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21/04/2010

Trafic aérien quasi-normal jeudi, état de la facture de la paralsysie du ciel européen salée

Trafic aérien quasi-normal jeudi, état de la facture de la paralsysie du ciel européen salée

-----------------En France, 100% des vols long-courriers et 75% des moyen-courriers devaient être assurés mercredi.

Après six jours de perturbations de l'espace aérien dues à l'éruption volcanique en Islande, l'organisation européenne de la navigation aérienne, Eurocontrol, a apporté ce mercredi de bonnes nouvelles. Elle assure que le trafic devrait revenir à une situation quasi normale en Europe demain jeudi.

En France, l'espace aérien est totalement rouvert. Mercredi, 100% des vols long-courriers et 75% des vols moyen-courriers devaient être assurés, a annoncé la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC).

A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, 100% des long-courriers et 90% des vols court et moyen-courriers ont été assurés aujourd'hui. A Orly, 100% des vols long-courriers ont également été assurés, selon une source aéroportuaire qui ne s'est pas prononcée sur les vols court et moyen-courriers.
A Nice, premier aéroport de province, le trafic revient progressivement à la normale, avec 8 vols sur 10 assurés au départ et à l'arrivée. La liste des vols circulant est publiée sur les sites internet des principales compagnies aériennes desservant la France.

Concernant les 43000 Français encore bloqués à l'étranger, Jean-Louis Borloo a espéré mardi soir être en mesure de les rapatrier "dans les 48 heures". Le président du syndicat national des agents de voyage explique cependant mercredi que le rapatriement complet des personnes bloquées hors de France sera achevé "d'ici la fin de la semaine et pas ce soir ou demain"...


Le point sur la situation dans le monde

AFGHANISTAN : Quelque 6500 soldats de l'OTAN, Américains pour l'essentiel, n'ont pu être dépêchés par avion en renfort des forces internationales en Afghanistan.

ALLEMAGNE : espace aérien allemand totalement rouvert mercredi à partir de 09h00 GMT. Lufthansa, premier groupe aérien européen, a annoncé la reprise normale de son trafic à partir de jeudi matin. La compagnie devrait assurer environ 1800 décollages et atterrissages jeudi, contre seulement 700 pour ce mercredi. Air Berlin devait être revenu à un service régulier "dans le courant de la journée" de ce mercredi.

AUTRICHE : espace aérien rouvert.

BELGIQUE : reprise partielle du trafic.

BULGARIE : espace aérien rouvert.

CHINE: Air China, deuxième compagnie nationale chinoise, a annoncé la reprise de certains de ses vols vers les capitales européennes.

DANEMARK : l'ensemble de l'espace aérien est ouvert jusqu'à jeudi 06h00 GMT.

ESPAGNE : pas de fermeture depuis le début de la crise, les aéroports espagnols ont servi de plateforme de substitution pour de nombreux voyageurs bloqués souhaitant atterrir en Europe. Iberia a annulé 963 vols entre le jeudi 15 mars et le mardi 20 au soir, en raison des fermetures d'espaces aériens en Europe.

ETATS-UNIS : reprise progressive du trafic vers l'Europe. Les compagnies aériennes opérant entre l'Europe et les Etats-Unis ont vu environ 78% de leurs vols annulés en cinq jours.

FINLANDE : L'aéroport d'Helsinki, le plus important de Finlande, est à nouveau fermé jusqu'à mercredi 18h00 GMT.

GRANDE-BRETAGNE : le trafic aérien a repris lentement mercredi. Londres-Heathrow, premier aéroport du monde en nombre de passagers, a rouvert mardi vers 21H00 GMT. Au nord de l'Ecosse, l'espace aérien au-dessus des archipels des Orcades et des Shetland était à nouveau fermé mercredi de 12h00 et 18h00 GMT.

HONGRIE : réouverture totale de l'espace aérien.

ISLANDE : épargnée par le nuage en raison de la direction du vent.

ITALIE : espace aérien rouvert mardi dans le nord.

JAPON : reprise des vols des compagnies japonaises vers l'Europe.

LUXEMBOURG : reprise du trafic aérien mardi.

NORVEGE : prolongation de l'ouverture de l'espace aérien «probablement» jusqu'à 00h00 GMT jeudi.

PAYS BALTES (LETTONIE, ESTONIE, LITUANIE) : espaces aériens ouverts

PAYS-BAS : 600 à 700 vols devaient être assurés mercredi au départ et à destination de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, soit 60 à 70% des vols quotidiens en temps normal.

PAYS DU GOLFE : Les principales compagnies aériennes du Golfe ont repris mercredi normalement leurs vols en direction de l'Europe. Des vols supplémentaires sont organisés pour rattraper les retards des cinq derniers jours.

POLOGNE : ouverture de l'espace aérien mercredi depuis 5H00 GMT.

REPUBLIQUE TCHEQUE : espace aérien rouvert jusqu'à mercredi 10H00 GMT.

ROUMANIE : espace aérien rouvert.

RUSSIE : espace aérien ouvert.

SERBIE/MONTENEGRO / CROATIE : espaces aériens rouverts.

SLOVENIE : espace aérien rouvert.

SUEDE : la quasi-totalité de l'espace aérien rouvert progressivement mercredi. La compagnie scandinave SAS prévoit un retour au trafic normal vendredi.

SUISSE : espace aérien rouvert.

TURQUIE : espace aérien rouvert.

UKRAINE : la plupart des aéroports sont ouverts.



Trafic aérien quasi-normal jeudi, état de la facture de la paralsysie du ciel européen salée (2)

Une facture à 1,7 milliard pour les compagnies aériennes

L'association internationale du transport aérien (IATA) révise très nettement à la hausse le coût du nuage de cendres pour les compagnies aériennes. Plusieurs compagnies risquent de faire faillite.

Après avoir tablé sur des pertes sèches de 200 millions, puis 250 millions USD par jour pour les compagnies aériennes, l'association des transporteurs aériens a révisé à la hausse ses prévisions : le nuage leur a coûté 400 millions USD (300 millions EUR) par jour, samedi et dimanche, au plus fort de la crise, a déclaré Giovanni Bisignani, le président de l'IATA (International Air Transport Association), lors d'une conférence de presse à Berlin.

Autre chiffre révélateur : le coup d'arrêt du trafic aérien en Europe du Nord ces six derniers jours a engendré un manque à gagner de 1,7 milliard USD (1,2 milliard EUR) aux compagnies aériennes affectées. Un chiffre qui devrait s'alourdir, puisqu'il ne prend pas en compte les frais engagés par les compagnies pour l'hébergement, la nourriture et parfois le transport par d'autres moyens de voyageurs bloqués.

 

L'IATA somme les gouvernements d'aider les compagnies
Giovanni Bisignani a appelé les gouvernements européens à "prendre leurs responsabilités" et à venir en aide aux compagnies aériennes, victimes d'une "force majeure, auquelle nous ne pouvons rien".

Avant que l'IATA ne relève la révision en hausse de ses chiffres, Air France avait indiqué qu'elle estimait sa perte sèche à 35 millions EUR par jour de paralysie totale des aéroports nord-européens. De son côté, British Airways a tablé sur 15 à 20 millions de livres (GBP) par jour (17 à 26 millions EUR). La scandinave SAS a elle perdu 5 à 9 millions EUR par jour.

D'après l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI), l'impact économique de cet événement dépasserait celui des attentats du 11 septembre 2001. Une catastrophe pour le secteur aérien qui traverse depuis 2008 une des crises les plus graves de son histoire : le secteur a vu son chiffre global reculer de 79 milliards USD, pour un déficit cumulé de plus de 11 milliards.

> Voir le graphique de l'évolution des titres bourisiers de certaines compagnies aériennes

 

Des compagnies au bord de la faillite
Lors d'une interview télévisée, Giovanni Bisignani a estimé ce mercredi que plus de "cinq compagnies aériennes de taille moyenne ou de petite taille risquaient de faire faillite à cause de leur manque de liquidités".

Pour l'association européenne des compagnies aériennes, ce sont 100 à 150 compagnies pour lesquelles "il n'est pas sûr qu'elles survivront à une ou deux semaines de suspensions".

 

Discussions en Europe
Le commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia, s'est dit prêt lundi à revoir ses lignes directrices en matière d'aides d'État pour les transporteurs aériens, à condition qu'elles ne soient pas discriminatoires (comme il l'avait fait après les attentats du 11 septembre 2001).
"Nous verrons dans les jours qui viennent ce que Bruxelles va décider. Rien n'interdit à l'État d'aider les compagnies dès lors que l'Union Européenne l'autoriserait mais pour l'instant on n'en est pas là", a poursuivi Hervé Novelli, le secrétaire d'État au tourisme.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a demandé la création d'un fonds spécifique pour les compagnies, "de manière urgente" et la mise en place de dispositifs pour les agences de voyage et les tours opérateurs

 

650 millions de dollars pour l'économie américaine
"Même si la sécurité doit toujours être le premier critère, les économies, en particulier celles qui se remettent de la récession, ne peuvent pas se permettre une réaction démesurée qui étouffe totalement le transit et qui bloque une artère aussi vitale pour l'économie mondiale", a lancé Roger Dow, le président de l'association américaine de l'industrie du voyage.

Les perturbations aériennes de ces sept derniers jours ont coûté 650 millions USD (480 millions EUR) à l'économie américaine.
"Les pertes pour l'économie illustrent clairement à quel point le monde est dépendant des voyages pour le tourisme et les affaires de toutes sortes", confie l'association.

 

La croissance à long terme est préservée
Des conséquences économiques à long terme ?
Pour le moment, les analystes semblent pencher pour le non.
"Une éruption volcanique temporaire ne devrait avoir virtuellement aucune conséquence sur l'activité à long terme", explique Jacques Cailloux, économiste à la Royal Bank of Scotland (RBS), comparant la paralysie des derniers jours à une grève de deux millions de travailleurs européens.

Au total, l'éruption du volcan d'Eyjafjallajökull pourrait avoir un impact maximal équivalent à 0,1 point de PIB, estime Jacques Cailloux.

Pour Marc Touati, l'effet pourrait même être positif en France ! A conditions que la situation se débloque rapidement. Sur les ondes de BFM radio mardi, l'économiste de chez Global Equities, note que le coup d'arrêt aérien a permis aux locations de voitures, aux cars et aux réservations SNCF de grimper. Dans les hôtels, "pour un mois d'avril normalement calme, les responsables sont ravis d'avoir rempli leurs chambres".

Mais si les difficultés se prolongaient, "les conséquences seraient dramatiques", relativise l'analyste. Déjà, le commerce mondial peine à tourner : les dommages collatéraux se font de plus en plus ressentir, dans une économie mondialisée qui ne peut plus se passer de l'avion.


Lire aussi les article connexes précédents :
- Déblocage du ciel européen toujours limité 20-04-10
- Les vols européens reprennent de manière très chaotique 20-04-10
- La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (3)
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Voir vidéo "Le ciel en panne ; les moyens à mettre en oeuvre" (Europeans, EuroNews) : cliquez ici.

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