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02/08/2010

L'aviation d'affaires attend encore l'heure du véritable redécollage

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La publication des résultats semestriels de Dassault Aviation semble indiquer que le pire est passé. Mais le rebond tarde encore à se matérialiser, indique Charles Edelstenne, le PDG de l'avionneur français. GAMA, association qui regroupe une soixantaine d'acteurs de l'aviation d'affaires, souligne un léger mieux.

Une semaine après l'avalanche de commandes annoncées lors du Salon de Farnborough, la publication des résultats semestriels de Dassault Aviation éclaire la réalité du marché de l'aéronautique sous un jour un peu moins positif. Le trafic passagers grand public repart (surtout en Asie et en Amérique latine) et les ventes d'Airbus et de Boeing semblent en profiter à plein. Premiers à entrer dans la crise, les constructeurs de petits avions, d'affaires notamment, sont à l'inverse comme Saint-Thomas : malgré quelques signes d'éclaircie avant-coureurs, ils attendent encore pour tirer un trait sur la crise.
« Nous pensons avoir touché le fond »
, a déclaré Charles Edel-stenne, le PDG de Dassault Aviation. « Mais il faudra encore attendre quelques mois avant que la demande décolle à nouveau. » C'est que, vu de Saint-Cloud, au siège de l'avionneur, l'évolution du carnet de commandes incite encore à la prudence. Fin juin, le compteur des ventes de Falcon s'est arrêté sur… 2. C'est évidemment beaucoup mieux que les - 55 de 2009 à pareille époque, quand la société a subi une vague d'annulations sans précédent. Mais c'est encore bien trop faible pour crier victoire. « Je ne pense pas que l'économie reprenne très vite, car le marché est encore traversé par des tendances contradictoires », a ajouté Charles Edelstenne.

Mesure fiscale favorable
Un des indicateurs clefs de la profession, baromètre de l'activité, reste le marché de l'occasion. S'ils veulent acheter un avion d'affaires neuf, sociétés ou particuliers cherchent d'abord à céder leur appareil actuel. Des signes de frémissement sont palpables, mais les prix à la reprise restent encore bas. Ce qui n'incite pas à troquer son ancien modèle pour un plus neuf. Autre souci, les pays émergents, malgré des croissances insolentes comme en Chine, n'assurent pas encore de débouchés suffisants pour compenser l'atonie de la demande en Europe ou aux Etats-Unis.

Si l'enthousiasme n'est pas encore de mise, la « General Aviation Manufacturer Association » (GAMA), qui regroupe une soixantaine de constructeurs d'avions d'affaires, a noté un léger mieux. Sur le premier trimestre, les ventes d'avions d'affaires dans le monde n'ont reculé « que » de 15%, pour atteindre 390 unités, dont 164 avions d'affaires proprement dits. Fin mars l'an dernier, au plus fort de la crise, le recul était beaucoup plus important. En valeur, les facturations ont même augmenté d'un peu plus de 7%, à 4,64 milliards USD. Mais on reste encore à moins de 12% par rapport aux trois premiers mois de 2008, relativise GAMA. L'association porte aussi ses espoirs dans la reconduction cette année d'une mesure fiscale aux Etats-Unis très favorable aux ventes de « business jets ».

Dans ce contexte de sortie de crise qui tarde à se matérialiser, Dassault n'aura néanmoins pas trop souffert. L'avionneur français a bien supprimé 400 postes sur son site d'aménagement américain de Little Rock (Arkansas), mais c'est sans comparaison avec les restructurations massives engagées par ses concurrents, comme le canadien Bombardier. En France, toutes les mesures de chômage technique sont désormais terminées. Enfin, quasiment tous les avions construits dont les clients ne voulaient plus ont trouvé preneur.

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