J.R., le meilleur de l'aviation commerciale et civile !


> Index général < - Éditorial - Sources - Airbus - Boeing - Annuaire AeroRef - Forum

20/09/2010

Accident A320 de Perpignan : rapport final du BEA

Accident A320 de Perpignan, rapport final du BEA.jpg

Le 27 novembre 2008, un Airbus 320 en vol non commercial s'écrase au large de Perpignan (France), faisant sept morts.
Le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) a rendu son rapport final, et partage les responsabilités. L'accident aurait été causé par une mauvaise préparation de l'équipage, des erreurs en vol de l'équipage, mais aussi une erreur de procédure lors de la maintenance de l'appareil.

L'appareil, immatriculé D-AXLA et exploité par XL Airways Germany, réalise un vol de vérification (fin de location de celui-ci) avant d’être restitué à Air New Zealand, propriétaire.
Le cockpit est occupé par trois personnes : un pilote d’Air New Zealand et deux pilotes d’XL Airways Germany, ces derniers pilotant l'avion. L’équipage s’apprête à effectuer une approche avec remise de gaz,
après une heure de vol sans incident particulier.
Il est décidé d’effectuer la vérification des protections à basse vitesse, avant le survol du point d'approche. L’appareil est trop bas avec une seule sonde d’incidence sur trois en état de marche. Le contrôle de l'avion est perdu et il s’abîme en mer au large de Canet-plage.

Les travaux d’entretien et de peinture réalisés sur l’appareil par la société de maintenance EAS Industries sont en partie imputables à la catastrophe. Un rinçage à l’eau a été effectué (pour éliminer la poussière sur le fuselage), mais les procédures relatives au nettoyage n’ont pas été respectées : les sondes d’incidence n’ont par exemple pas été protégées. De l’eau serait rentrée à l’intérieur du logement des sondes, les bloquant (en gelant) lors du vol.
Or le bon fonctionnement de ces sondes est indispensable pour le déclenchement des "protections" automatiques de l’appareil.
Par ailleurs, l'équipage est également mis en cause.
Il aurait été surchargé de travail à cause d'un manque de préparation, d'un manque de coordination avec le pilote d’Air New Zealand et de certaines improvisations survenues durant le vol. Le BEA estime aussi sèchement que les pilotes n’avaient pas "les compétences techniques, l’expérience et les méthodes" pour opérer ce vol. Air New Zealand avait élaboré le programme de vérifications à partir des programmes de vol de démonstration des pilotes d’essais d’Airbus lors des livraisons. L’équipage a ainsi voulu effectuer la vérification des protections de l'avion à basse vitesse à 4 000 pieds alors qu'Airbus préconise de la réaliser au niveau 140 (FL140 = 14000 pieds).

Le blocage simultané des sondes a entraîné l’affichage de valeurs de vitesses minimales erronnées (sous-estimées). Le système de compensation automatique, fonctionnel en "loi" normale, a amené le stabilisateur horizontal en position totalement cabrée. Lorsque l’alarme de décrochage s’est déclenchée, le pilote a réagi conformément à la procédure.
Mais les conditions de fonctionnement de la "loi" normale ont été perdues et la loi de commandes de vol est passée à directe, annulant le système de compensation automatique, sans que l’équipage ne réagisse au message d’alerte, en raison de la surcharge de travail précédemment évoquée. Le stabilisateur horizontal est resté en position tout à fait cabrée et le commandant de bord n’a pas réagi (que ce soit sur la roue de compensation du trim ou sur la poussée). Le contrôle de l’A320 a été perdu lors de la remise de gaz et l’appareil s’est abîmé en Mer Méditerranée.


Lire aussi :
- Rapport du BEA
(Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) en français, au format pdf 17-09-10
- L'accident de l'A320 à Perpignan en partie causé par des tests à basse vitesse effectués trop bas 01-03-09

> Plus de publicité aéro

Publié dans Industrie & actualité aéronautique | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.