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02/05/2010

SESAR s'accélère

SESAR s'accélère
L'écran radar des contrôleurs aériens est devenu une technologie obsolète.


Lire aussi l'article précédent : SESAR se concrétise 14-12-08
> Voir le schéma du nouveau profil des vols commerciaux

Demain, le ciel sera plus vert et moins cher. A l'initiative de l'Union Européenne, une véritable révolution technologique se prépare dans le contrôle aérien.
Les avions ne vont plus voler de la même façon, et ils vont consommer moins de carburant.
Les enjeux et les appétits économiques sont énormes.

A quelque chose malheur est bon. La crise provoquée par l'éruption du volcan islandais va accélérer la mise en place du « ciel unique » européen, c'est-à-dire que le concept « Europe » va se faire sur la terre comme dans le ciel...
Cette intégration de l'espace aérien, qui sera au centre d'un important conseil des ministres européens des transports, mardi, va s'accompagner d'une véritable révolution technologique.

Aujourd'hui, les outils d'organisation du trafic aérien sont antédiluviens : radars et radios VHF datant de la Seconde Guerre Mondiale !
Demain, tout sera différent, lorsque se seront concrétisés les projets du programme SESAR (Single European Sky Air Traffic Management Research), lancé conjointement par la Commission Européenne, Eurocontrol et le privé. Adieu les radars et vive les satellites ! Adieu la radio chevrotante et vive les liaisons numériques, d'ordinateur à ordinateur ! Il était temps : il n'y a plus de fréquences disponibles sur la VHF...

Les vols seront plus sûrs. La flexibilité du nouveau système va aussi les rendre plus courts, donc moins chers et surtout moins polluants. Objectif : réduire la pollution de 10 % et réconcilier l'avion avec l'environnement.
A présent, les avions volent en zigzag, sur des « rails » plus que sur des routes. Demain, ils voleront sur la meilleure ligne droite qui soit (compte tenu de la météo). Le profil des vols sera également complètement modifié (> Voir le schéma du nouveau profil des vols commerciaux). Conséquence : la durée d'un vol intra-européen sera en moyenne réduite de 8 à 14 minutes. Et même au sol, rien ne sera plus jamais comme avant : les avions ne s'arrêteront plus entre la porte d'embarquement et le seuil de piste de décollage. Leurs fréquents arrêts, actuellement, sont inutilement chers et polluants.

Le projet est énorme, et ses retombées économiques... colossales.
Les Européens ne sont par conséquent pas les seuls sur le coup. Les Américains ont leur propre programme, NextGen, avec lequel ils tentent déjà de séduire les Chinois et les Indiens notamment.
« Pour l'instant, nous avons une avance sur les Américains », disait cette semaine Patrick  Ky, le directeur général de SESAR. « Mais il y a un vrai risque qu'ils finissent par nous battre. Le premier à atteindre la maturité technologique sera le standard de fait. (...) Mais les deux systèmes devront être interopérables ».
NextGen est totalement financé par le budget fédéral américain. Le développement de SESAR (2,1 milliards EUR) a été pris en charge à parts égales entre la Commission Européenne, Eurocontrol et quinze partenaires industriels. Le déploiement du système, à partir de 2013, coûtera 30 milliards EUR. Où les trouver ?
La balle est dans le camp de la Commission Européenne, qui devrait faire des propositions à cet égard dès l'automne prochain. Le nouveau commissaire européen aux transport, Siim Kallas, a d'ailleurs rendu visite récemment aux responsables de SESAR, à Bruxelles, qui ont pu constater que la Commission « est en effet dans une logique d'accélération ». Les choses sont cependant rarement simples dans l'UE, vu le nombre de gouvernements impliqués (sans oublier le parlement européen, qui entend pleinement user des pouvoirs élargis que lui a conférés le traité de Lisbonne. Ajoutons que SESAR pourrait représenter plus de 200000 emplois... et cela fait un cocktail à la sauce bien européenne...

Et les contrôleurs ?
En tout état de cause, une longue période de transition devra être prévue, qui verra cohabiter les anciennes et les nouvelles technologies. Puis, un jour, ne seront plus autorisés à atterrir à Londres - Heathrow, à Paris - Charles de Gaulle ou à Milan - Linate que des appareils pourvus des nouveaux équipements. La révolution sera alors en marche.

Les contrôleurs aériens au chômage ?
« Pas du tout », répond Patrick Ky. « Il y aura toujours des pilotes et des contrôleurs aériens. Nous estimons que l'on pourra gérer deux fois plus de trafic aérien avec le même nombre de contrôleurs ».


Lire aussi : SESAR se concrétise 14-12-08

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