatoire je ne vais pas me presser pour apprendre l'allemand.
Est ce que vous savez quelque chose à ce propos ?
Merci d'avoir pris le temps de me lire.
Écrit par : Lucie Chinchole | 25.04.2012
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