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21/05/2010

La sécurité d'Air France sur la sellette

La sécurité d'Air France sur la sellette

Au-delà des pertes colossales auxquelles elle doit faire face, la compagnie aérienne subit une mise en cause de sa politique de sécurité dans un livre-enquête.

La major française Air France a durement souffert en avril de la perturbation du trafic aérien causée par le volcan islandais, qui a entraîné une baisse d'environ 20% du nombre de passagers transportés.
Cette baisse est un mauvais coup pour Air France qui a déjà subi de lourdes pertes et se prépare à en annoncer encore de très importantes.

Flammarion sort le livre, "La Face cachée d'Air France" (de Fabrice Amedeo). Cette enquête décrit le probable fonctionnement opaque de l'entreprise.

 
Mauvaises statistiques

La politique économique de l'entreprise n'est pas seule mise en cause. Avec le Concorde en 2000 et l'A330 en 2009, le journaliste spécialiste des transports revient sur les deux crashs d'Air France ainsi que sur une catastrophe évitée en 2005 à Toronto. Fabrice Amedeo met en cause la politique de sécurité du leader européen du transport aérien.

Selon lui, Air France aurait ainsi dû "équiper ses appareils du système de pilotage de secours Buss (back-up speed scale), qui aurait peut-être pu sauver l'AF447" du vol Rio-Paris. Pour Fabrice Amedeo, il existe un malaise d'Air France autour des questions de sécurité : "Ses statistiques de sécurité aérienne sont mauvaises.
Tous les chiffres convergent vers un même constat : Air France serait, mathématiquement parlant, moins sûre que ses concurrentes."

 
Organisation non appropriée

Fabrice Amedeo relate aussi le vol d'un A380 en novembre 2009 entre New York et Paris, non couvert par l'assurance en raison du nombre insuffisant de pilotes Air France à bord. L'auteur conclut : "En matière de sécurité des vols, il semble même que l'organisation interne, sans doute encore trop calquée sur celle de l'entreprise publique qu'elle a été, ne soit pas appropriée aux contraintes d'un groupe de taille mondiale."

Avec un chapitre intitulé un "management déficient", le journaliste souligne que la "culture de la sanction est absente d'Air France, contrairement à chez ses concurrentes", que les pilotes sont "intouchables". Conséquence : Air France est une entreprise "où la remise en question est structurellement impossible et où des décisions de bon sens ne sont parfois pas prises".

La compagnie mise en cause répond qu'elle "respecte et se conforme à toutes les réglementations nationales et internationales en vigueur." Air France KLM précise qu'elle "travaille continuellement sur des axes d'amélioration de la sécurité des vols qui a toujours été au cœur de ses préoccupations."

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