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15/03/2010

Un accident évité dans le ciel niçois

Un appareil d'Air France et un avion privé ont dû effectuer une manoeuvre d'évitement en urgence peu après leur décollage de l'aéroport de Nice la semaine dernière, a indiqué la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC).
"C'est un rapprochement hors norme, mais qui s'est déroulé comme il se doit avec les systèmes de prévention de sécurité au sol et en l'air", a déclaré Maurice George, directeur des services de la navigation aérienne à la DGAC.

L'avion d'Air France avait décollé de Nice et suivi la procédure standard de contournement du Cap d'Antibes. Un jet privé suisse a ensuite décollé peu après et "est monté assez rapidement tout droit, sans suivre la procédure standard, en coupant le virage au-dessus du Cap d'Antibes", a expliqué M. George.
L'avion suisse a alors commencé à se rapprocher de l'appareil d'Air France, ce qui "a été détecté par le contrôle aérien qui l'a vu sur le radar, par le système au sol anti-collision radar et par les TCAS. Les pilotes ont été informés et ont suivi leurs instruments de bord leur indiquant la procédure d'évitement : pour le pilote d'Air France de descendre et pour le pilote suisse de monter, a poursuivi le responsable de la DGAC.

Les systèmes anti-collision à bord sont faits pour se répondre par interrogation radar pour que les deux instructions données aux pilotes soient cohérentes, a-t-il souligné. M. George a indiqué que l'événement a été notifié par le pilote d'Air France, ajoutant que le pilote de l'avion suisse avait dû lui aussi signaler l'épisode.

De son côté, la DGAC a fait un enregistrement et a informé le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) qui "va faire une analyse complète".
"La direction locale réunit toutes les données et tient informé le BEA", a-t-elle dit. Un porte-parole d'Air France a indiqué que la compagnie aérienne n'avait "pas de commentaire particulier à ajouter" à la DGAC.
L'épisode se serait produit entre un Airbus d'Air France assurant la liaison Nice-Paris et un Falcon privé immatriculé en Suisse qui ralliait Milan.

Peu après le décollage de l'Airbus, la tour de contrôle s'est aperçue que l'avion privé, parti juste après de la même piste, avait pris "un raccourci qui allait lui faire croiser la route de l'appareil d'Air France. La tour de contrôle a alors appelé le pilote du Falcon qui n'aurait pas répondu. De son côté, le pilote de l'Airbus a constaté sur ses instruments de bord le risque de "convergence" entre sa route et celle de l'avion privé. Il a alors effectué une descente forcée qui lui a permis de se retrouver 300 pieds (90 mètres environ) en dessous du Falcon.

Selon la DGAC, la distance mesurée par les enregistrements radars était de 400 pieds (120 mètres environ), mais les deux avions n'étaient pas l'un en-dessous de l'autre, ils étaient décalés latéralement de 1,4 mille nautique (2,5 km environ). La distance en diagonale était ainsi entre 2 et 3 km, précise la DGAC. "Ces systèmes d'urgence font partie de la gestion de la sécurité", notamment pour les cas d'erreur humaine. "Les procédures standards de prévention des collisions ont marché comme elles devaient marcher", a encore relevé M. George.

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