13.10.2010
Ryanair ferme son unique base en France, Marseille

Avant la tenue d'une conférence de presse dans un hôtel de l'aéroport Marseille-Provence à Marignane (Bouches-du-Rhône), la société irlandaise a précisé dans un communiqué qu'elle transfèrerait ses avions ainsi que ses salariés dans d'autres aéroports européens.
"Nous sommes très déçus de la décision des autorités françaises d'engager des poursuites contre la base de Ryanair à Marseille, qui est totalement conforme à la réglementation de l'Union Européenne pour les travailleurs mobiles des transports", a déclaré Michael O'Leary, présent à Marseille pour faire cette annonce.
Le PDG a critiqué les fondements de cette action en justice et a estimé qu'il en coûterait donc "des pertes d'emploi pour Marseille et la France". C'est "le prix fort à payer" pour démontrer que les quelque 200 salariés basés à Marseille, selon la compagnie, sont bien sous contrat irlandais et donc assujettis à la réglementation du travail irlandais, a-t-il ajouté. Ryanair, visée par une information judiciaire ouverte en avril par le parquet d'Aix-en-Provence, a été mise en examen fin septembre pour "travail dissimulé" (lire article).
L'irlandaise avait fait de Marseille sa première base française en novembre 2006, avec quatre avions basés sur le terminal low cost mp2 de l'aéroport de Marseille-Provence. Treize lignes vont fermer suite à cette décision : Agadir, Brest, Eindhoven, Lille, Marrakech, Nador, Nantes, Palerme, Paris, Tanger, Tenerife, Tours et Venise.
Dix lignes seront maintenues (Bruxelles, Dusseldorf, Fez, Londres, Madrid, Malte, Porto, Rome, Séville, Valence) mais opérées par du personnel installé dans d'autres aéroports que celui de Marseille, a précisé le PDG en conférence de presse.
Selon l'aéroport de Marseille, le départ de Ryanair va se traduire par 30 000 passagers en moins en janvier et 50 000 en février et mars. Trois destinations sont évoquées par Ryanair pour le transfert de sa base : l'Espagne, l'Italie ou la Lituanie.
"C'est un jour très sombre mais nous ne pouvons pas attendre une année, voire plus, pour risquer d'éventuelles amendes plus importantes si la procédure judiciaire ne nous était pas favorable", a déclaré M. O'Leary.
"Nous respectons les juges aixois, nous ne remettons absolument pas en cause leur travail mais nous prenons en compte cette décision pour démontrer justement à quel point nos salariés sont mobiles et qu'ils n'ont pas à être assujettis à la législation du travail française".
Ryanair, qui compte 7000 salariés dans le monde, est le deuxième transporteur de l'aéroport marseillais derrière Air France, avec près de 1,5 million de passagers comptabilisés en 2009.

















Commentaires
J'espère que les français réagiront et défendront notamment leurs droits (du travail) en boycottant tous les vols Ryanair jusqu'à ce que le compagnie rétablisse une base au moins de capacité égale en France.
Écrit par : Germain Pire | 14.10.2010
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