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19/04/2010

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (3)

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (3)

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- La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (2)
- La pire paralysie de l'histoire du transport aérien


L'Italie ferme de nouveau son espace aérien jusqu'à mardi
L'Italie a décidé de fermer de nouveau son espace aérien au-dessus de 22000 pieds dans le nord du pays au moins jusqu'à mardi 08h00 (06h00 GMT), a annoncé l'aviation civile italienne.
Cet espace aérien avait été rouvert pendant deux heures aujourd'hui lundi en début de matinée.
L'agence de presse Ansa avait auparavant rapporté que la nouvelle fermeture avait été décidée jusqu'à ce lundi 20h00 (18h00 GMT) mais l'Enac, l'autorité de l'aviation civile italienne, a précisé par la suite que la mesure courait jusqu'à mardi matin.
Pour leur part, les autorités britanniques ont prolongé la fermeture de leur espace aérien au moins jusqu'à minuit GMT.



Certaines compagnies ne survivront pas à la suspension du trafic
Certaines compagnies aériennes européennes ne pourront pas survivre à une suspension de leur activité pendant cinq à dix jours, a annoncé ce lundi l'Association Européenne des Compagnies Aériennes (AEA).
"Entre 100 et 150 compagnies européennes, de plus ou moins grande taille sont concernées, et il est sûr que certaines d'entre elles ne survivront pas à une ou deux semaines de suspension", a déclaré David Henderson, responsable de l'information de l'AEA, qui représente 36 compagnies européennes.
"Après 18 mois vraiment très très durs, de nombreuses compagnies sont à bout. Une suspension de leur activité de cinq à dix jours ne sera pas supportable pour elles".

David Henderson a souligné que ses propos ne concernaient pas pour le moment les membres de l'AEA, dont font partie British Airways, Air France et KLM, tout en ajoutant qu' "il y a un moment où certains d'entre eux seront également concernés".



L'Allemagne n'exclut plus d'aider les compagnies aériennes
L'Allemagne pourrait proposer des d'aides d'Etat aux compagnies aériennes pour compenser les pertes causées par le nuage de cendres volcaniques, si l'interruption du traffic durait très longtemps, a déclaré le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle.

Son collègue ministre des Transports, Peter Ramsauer, avait déclaré plus tôt dans la journée sur la radio Deutschlandfunk : "je déclinerai tout appel à l'Etat", ajoutant que les compagnies savaient qu'elles étaient soumises aux aléas climatiques. Peter Ramsauer avait indiqué que les conséquences économiques générales du nuage de cendres restaient à déterminer, expliquant qu'à côté des secteurs qui ont été touchés par cet événement, "il y en a d'autres qui en ont profité significativement".

Sur ce point, Rainer Brüderle a également contredit Peter Ramsauer, en estimant que le nuage de cendres venu d'Islande provoque des "perturbations considérables" sur l'économie allemande.
"Dans cette économie globalisée, si le processus économique est perturbé pendant une longue période, nous nous retrouverons dans une situation difficile parce que beaucoup de nos secteurs industriels dépendent du transport par avion", a renchéri le ministre de l'Economie allemand.
Rainer Brüderle a en outre annoncé qu'il avait fixé une réunion avec des représentants de l'industrie ce lundi après-midi, se disant "certain" de leur capacité à surmonter ce défi.

Une des possibilités serait d'offrir des crédits à taux réduits aux compagnies aériennes, par l'intérmédiaire de la banque publique KfW, a précisé Rainer Brüderle.
Le ministre des Transport a de son côté répété que la sécurité des passagers demeurait la priorité absolue et a rejeté les critiques des compagnies aériennes, et notamment de l'allemande Lufthansa , qui accusent le gouvernement de ne pas assez tenir compte des vols d'essai pour évaluer le risque de laisser les avions redécoller.

 

Chute du cours des compagnies aériennes européennes
Détenu à 43% par l'allemand TUI AG , TUI Travel , le premier voyagiste européen, a en outre déclaré qu'il avait jusqu'à présent perdu 20 millions de livres (22 millions d'euros) à cause du volcan islandais, et que chaque journée supplémentaire d'interruption des liaisons lui coûterait entre 5 et 6 millions de livres (5,6 à 6,8 millions d'euros).
TUI a indiqué avoir comptabilisé environ 100 000 de ses voyageurs empêchés de rentrer chez eux après la suspension du trafic aérien dans de nombreux aéroports.

En Grande-Bretagne, 90% des clients qui ont vu leurs vols annulés auraient choisi de réserver d'autres billets pour des dates ultérieures, selon TUI.

Vers 13h00 (11h00 GMT), TUI Travel perdait 2,98% à 283 livres, tandis que le voyagiste britannique Thomas Cook était en chute de 4,17% à 250,2 livres.

L'indice synthétique sectoriel européen EuroStoxx du tourisme et des loisirs SXTP était en baisse de 1,85%, plombé par les compagnies européennes comme Air France KLM qui chute de 4,58%, British Airways de 3,23%, Lufthansa de 3,93%, Ryanair de 4,88% ou encore Iberia qui perdait également 3,74%.


Des aides exceptionnelles aux compagnies aériennes ?
L'Union Européenne est prête à autoriser les Etats de l'Union à aider financièrement les compagnies aériennes affectées par le passage du nuage de cendres volcaniques, a indiqué la Commission Européenne.
 
Le gendarme européen de la concurrence "est prêt à envisager un dispositif comme celui que nous avons adopté après les attentats de septembre 2001" aux Etats-Unis, qui permet aux compagnies de recevoir des aides dans "des circonstances exceptionnelles", a déclaré le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia.
"Les Etats membres devront démontrer la nécessité de l'aide" et s'assurer qu'elle ne constituent pas un soutien excessif par rapport aux entreprises concurrentes, a-t-il ajouté lors d'une conférence à Bruxelles.
 
Sa porte-parole a précisé que l'octroi de ces aides publiques exceptionnelles était prévu par un article du traité européen (107) "qui permet aux Etats de compenser les préjudices liés aux catastrophes naturelles ou qui sont dus à des événements exceptionnels".
"Dans ce cas, les Etats sont fondés à apporter une compensation aux entreprises", a ajouté Amelia Torres, précisant que la Commission était disposée "à clarifier" ce texte pour permettre aux gouvernements de s'en servir face aux pertes provoquées par le passage du nuage de cendres volcaniques.


L'IATA critique le manque d'initiative des gouverne
nts

L’IATA veut remuer les gouvernements. Lors d’une intervention à Paris le lundi 19 avril, Giovanni Bisignani, son Président, a mis en cause l’immobilisme des gouvernements européens dans la gestion des restrictions aériennes imposées à la suite de la dispersion du nuage de cendres volcaniques au-dessus du territoire européen. Il leur reproche quatre points.

No risk assessment. Giovanni Bisignani a mis en cause la fermeture totale des espaces aériens nationaux, arguant que la décision avait été prise sans réelle évaluation des risques. Assurant que la sécurité des vols était la préoccupation principale de l’association, il a regretté que le principe de précaution appliqué depuis la semaine dernière ne se soit à aucun moment basé sur des faits mais uniquement sur des estimations théoriques de dispersion des cendres.

No consultation. La décision de fermer l’espace aérien a à chaque fois été prise par les autorités de l’aviation civile. Jamais les compagnies aériennes n’ont été consultées. Or, selon elles, cela leur a fait manquer plusieurs occasions d’opérer en toute sécurité.

No coordination. Giovanni Bisignani a également déclaré qu’il était inadmissible que les ministres européens des transports aient eu besoin de cinq jours avant d’organiser une vidéoconférence sur le sujet. L’IATA estime que chaque jour sans voler implique une perte de revenu de 200 millions USD pour les compagnies aériennes, sans compter les frais supplémentaires occasionnés par le déroutage des opérations et l’assistance aux passagers.

Air France va ainsi faire partir sept vols long-courriers de province (de Toulouse et Pau) et en faire atterrir neuf autres (à Toulouse, Bordeaux, Pau, Nice et Marseille), tout en assurant l’acheminement des passagers par car jusqu’aux aéroports depuis Paris. La compagnie aérienne a également réservé des chambres d’hôtel et distribue des bons de restauration aux voyageurs en correspondance bloqués. Pour l’économie européenne, l’impact est évalué à plusieurs milliards USD.

No leadership. Giovanni Bisignani demande aux gouvernements de conduire leurs propres essais (les compagnies ont déjà commencé) et de se baser sur des faits réels pour autoriser une réouverture, même partielle, du ciel, avec des procédures opérationnelles adaptées à la situation. Elles pourraient consister en des procédures spéciales de montée et d’approche, une restriction aux vols de jours, l’ouverture de couloirs aériens spécifiques et des inspections boroscopiques plus fréquentes des moteurs.

Le président de l’IATA espère que ces décisions seront prises par Eurocontrol dès aujourd’hui. A plus long terme, il souhaite que l’ICAO, les avionneurs et les motoristes certifient le niveau de concentration maximale en cendres volcaniques dans lequel les appareils peuvent voler en toute sécurité.

 


Environ 100 000 français bloqués à l'étranger
Le ministère des Affaires étrangères a dénombré ce lundi à la mi-journée environ 100 000 Français bloqués à l'étranger en raison de la suspension du trafic aérien dû au nuage de cendres volcaniques islandaises.
"Nous sommes actuellement en train de procéder au recensement de nos compatriotes bloqués à l'étranger. Selon les premières estimations, cette situation pourrait concerner environ 100 000 personnes", a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.

La moitié de ces voyageurs seraient pris en charge par des tours opérateurs et l'autre moitié sont des voyageurs individuels, a-t-il précisé.

Le gouvernement a décidé de prolonger la fermeture des aéroports situés au nord d'une ligne Bordeaux-Nice au moins jusqu'à mardi 08h00 (06h00 GMT) à l'exception de celui de Nantes, qui a rouvert aujourd'hui lundi.

Air France KLM dit perdre 35 millions d'euros par jour
Chaque journée d'interruption de trafic se traduit par une perte nette de 35 millions d'euros pour Air France KLM, a déclaré ce lundi lors d'une conférence de presse le directeur général de la compagnie, Pierre-Henri Gourgeon.


La Commission Européenne prête à revoir les aides d'Etat du secteur aérien
La Commission Européenne se tient prête à revoir ses lignes directrices en matière d'aides d'Etat à destination des compagnies aériennes affectées par le nuage de cendres volcaniques, a déclaré ce lundi le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia.

L'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) a estimé que l'éruption du volcan islandais qui paralyse le trafic aérien européen depuis jeudi aura des conséquences plus graves que le 11 septembre 2001, en évaluant les pertes quotidiennes pour les compagnies aériennes à 250 millions USD (186 millions EUR).

"Si les Etats membres décident de soutenir le secteur par des aides publiques et selon les conditions définies pour que les aides publiques ne soient pas discriminatoires, nous sommes prêts à les envisager dans un cadre semblable à celui mis en place après le 11 septembre", a-t-il dit.

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, Bruxelles avait autorisé des aides publiques compensant les pertes des compagnies aériennes résultant directement des attentats et avait également permis de faciliter la coordination de leur capacité.

Interrogée sur cette possibilité lors du point de presse quotidien de la Commission Européenne, la porte-parole de Joaquin Almunia a indiqué que cette actualisation des lignes directrices pourrait être réalisée "en quelques jours".
"Il existe des règles dans le traité, notamment l'article 107 alinéa 2, qui permet aux Etats membres de compenser des préjudices liés à des catastrophes naturelles ou à des événements exceptionnels. Ils sont par conséquent fondés à apporter une compensation à des entreprises", a-t-elle déclaré.

L'aide, pour être autorisée, devra obéir à un principe de non discrimination entre toutes les compagnies européennes, être calculée de manière objective et être limitée aux coûts d'interruption du trafic, a précisé la porte-parole.
"Il ne peut pas s'agir d'une aide déguisée à la restructuration", a-t-elle dit avant d'expliquer qu'il faudrait au préalable que les compagnies quantifient leurs pertes et que les Etats membres se déclarent prêts à leur venir en aide.

Joaquin Almunia, qui juge "exceptionnelles" les circonstances actuelles, devait se réunir ce lundi avec son homologue responsable des Transports, Siim Kallas, ainsi qu'avec Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, afin de discuter des conséquences de cette interruption de trafic pour l'ensemble de l'économie européenne.


Crise plus grave que le 11 septembre 2001
L'éruption du volcan islandais qui paralyse le trafic aérien européen depuis jeudi aura des conséquences économiques plus graves sur le secteur que les attentats du 11 septembre 2001, a estimé l'IATA, pour qui la réaction des gouvernements européens s'est révélée jusqu'à présent inadéquate.

Giovanni Bisignani, directeur général de l'IATA, a relevé ses estimations de perte de chiffre d'affaires des compagnies aériennes à 250 millions USD (186 millions EUR) par jour contre une précédente estimation de 200 millions annoncée vendredi.

Cette nouvelle prévision porte à plus d'un milliard de dollars le manque à gagner des transporteurs aériens depuis le début de l'éruption du volcan Eyjafjöll.
Giovanni Bisignani a estimé qu'il faudrait trois à six jours pour rétablir une situation de transport normal une fois la réouverture de l'espace aérien acquise.
"Nous voulons exprimer notre insatisfaction car il n'y a pas eu de coordination et de leadership au niveau européen. Il aura fallu cinq jours aux ministres des tranports pour organiser une téléconférence qui a enfin lieu aujourd'hui", a-t-il dit au cours d'une rencontre organisée par l'association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace.
"Le volcan a paralysé le transport aérien, dans un premier temps en Europe mais maintenant les conséquences sont mondiales. L'impact économique (sur le secteur) est désormais plus important que le 11 septembre, quand l'espace aérien américain a été fermé pendant trois jours", a-t-il souligné.

Sur les marchés d'actions, les titres des compagnies aériennes européennes ont été sanctionnées.

"Nous devons nous écarter de cette fermeture de précaution et trouver des moyens de rouvrir l'espace aérien de manière flexible, étape par étape. Nous devons prendre des décisions sur la base de la situation réelle et non pas de modèles théoriques. Elles (les autorités) ont raté des occasions d'opérer des vols en toute sécurité, ce n'est pas acceptable", a-t-il ajouté.

Selon Eurocontrol, l'organisation intergouvernementale européenne en charge de la navigation aérienne civile, seuls 30% des vols auraient été assurés ce lundi en Europe, soit quelque 8000 à 9000 vols contre 28000 en période normale.

Depuis dimanche, Lufthansa et Air France KLM notamment font voler des appareils sans passager afin d'établir des routes où l'impact des particules fines dégagées par le volcan sur les réacteurs est jugé suffisamment faible pour reprendre des vols commerciaux si les autorités le permettent.

La commission européenne, qui estime également que l'impact de cette éruption volcanique sur le secteur devrait être supérieure à celui du 11 septembre, s'est déclaré prête à revoir les conditions d'octroi des aides d'Etat aux compagnies aériennes prévues en cas de catastrophe naturelle.


Le commerce dans l'Union Européenne sérieusement perturbé
Le nuage de cendres volcaniques au-dessus de l'Europe perturbe fortement le commerce européen et, s'il devait durer trop longtemps, il aurait des répercutions très sérieuses sur l'ensemble de l'économie de l'UE, a déclaré le commissaire européen au commerce.

Karel De Gucht estime par ailleurs qu'une aide aux compagnies aériennes affectées par l'interruption du trafic aérien n'irait pas à l'encontre des règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

"Il est évident que cela perturbe fortement le commerce. Cela perturbe les négociations, oblige à annuler les réunions et pèse sur les affaires", a-t-il déclaré.
"Si cela devait durer trop longtemps, cela occasionnerait des perturbations très sérieuses pour le commerce et l'économie européens (...) Il est grand temps que cela cesse", a-t-il ajouté, précisant que les routes commerciales ne seraient pas rouvertes en un jour.
Interrogé sur le montant des pertes occasionnées jusqu'à maintenant en termes commerciaux, il s'est refusé à avancer un chiffre et a indiqué que cette évaluation devait être réalisée par les compagnies aériennes et les autres grands acteurs commerciaux européens.

Pour le moment, a-t-il dit, la préoccupation porte surtout sur les biens à forte valeur ajoutée, généralement transportés par avion, alors que le gros du commerce européen, qui se déroule par transport maritime et routier, n'a pas été trop affecté par les restrictions aériennes.

Pas d'incompatibilité avec l'OMC
Les commissaires européens à la Concurrence, Joaquin Almunia, aux transports, Siim Kallas, et aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, devaient se rencontrer lundi afin de discuter des conséquences de cette interruption de trafic pour l'ensemble de l'économie européenne.

Ce lundi matin, Joaquin Almunia a indiqué que les Etats membres de l'UE pourraient venir en aide à leurs compagnies aériennes nationales dans les mêmes conditions qu'à l'issue des attentats du 11 septembre 2001.
Il s'est également dit prêt à actualiser les règles en vigueur au sein du bloc communautaire.

Interrogé sur la compatibilité de ces aides avec les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Karel De Gucht a indiqué qu'il ne voyait pas d'incompatibilité de principe.
"Dans la mesure où il s'agit d'une catastrophe naturelle, je ne peux pas imaginer que si des mesures sont prises elles soient nécessairement incompatibles avec l'OMC", a-t-il dit.
"Je ne vois pas de problème insurmontable du côté de l'OMC", a-t-il ajouté, avant de préciser qu'il était d'abord nécessaire de chiffrer les pertes, puis que chaque compagnie demande de l'aide à ses autorités nationales.

 

Vers une reprise progressive du trafic aérien en France
Le trafic aérien reprendra progressivement dans toute la France à partir de mardi 08h00 (06h00 GMT), le territoire français n'étant plus considéré par l'Union Européenne comme une zone interdite à la circulation, a annoncé le Premier ministre français, François Fillon.

Des corridors aériens vont être en outre créés entre Paris et les aéroports du sud de la France tandis que les aéroports au nord de la ligne Nantes - Nice vont être progressivement rouverts, ajoute-t-il dans un communiqué.

Au sud de cette ligne, Nantes compris, les aéroports demeurent ouverts et celui de Lyon rouvrira ce lundi soir.

Cette décision a été prise lors d'une visio-conférence de responsables de l'Union Européenne sur la base des résultats des vols tests conduits par Air France en France, en Allemagne et aux Pays-Bas.
"La reprise sera progressive et très programmée, ce ne sera pas un retour à la normale dans les heures qui viennent", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre de l'écologie et des transports, Jean-Louis Borloo.

Les experts européens ont décidé que la zone de plus forte concentration de particules, définie par Eurocontrol, resterait entièrement interdite à la circulation aérienne.
Des zones de précaution seront définies au niveau de chaque Etat membre de l'UE dans lesquelles le trafic sera autorisé sous conditions, notamment après des vols test pratiqués par des avions circulant à vide et dont les moteurs seront vérifiés.
L'entièreté du territoire français est dans ce dernier cas.

Les vols dans la zone de précaution seront supervisés par la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) et la priorité sera donnée aux rapatriements par rapport aux vols commerciaux traditionnels, a dit Jean-Louis Borloo.
"Tout dépendra de ce qu'on trouvera au fur et à mesure sur les réacteurs", a-t-il ajouté en évoquant un trafic représentant 15 à 20% de la normale mardi matin en Ile-de-France.

Le premier objectif est de "réacheminer le plus grand nombre possible de passagers en provenance de l'étranger", dit Matignon. Environ 100 000 Français sont bloqués à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères.

Jean-Louis Borloo s'est montré prudent à l'heure de présenter ce premier signe de retour à la normale.
"La zone de prudence ne veut pas dire zone sans problème", a-t-il dit. "Une aggravation de la situation pourrait remettre en cause ce dispositif."

Une réunion sur une aide éventuelle à apporter au secteur aéronautique sera organisée mardi peochain au ministère de l'économie. La Commission Européenne n'a pas exclu de telles aides pour autant qu'elles ne faussent pas la concurrence.


"Nous ne pouvons attendre que le nuage se dissipe"
Le commissaire européen aux transports, Siim Kallas, a appelé à une gestion plus coordonnée de l'espace aérien, afin de dégager un maximum de couloirs sans compromettre la sécurité. "Il est maintenant clair que nous ne pouvons pas attendre simplement que le nuage se dissipe", a-t-il dit.

Les derniers jours ont vu des réactions en ordre dispersé des différents organismes nationaux de gestion du trafic aérien. "Ce n'est pas tenable", selon M. Kallas. Une réunion impliquant notamment la Commission Européenne, Eurocontrol, les autorités nationales et l'industrie est en cours actuellement et doit déboucher sur des propositions techniques, qui seront présentées aux ministres des transports des 27. Ceux-ci doivent en effet se concerter.
 
La Commission Européenne a par ailleurs commencé à évaluer les
conséquences économiques des perturbations aériennes, a indiqué M. Kallas.


Accord pour limiter les restrictions de vol

Les ministres européens des transports se sont mis d'accord pour limiter à partir de demain mardi les restrictions de vol imposées aux compagnies aériennes suite à l'éruption du volcan islandais, a indiqué une source diplomatique.
"Il y a un accord des ministres pour introduire plus de flexibilité" dans les restrictions, a souligné cette source.
 
Une annonce officielle est attendue en début de soirée lors d'une conférence de presse. Les ministres se sont réunis dans l'après-midi par vidéo-conférence pour faire le point.
 
Selon un communiqué de l'autorité de l'aviation civile irlandaise, l'accord européen va "assouplir les restrictions et faciliter la reprise limitée du trafic" à partir de mardi matin.
 
Il est notamment prévu de réduire les zones actuelles d'interdiction de vol, en autorisant les compagnies à opérer dans les zones faiblement contaminées par les cendres crachées par le volcan islandais Eyjafjöll.

 


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