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12/01/2010

Chiffres 2009 records pour Airbus qui conforte sa place devant Boeing

Chiffres 2009 records pour Airbus

Le constructeur aéronautique européen Airbus a conforté en 2009 sa place de numéro 1 mondial devant son concurrent américain Boeing avec une livraison record de 498 avions. Des performances record, en dépit d'une année jugée difficile, et malgré les difficultés persistantes de son gros porteur 380 ainsi que de la crise particulièrement chaotique qui touche transport aérien.
Les commandes devraient encore en 2010 être inférieures aux livraisons.

Le groupe a livré un total de 498 appareils aux compagnies aériennes l'an dernier dont une écrasante majorité (402) de moyen-courriers de la famille A320, selon un bilan dévoilé aujourd'hui à Séville, où le constructeur possède une usine d'assemblage de l'avion militaire A400M.

Airbus a ainsi battu son précédent record de 2008 établi à 483 appareils.

En 2009, Airbus a également pris 310 commandes, un nombre supérieur à son objectif (300). Comme en 2008, le constructeur européen fait mieux que Boeing, qui a livré 481 appareils et enregistré 263 commandes.
"C'est une année de réussite pour Airbus" dans un contexte de crise, a estimé son président Thomas Enders, qui a récemment relancé la polémique autour du programme A400M, en retard et coûteux, en menaçant les pays clients d'y mettre fin faute d'un accord sur le financement.En 2009, Airbus a bénéficié de son important carnet de commandes et du fait que les compagnies aériennes "ont gardé un accès aux financements" pour acheter des avions, a-t-il expliqué.
Compte tenu de certaines annulations de commandes par les compagnies aériennes touchées par la crise, le total des commandes nettes d'Airbus atteint 271 appareils, pour une valeur de 30,3 milliards USD au prix catalogue.

Tous types d'avions confondus, la production en 2010 devrait rester globalement "stable", a encore précisé Thomas Enders. Airbus devrait ainsi livrer entre 480 et 500 avions durant l'année 2010.
En ce qui concerne les commandes, la "prévision se situe entre 250 et 300", a précisé le directeur commercial, John Leahy, expliquant qu'un "pic" avait été atteint il y a un ou deux ans.

En 2009, Airbus n'a livré que dix A380 contre douze en 2008, une "grande déception", a reconnu Thomas Enders, pour la direction qui avait à plusieurs reprises abaissé ses ambitions (lire ici).
"Nous avons pris des décisions pragmatiques", afin d'améliorer la situation, "nous n'avons pas de temps à perdre", a-t-il déclaré.
La production du gros porteur A380 demeure préoccupante. Avec seulement 10 unités livrées l'an dernier, au lieu des 18 initialement prévues, ainsi que des coûts de fabrication trop élevés, Airbus continuer d'effriter ses marges. Son président, Tom Enders, a assuré qu'un programme visant à améliorer l'efficacité serait lancé à l'issue d'un audit, même si le programme devrait continuer de peser sur la rentabilité pendant plusieurs années.
"Je ne suis pas du tout satisfait des coûts de l'A380, la situation doit s'améliorer significativement", a déclaré Tom Enders à Séville lors de la présentation des chiffres du groupe, avant d'ajouter qu'Airbus visait en 2010 la livraison d'au moins 20 A380.

 

De son côté, Fabrice Brégier (n°2 d'Airbus) a rappelé la nécessité de "résorber les nombreuses difficultés" de production de l'avion géant, liées à la possibilité pour les compagnies de personnaliser cet appareil.
Il a indiqué, sans donner d'échéance, que le groupe ambitionnait de produire quatre A380 par mois.

Outre la complexité de la production, les avions, déjà en exploitation, ont connu des incidents techniques, à l'instar de celui de la compagnie Air France, qui devrait recevoir son deuxième appareil vers la fin du mois de janvier.
"L'aspect positif est que les clients, les passagers, aiment cet avion. C'est un avion qui va générer des revenus", a commenté Tom Enders.

Commandes
Airbus a placé 310 commandes brutes au cours de l'exercice, dont 271 nettes, alors qu'il espérait 300 signatures brutes. Avec 498 livraisons, le constructeur dépasse pour la septième année consécutive son grand concurrent américain Boeing, lequel affiche 142 commandes nettes et 481 livraisons.

Les niveaux de commandes des deux constructeurs, qui seront prochainement soumis à une compétition de plus en plus féroce de la Russie, de la Chine et du Brésil, restent néanmoins très inférieurs à ceux du haut de cycle enregistré 2007. Les livraisons sont de leur côté soutenues par les agences de crédit-export sollicitées pour aider des compagnies aériennes très durement touchées par la conjoncture.

Airbus et Boeing devront en outre trancher rapidement sur la nécessité d'apporter une nouvelle motorisation à leurs familles de monocouloirs, celles de l'A320 et du B737, très rémunératrices, avant d'engager leur remplacement définitif, probablement après 2020.

Sauver l'A400M
Le programme d'avion de transport militaire A400M, désormais également sous la responsabilité d'Airbus, constitue l'autre grand motif d'inquiétude. Tom Enders a répété que le constructeur et sa maison mère attendaient une "contribution significative" des pays clients pour pallier des dépassements de coûts dans le projet, estimés à quelque 11 milliards d'euros.
L'A400M a effectué son premier vol en décembre avec plus de deux ans de retard, mais un accord sur son financement est attendu d'ici à la fin du mois de janvier.

Les spécialistes estiment néanmoins qu'un compromis est dans l'intérêt de toutes les parties. EADS doit mener le projet à bien s'il veut espérer pouvoir exporter l'appareil tandis que les Etats clients ont à coeur de préserver l'emploi des usines européennes.

Airbus a par ailleurs souligné que son programme d'économies "Power 8" (qui vise 2,1 milliards d'euros d'économies annuelles en 2010) avait dépassé les objectifs internes l'an passé avec environ deux milliards d'euros d'économies brutes.
Au titre de 2009, la maison mère EADS estime que son chiffre d'affaires devrait marquer une diminution de l'ordre de 4% à environ 41,7 milliards d'euros.

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