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08/08/2010

La course des compagnies aériennes à la taille des joint-ventures

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C'est la forme ultime de compétition entre compagnies. Après la constitution des trois grandes alliances (Star Alliance, One World et SkyTeam) depuis la fin des années 1990, après l'ère des fusions initiée en 2004 par le rapprochement d'Air France et de KLM, l'heure est à la bataille des joint-venture. Air France a été précurseur en créant dès 2007 une joint-venture avec Delta, son partenaire de l'alliance SkyTeam. Celle-ci s'est élargie en mai 2009 à une joint-venture Air France - KLM - Delta - Northwest, suite à la fusion des deux compagnies américaines.

Ce type d'accord (la "joint-venture") permet aux entreprises d'aller plus loin que le "partage de code" traditionnel : le client achète un billet X Airways et voyage finalement à bord de Y Airways ou inversément. Dans le cas d'une joint-venture, les partenaires partagent également les coûts ainsi que les recettes.
"Le partage de codes est un levier considérable", explique un analyste. "Il permet d'augmenter les revenus des compagnies de 10 à 15 %."
Cette
joint-venture sur l'ensemble des vols de l'Atlantique Nord dispose d'une puissance de feu colossal : 130 avions, 220 vols quotidiens générant 12 milliards USD de chiffre d'affaires par an et 150 millions EUR de synergies.

Elle est en concurrence avec celle des membres de Star Alliance : la joint-venture "Atlantic Plus Plus" où l'on retrouve Lufthansa, United, Continental et Air Canada. L'alliance One World dispose aussi d'une joint-venture entre British Airways et American Airlines.
Ces trois entreprises communes aboutissent à peu près aux mêmes résultats en termes de synergies. En revanche, elles ont des philosophies différentes. La
joint-venture de British Airways est ainsi une alliance "défensive" qui cherche à maintenir son leadership sur l'Atlantique Nord.


La bataille de l'Atlantique

La
joint-venture d'Air France ratisse large en Europe pour faire transiter un maximum de passagers par son hub et les envoyer aux États-Unis. La joint-venture de Lufthansa est une joint-venture à fort maillage géographique : il n'est pas basé dans une capitale forte mais il couvre toutes les grandes villes européennes. Atlantic Plus Plus ne semble pas être le plus plus gros mais semble être le plus puissant : c'est la joint-venture qui travaille de la façon la plus efficace et qui offre le plus de synergies.

Reste maintenant à savoir si ce court avantage sera confirmé lors de la prochaine étape de la bataille de l'Atlantique : lorsque les fusions entre compagnies européennes et américaines seront possibles. Car personne n'est dupe : les joint-ventures sont une forme transitoire de collaboration en attendant une concentration plus poussée du ciel mondial.

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