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18/04/2010

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (2)

La pire paralysie de l'histoire du transport aérien (2)

84% des vols européens ont été cloués au sol ce dimanche
Le nuage de cendres volcaniques actuellement dans le ciel européenaurait  cloué au sol quelque 84% des vols de ce dimanche sur le Vieux continent, a indiqué l'organe européen de sécurité aérienne, Eurocontrol. Ce nombre de vols annulés est le plus important depuis le début des perturbations, jeudi dernier.
 
Selon Eurocontrol, seuls 4000 des 25000 vols prévus ce dimanche auraient été assurés en raison du nuage de cendres volcaniques en provenance d'Islande.
 
Samedi, le nombre de vols annulés s'était chiffré à 78,4%, contre 59,2% vendredi, et 27,1% jeudi, selon l'organe européen.
 
Les vols sont interdits dans 24 pays européens, mais se poursuivent dans les pays méridionaux, comme certaines parties de l'Espagne, le Portugal, les Balkans, l'Italie, la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.


Plusieurs aéroports européens rouverts
Plusieurs aéroports français, fermés en raison du nuage de cendres dû à l'éruption du volcan en Islande, ont été rouverts ce dimanche au moins jusqu'à lundi après-midi, a annoncé la direction générale de l'aviation civile (DGAC).
"Les aéroports de Bordeaux, Nice et Marseille sont réouverts au trafic commercial à partir de maintenant jusqu'à lundi 19 avril 15H00, au moins", a dit une porte-parole de la DGAC.
Cette décision de reprise du trafic concerne également les aéroports du sud-ouest de la France, soit Toulouse, Montpellier, Pau, Tarbes, Biarritz et Perpignan, lesquels devaient initialement fermer dimanche jusqu'à lundi matin, a précisé la porte-parole.
 
La plupart des aéroports français, dont ceux de Paris, ont été fermés jusqu'à lundi matin 08H00.
 
Espagne
Les aéroports du nord et de l'est de l'Espagne ont tous été rouverts à 15H30. Parmi les aéroports rouverts figure celui de Barcelone, le deuxième plus important en Espagne derrière celui de Madrid-Barajas (centre) qui, lui, n'a pas été concerné par la fermeture de dimanche.
 
Cette réouverture ne signifie pas que le trafic aérien espagnol redevient immédiatement normal en raison du retard accumulé et surtout de la poursuite des interdictions de vols vers de nombreux pays européens, a souligné le représentant de l'Aena, agence espagnole chargée de la sécurité aérienne.
 
Croatie
Presque tous les aéroports de Croatie, dont celui de Zagreb, ont rouvert dimanche. L'aéroport de Zagreb, ainsi que plusieurs autres dans le nord de la côte Adriatique croate (Pula, Rijeka, Brac et Losinj) ont rouvert à 15H00, selon l'autorité de contrôle des vols, citée par l'agence officielle Hina.
En fin de matinée, trois autres aéroports (Dubrovnik, Split et Zadar) avaient déjà été autorisés à reprendre leurs activités.

L'espace aérien croate reste toutefois toujours fermé dans le nord et dans l'est du pays. Un seul aéroport, celui d'Osijek (est), qui se trouve dans cette zone est toujours fermé, selon les autorités.

Pologne
L'espace aérien dans le centre et le nord de la Pologne a été rouvert dimanche à 16h00 heures et six aéroports qui se trouvent dans ces régions sont rouverts jusqu'à nouvel ordre, a indiqué le porte-parole de l'Agence nationale de navigation aérienne (PAZP).
"Nous avons décidé de rouvrir à 15h56 exactement l'espace aérien en Pologne centrale et du nord, si bien que les aéroports de Szczecin (nord-ouest), Gdansk (nord), Bygdoszcz (nord-ouest), Poznan (ouest), Varsovie et Lodz (centre) sont opérationnels jusqu'à nouvel avis", a déclaré Grzegorz Hlebowicz.
"Nous craignons que la situation puisse de nouveau empirer ce soir. D'ici là, les avions peuvent atterrir et décoller de six aéroports polonais", a-t-il ajouté.

Norvège
La Norvège a rouvert dimanche une nouvelle partie de son espace aérien, vers le sud jusqu'à Bergen, et pourrait rouvrir le reste du sud du pays, y compris Oslo, dimanche dans la soirée, ont annoncé les autorités aériennes norvégiennes (Avinor).
"L'espace aérien au nord de Bergen est maintenant ouvert jusqu'à Berlevaag, dans le Finnmark", dans l'extrême-nord, précise l'Avinor dans un communiqué.

Ainsi, au nord de Bergen, seule une petite zone dans l'extrême nord-est du Finnmark, près de la frontière russe, était encore fermée dimanche en milieu d'après-midi, selon Avinor.
"D'après les prévisions, l'espace aérien de l'ensemble du sud de la Norvège sera rouvert dans les prochaines six à douze heures", a ajouté Avinor, notant que tous les grands aéroports du pays, y compris Oslo, pourraient ainsi rouvrir avant la fin de la journée.
La Norvège a ouvert dimanche matin un large espace aérien dans sa moitié nord, entre Kristiansund et le Finnmark. Cette zone de l'espace aérien norvégien a fait l'objet de plusieurs ouvertures et fermetures partielles depuis que le pays scandinave eut été le premier d'Europe à commencer à fermer son espace aérien mercredi soir à la suite de l'éruption du volcan islandais.

Autriche
L'espace aérien autrichien, fermé depuis vendredi soir, sera rouvert lundi à 06h00, sous conditions, a indiqué dimanche l'autorité de contrôle Austro Control.
Cette levée des suspensions de vols est conditionnée à la levée de toute incertitude sur la dangerosité des cendres en suspension pour les avions. Austro Control doit évaluer les conditions météorologiques dans la soirée dimanche ainsi que les résultats des vols tests menés par les deux compagnies aériennes autrichiennes Autrian Airlines et Niki.
La réouverture de l'espace aérien pourra éventuellement n'être que provisoire, a averti Austro Control.
"Il se peut que la fenêtre favorable se referme dans la matinée de lundi", a déclaré un porte-parole d'Austro Control interrogé par l'agence de presse autrichienne APA.
Les aéroports du pays ont déjà entamé les préparatifs pour la reprise du trafic aérien.


La dangerosité du nuage de cendres en question
Plusieurs pays mènent actuellement des vols d'essai pour mesurer l'impact réel des cendres du volcan islandais sur les avions et s'assurer de l'utilité de la fermeture quasi-complète de l'espace aérien européen.

Voici un tour d'horizon des interrogations autour de la dangerosité effective de ces cendres :

A quoi servent les vols d'essai menés en Europe ?
Le but premier était de permettre aux compagnies de repositionner leurs avions sur les bons aéroports, d'où ils avaient été déroutés depuis la fermeture partielle de l'espace aérien européen. Mais les compagnies, qui perdent chaque jour quelque 200 millions de dollars selon une estimation de l'Association Internationale du Transport Aériens, en ont profité pour mesurer l'impact réel sur les avions des cendres dans le ciel européen. Elles n'ont pas causé de dégâts lors de ces vols, selon les premiers retours d'expérience.

Des vols spéciaux ont depuis été spécialement organisés pour évaluer la situation. La France en a ainsi mené un  ce dimanche pour "réunir des éléments permettant d'améliorer les connaissances de l'impact du nuage de cendres sur l'avion".

Les cendres volcaniques sont-elles vraiment dangereuses pour les avions ?
> Voir l'image à propos de l'impact de cendes sur un récateur
Il y a bien un risque réel si l'avion se trouve au centre d'une zone où elles sont très concentrées, maintiennent les experts. Le premier risque est une pollution de la cabine au travers du système de conditionnement d'air. Il peut y avoir aussi "une abrasion de la glace du cockpit et donc un manque de visibilité du pilote", explique Erick Derivry, du Syndicat national des pilotes de ligne français (SNPL). Mais le plus gros danger est celui qui pèse sur les moteurs.

L'ingestion de cendres peut "amener une perte de poussée ou une extinction des moteurs", souligne M. Derivry. En 1982, un Boeing 747 de British Airways avait ainsi vu ses quatre réacteurs s'éteindre au-dessus de l'Indonésie. Reste que le SNPL réclame des "éléments concrets" pour fonder l'interdiction actuelle de vol. Deux compagnies allemandes, Lufthansa et Air Berlin, ont également critiqué l'absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l'air (voir plus bas).

Le risque a-t-il été surévalué ?

Selon les experts, seule la mesure du niveau de concentration de cendres dans le ciel européen permettra de dire si le danger est réel.
"Les cas les plus significatifs de dommages causés par des cendres se sont produits dans des zones où ces cendres étaient très concentrées. Il n'est pas facile de dire pour l'instant si un court-courrier entre Munich et Düsseldorf, par exemple, rencontrerait assez de cendres pour que cela devienne un problème", souligne David Kaminski-Morrow, expert de la revue britannique Flight. Il faut "analyser ce qui se passe effectivement dans l'atmosphère" pour savoir si le danger est bien réel, selon M. Derivry.

Peut-on, en attendant la reprise normal du trafic, faire voler les avions à basse altitude sur de courtes distances ?

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a évoqué la possibilité de faire voler certains vols commerciaux à basse altitude sous le nuage de cendres, "en particulier des vols de courte distance" en Europe. Mais cela suppose une dérogation aux règles habituelles de vol à haute altitude pour des questions de bruit et de pollution, a-t-il souligné. Et pose des problèmes techniques.
"C'est possible, mais ça n'est pas idéal parce que les avions à réaction ne fonctionnent pas aussi bien à basse altitude. Ils brûlent alors beaucoup de kérosène et ça coûte cher", souligne David Kaminski-Morrow, qui ne juge "pas réaliste d'envisager de faire refonctionner le système aérien sur cette base".


Lufthansa et Air Berlin critiquent la fermeture de l'espace aérien
Les deux plus grandes compagnies aériennes allemandes, Lufthansa et Air Berlin, ont critiqué les autorités pour l'absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l'air alors que l'espace aérien devait rester fermé jusqu'à ce dimanche soir en Allemagne.
Elles ont par ailleurs fait valoir que plusieurs de leurs avions qui ont effectué la veille des vols intérieurs sans passager n'ont présenté "aucun dommage".
"En Allemagne, il n'y a même pas eu de ballon météo pour mesurer si présence il y avait et combien de cendres volcaniques se trouvent dans l'air", a critiqué Joachim Hunold, patron de la deuxième compagnie allemande, Air Berlin.
"La fermeture de l'espace aérien résulte uniquement des données d'une simulation informatique du Vulcanic Ash Advisory Center à Londres", a-t-il déploré.
"Des mesures doivent être effectuées", a déclaré de son côté Wolfgang Weber, porte-parole de Lufthansa, premier groupe/compagnie aérien européen.

Lufthansa a effectué samedi dix vols sans passagers au départ de Munich (sud), où ils avaient été détournés, pour les reconduire à leur point de stationnement à Francfort (ouest) avec l'aval des autorités aériennes."Il ne s'agissait pas de faire des tests mais au passage, les appareils ont été analysés et ne présentent aucun dommage, pas la moindre égratignure sur le pare-brise du cockpit, le fuselage ou les moteurs", a dit M. Weber.
Les avions ont volé à différente altitude, entre 3000 et 8000 mètres, et "apparemment jusqu'à 8000 mètres, il n'y a pas de cendres volcaniques", a-t-il ajouté.



Vol d'essai réussi pour KLM
Le vol d'essai effectué samedi soir par KLM s'est bien déroulé, selon les résultats de l'inspection technique de l'appareil. La compagnie avait donc décidé de mener de nouveaux vols tests ce dimanche, révélés positifs, donc sans problèmes. KLM avait déjà annoncé, directement après le vol de samedi soir, qu'à première vue il n'y avait pas eu de danger.
 
D'autres vols d'essai ont été réalisés sous contrôle dans d'autres pays européens. Le but des tests est de mesurer l'effet des cendres volcaniques sur les pièces de l'avion. Ces vols d'essai sont assortis de strictes mesures de sécurité.


Vol d'essai réussi pour Air France
Un Airbus d'Air France, qui effectuait un vol d'essai sans passagers pour étudier l'impact des cendres sur les appareils, s'est posé ce dimanche peu avant 15H00 à l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, avait prévenu que la compagnie Air France allait faire "un ou plusieurs vols d'essai ce dimanche après-midi autour de Bordeaux, Toulouse, peut-être jusqu'à Paris, avec un court-courrier et peut-être aussi un long-courrier".

Le but, a ajouté M. Bussereau, est de "voir quelles sont les conditions de vol et dans quelle mesure on peut quand même assurer certaines liaisons".


Bruxelles, sous pression, cherche à ouvrir quelques routes
Sous la pression des compagnies aériennes menacées d'asphyxie par quatre jours de paralysie du trafic, la Commission Européenne cherche à faire ouvrir quelques routes en Europe dès le début de la semaine prochaine.
"Le commissaire Siim Kallas (Transports) est en contact avec Eurocontrol et avec les autorités des Etats membres pour examiner les options possibles pour autoriser quelques vols", a annoncé sa porte-parole Helen Kearns. Le ministre français des Transports, Jean Louis Borloo, a pour sa part annoncé qu'une décision serait prise au niveau européen lundi ou mardi de faire voler des avions.
"Ce sera une décision politique, européenne et internationale, de faire voler des avions, pilotés par des volontaires. Cela ne se fera pas avant lundi ou mardi", a-t-il précisé.

Les autorités belges ont confirmé cette intention. "Certains vols pourraient être autorisés dans les prochaines heures, si les conditions de sécurité sont réunies", a annoncé le secrétaire d'Etat à la Mobilité Etienne Schouppe. Il pourrait y avoir une fenêtre pour effectuer quelques vols lundi et mardi, a indiqué à l'AFP son porte-parole. "Mais la sécurité prime avant tout et si la science dit que les espaces aériens doivent rester fermés, alors ils resteront fermés", a insisté la porte-parole de la Commission.

La plupart des pays de l'UE ont été contraints de fermer leurs espaces aériens depuis jeudi à cause du passage d'un nuage de cendres provoqué par l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande, et seuls ceux du sud de l'UE permettent encore aux avions de voler. Mais les prévisions sont pessimistes. Le volcan vomit toujours ses cendres et les instituts météorologiques appréhendent l'arrivée d'un nouveau nuage sur la Belgique et l'Europe dès mardi. M. Schouppe n'a d'ailleurs pas exclu d'être contraint de fermer l'espace aérien belge pendant une semaine supplémentaire.

Plusieurs compagnies comme la scandinave SAS ou British Airways ont décidé d'annuler tous leurs vols prévus lundi. Les décisions concernant l'espace aérien relèvent des seules autorités nationales et l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (Eurocontrol) centralise toutes les données, car les plans de vols des avions lui sont soumis.
"Tout le monde cherche la reprise des vols", a confié le porte-parole de M. Schouppe. KLM et Lufthansa ont effectué des tests pour mesurer l'impact sur leurs avions d'un passage dans le nuage de cendres. M. Schouppe attend les résultats pour se prononcer sur une ouverture de l'espace aérien belge.
"La situation devient intenable pour les compagnies aériennes et pour leurs passagers bloqués à l'étranger", a confié un responsable européen sous couvert de l'anonymat. "Si le trafic aérien ne reprend pas la semaine prochaine, certains compagnies vont avoir d'énormes difficultés et la Commission devra alors examiner la possibilité d'autoriser des aides d'Etat en raison de ces circonstances exceptionnelles", a-t-il ajouté. Selon Paul Charles, un expert britannique du groupe international Lewis PR, les quatre jours de paralysie du trafic aérien ont coûté un milliard de livres à l'industrie européenne du voyage".

Le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a pris la mesure du problème et a promis des "réponses appropriées". "Le nuage de cendres volcaniques a provoqué une situation sans précédent", a-t-il souligné. "J'ai demandé au vice-président Siim Kallas (Transports) de se mettre en contact avec la présidence espagnole afin d'organiser une réunion d'urgence des ministres des Transports, ou une vidéo-conférence". La présidence espagnole a annoncé dimanche après-midi qu'une réunion extraordinaire des ministres des transports de l'UE était prévue lundi.


La science aurait dû limiter le chaos aérien
De meilleurs outils scientifiques auraient certainement permis de réduire très nettement le chaos aérien lié à l'éruption du volcan Eyjafjöll en Islande en limitant l'application du principe de précaution, a estimé un scientifique islandais.
"Ce n'est pas parce que l'espace aérien est fermé à cause d'un nuage de cendres qu'il y a effectivement des cendres dans l'air dans toutes ces zones", a déclaré le géophysicien Magnus Tumi Gudmundsson.
"On applique actuellement des normes de sécurité très élevées", a-t-il souligné en considérant qu'un "gros travail était nécessaire pour améliorer les outils de modélisation" utilisés pour tenter de prévoir comment les cendres se dispersent.
"Si vous avez de meilleures données, vous pouvez très nettement baisser les restrictions (...) peut-être jusqu'à un quart des fermetures observées aujourd'hui", a-t-il dit.
 
Ce imanche, une trentaine de pays européens ont fermé entièrement ou partiellement leur espace aérien en raison du danger représenté par le nuage de cendres émis par l'Eyjafjöll depuis mercredi et qui s'étend désormais du cercle polaire arctique à la Méditerranée et de l'Espagne à la Russie.
 
Les autorités du trafic aérien justifient leur décision de fermer les espaces aériens par le danger que représentent les cendres émises pour les moteurs des avions qui tenteraient de traverser le nuage.


L'Europe se réunit demain lundi
La Commission Européenne et certains représentants d'Etats-membres de l'Union Européenne se réunissent lundi midi à propos de l'interdiction de vol décrétée en raison d'un nuage volcanique en provenance d'Islande. La Commission organise lundi midi une vidéoconférence afin de faire un état des lieux.
 
Il sera notamment question des demandes d'indemnisation des voyagistes et compagnies aériennes. Brussels Airlines et Thomas Cook ont introduit des demandes d'indemnisation auprès du gouvernement fédéral. Selon Etienne Schouppe, il est "évident" que les compagnies ne pourront supporter l'ensemble des coûts.
 
Le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a chargé le Commissaire au Transport Siim Kallas de réunir un groupe de travail.

 

Les compagnies aériennes appellent à l'aide
Avions cloués au sol depuis jeudi, prise en charge des passagers bloqués à l'étranger : les compagnies européennes commencent à appeler au secours et l'Union se prépare pour un nouveau plan d'aide, après les banques et l'automobile.

La compagnie belge Brussels Airlines est la première à donner de la voix et à solliciter l'aide du gouvernement.
"Personne dans le secteur ne peut supporter cela", a affirmé samedi son porte-parole Geert Sciot.
"C'est une situation exceptionnelle. On peut la comparer avec celles d'agriculteurs qui auraient eu à affronter d'importantes intempéries. Ils demanderaient aussi du soutien", a-t-il souligné.

Les autorités belges restent prudentes. Pas question d'agir en solitaire, surtout à quelques mois du début de leur semestre de présidence de l'UE. "L'Europe n'accepterait pas", a averti le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe, en charge du secteur des Transports. "Les compagnies ont des obligations à l'égard de leur clientèle. Les charges sont le résultat d'une loi européenne. Je conçois qu'elles sont importantes, mais la solution doit être trouvée au niveau de l'Union Européenne. Nous allons en discuter avec la Commission", a-t-il annoncé. "Après les banques, on s'attend à devoir aider les transporteurs aériens", a confié un responsable européen sous couvert de l'anonymat. Mais la partie ne sera pas aisée, a averti un autre responsable.

Les finances sont exsangues, minées par les déficits excessifs et les dettes. "Je vois mal les gouvernements se précipiter", a-t-il estimé. "Tout va dépendre de la date de la reprise du trafic aérien", a-t-il dit.

Les prévisions ne sont pas très bonnes. Le volcan islandais entré en éruption le 14 avril continue de vomir des cendres et l'Institut Royal de Belgique juge possible qu'un nouveau nuage touche le Royaume mardi. Les appareils restent parqués sur les aéroports. Mais il faut les entretenir. "Chaque appareil doit recevoir un entretien toutes les 24 heures. Pour certains appareils qui restent à l'étranger, nous devons envoyer des techniciens vers les différentes destinations", a expliqué le patron de Brussels Airlines. "Nous devons en outre faire en sorte que nos passagers soient accueillis dans un hôtel, que ce soit en Belgique ou à l'étranger", a-t-il ajouté. "Ensuite, un certain nombre de passagers qui auraient dû prendre leur avion seront transférés gratuitement vers un autre vol, ce qui signifie que les places qu'ils vont prendre dans ces autres vols ne seront plus disponibles pour les autres passagers qui eux, ont payé", a-t-il ajouté.

Cette situation est "sans précédent" pour l'Europe, soulignent les responsables de l'Organisation Européenne pour la Sécurité de la Navigation Aérienne (Eurocontrol). A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, rétorquent les dirigeants de Brussels Airlines.

L'Europe a déjà agi par le passé face à une situation exceptionnelle, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, les Etats membres avaient adopté une aide pour le secteur (une enveloppe globale) et la Commission l'avait approuvée. "Ils l'avaient fait pour le secteur, pas pour les compagnies", a toutefois rappelé un responsable européen. Les attentats avaient eu des répercussions importantes, avec une chute durable du trafic. "A l'époque, les gens avaient peur de prendre l'avion", a-t-il souligné.


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