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18/04/2010

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (2)

L'impact du nuage de cendres dépasse celui des attentats du 11 septembre à New York. Le volcan islandais se soucie peu des millions de passagers bloqués et ne montre aucun signe d'accalmie.

La paralysie de l'espace aérien européen se prolonge, et s'aggrave même. Ce dimanche 18 avril, l'immense nuage de cendres craché par un volcan islandais s'étend un peu plus. La Bulgarie a annoncé à son tour la fermeture de ses aéroports, après beaucoup d'autres pays européens. Le nuage a même franchi les Pyrénées. Onze aéroports ont été fermés dimanche matin dans le nord de l'Espagne, dont celui de Barcelone, jusqu'à au moins 14h GMT (16h heure de Paris). Madrid n'est pas (encore) concerné par cet ordre de fermeture.

Des millions de voyageurs restent bloqués.
"Nous estimons que l'impact dépasse celui (des attentats) de 2001 en termes de vols annulés et d'inconvénients causés aux aéroports", indique le porte-parole de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI), Denis Chagnon. La paralysie provoquée par les attentats du 11 septembre 2001 était jusqu'ici le pire blocage de l'histoire du transport aérien.

Le volcan crache toujours
Nombre de pays européens ont prolongé jusqu'à dimanche, voire lundi matin, la fermeture de leur espace aérien, certaines compagnies aériennes européennes annulant tous leurs vols, tandis que les américaines ont annulé la majorité de leurs liaisons avec l'Europe samedi pour la troisième journée consécutive.

Près de 17000 vols sur 22000 prévus ont été annulés samedi en Europe, a indiqué Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne. "C'est exceptionnel et sans précédent", a déclaré son chef du réseau d'opération, Joe Sultana.

Et selon l'Institut Météorologique d'Islande, les vents devraient continuer à souffler le nuage vers l'Europe pendant les quatre à cinq prochains jours au moins. L'éruption du volcan Eyjafjöll, sous un glacier qui en démultiplie les effets, ne montre en effet aucun signe d'accalmie. Des experts ont averti qu'elle pourrait durer plusieurs semaines.

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien

Jusqu'à lundi matin ?
Tout au long de la journée, les pays européens ont prolongé la fermeture de leur espace aérien.

Le Royaume-Uni et l'Irlande, premiers pays touchés jeudi dernier par le nuage, ont dû refermer samedi leurs espaces aériens après quelques heures de répit, jusqu'à dimanche 18h GMT (20h heure de Paris) pour Londres et 12h GMT (14h heure de Paris) pour Dublin. Même heure pour l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche (sous 7500 mètres d'altitude) et la Finlande.

Les aéroports parisiens, ceux du nord de la France, et l'espace aérien du nord de l'Italie, du Danemark et des Pays-Bas seront fermés jusqu'à lundi 6h GMT (8h heure de Paris).

En Pologne, l'espace aérien est fermé jusqu'à nouvel ordre.

De nombreux dirigeants étrangers, dont Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, ont renoncé à assister dimanche à Cracovie aux obsèques du président polonais Lech Kaczynski, en raison des perturbations du trafic aérien.

Samedi, plusieurs participants à la réunion des ministres des Finances de l'UE à Madrid ont quitté la ville précipitamment pour éviter d'être piégés. Sept aéroports du nord de l'Espagne ont été brièvement fermés.

La Suède et la Norvège, qui avaient partiellement rouvert leur ciel vendredi, ont de nouveau interdit tout vol. Le trafic est également suspendu dans les pays baltes.

Espaces aériens fermés jusqu'à nouvel ordre en Serbie, Monténégro et sur une partie de la Bosnie-Herzégovine. Limitations en Slovénie, Ukraine et Belarus.

Lufthansa a annulé tous ses vols dans le monde jusqu'à dimanche 12h GMT (14h heure de Paris). British Airways a annulé ses vols avec les aéroports londoniens Heathrow et Gatwick samedi et dimanche. Ryanair a suspendu, jusqu'à lundi 12h GMT, ses vols dans le nord de l'Europe et les Etats baltes. EasyJet a annulé tous ses vols en Grande-Bretagne et Europe du nord dimanche. Brussels Airlines a annulé tous ses vols jusqu'à lundi.

Pris dans cette pagaille, des millions de voyageurs bloqués dans le monde tentent de rallier leur destination par des moyens terrestres ou maritimes.
Eurostar, qui a rajouté des trains depuis jeudi, a opéré vendredi 58 liaisons entre Londres et le continent. Toutes affichaient complet. Les ferries sont également pris d'assaut : la compagnie P&O a reçu 40000 appels vendredi, et embarqué 6000 passagers piétons contre 100 à 200 un vendredi normal d'avril.

Les taxis sont sollicités également. La compagnie Addison Lee a reçu des requêtes pour relier le Royaume-Uni à Paris, Milan, Amsterdam ou Zurich. Un homme d'affaires a payé 700 livres (800 euros) pour une course Belfast-Londres.

Les nuages de cendres peuvent limiter la visibilité et risquent d'endommager les réacteurs des avions, même à très haute altitude.

La paralysie du trafic aérien coûte plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d'euros) au secteur par jour, estime l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA).


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