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04/12/2009

La course entre Boeing et Airbus

La course entre Boeing et Airbus

Airbus et Boeing sont engagés dans une course contre la montre pour procéder, chacun de leur côté, au premier vol d'essai d'un nouveau modèle d'avion, engageant des dizaines de milliards de dollars d'investissements.

Boeing a annoncé que le 787 (surnommé "Dreamliner"), un appareil civil, volerait pour la première fois avant la fin du mois, tandis qu'Airbus devrait faire décoller son A400M, un appareil de transport militaire, dès la semaine prochaine.

Le B787 et l'A400M ne sont en rien des concurrents directs (l'un commercial, l'autre militaire), mais la quasi-simultanéité de leur premier vol illustre l'égale importance des enjeux auquel chacun des constructeurs est confronté : prouver leur valeur aux actionnaires et aux clients après les écueils techniques rencontrés ces derniers mois, qui ont lourdement pesé sur les cours de bourse des constructeurs et les menacent de lourdes pénalités financières.

"Un vol d'essai, c'est avant tout une aventure. Nous avons une grande confiance dans le design mais on a toujours envie de procéder à l'ultime vérification que constitue un vol d'essai, pour être certain qu'il n'y aura pas de surprise", a déclaré Dennis O'Donoghue, vice-président de Boeing en charge des vols d'essais.
Boeing ne prévoit pas de médiatiser particulièrement le premier vol du 787, qui devrait avoir lieu à Seattle.

Pour les analystes, la réussite du premier vol pourrait empêcher de nouvelles annulations de commandes alors qu'un retard supplémentaire donnerait à Airbus du temps de répis pour combler son propre retard avec son nouveau modèle civil, l'A350.
La filiale d'EADS devrait faire voler l'A400M devant un parterre de personnalités incluant le roi Juan Carlos d'Espagne, lui-même pilote expérimenté.

 

Des enjeux industriels, commerciaux et financiers importants
La visibilité de l'événement n'est pas qu'anecdotique car le développement de l'A400M, estimé à 20 milliards d'euros, a subi de très importants dépassements de budget. Le succès du premier vol contribuerait donc à apaiser les sept pays de l'Otan qui ont déjà passé commande et avec lesquels le groupe discute de l'évolution du projet

Certains experts expliquent que le premier vol pourrait fournir des arguments aux défenseurs d'un renflouement sur fonds publics du programme, une hypothèse à laquelle s'oppose l'Allemagne.
Toutefois, un état-major au moins, irrité par les retards accumulés, a réduit sa participation à l'événement, officiellement pour raisons financières.

S'ils ne visent pas les mêmes cibles, le 787 et le 400M se situent sur le même plan en terme d'ingénierie industrielle : dans les deux cas, la conception utilise les matériaux composites avancés pour alléger la structure et réduire la consommation.
Dans les deux cas, la motorisation représente à elle seule un enjeu important, qu'il s'agisse des réacteurs développés pour le 787 par General Electric et Rolls-Royce ou du moteur à hélice le plus puissant jamais construit pour un avion militaire occidental pour le 400M.

Chaque appareil vise un nouveau segment de taille moyenne sur son propre marché : les deux versions principales du biréacteur 787 pourront transporter 210 à 290 passagers (contre 416 pour un Boeing 747-400), tandis que le 400M, avec une charge utile de 37 tonnes, se situera entre le C130 de Lockheed-Martin (21 tonnes) et le C17 de Boeing (75 tonnes).

Airbus sera sans doute obligé de vendre l'A400M hors Europe pour rentabiliser le programme, même en cas d'accord avec les pays clients sur les dépassements de coûts. Le premier vol pourrait donc donner le coup d'envoi d'une nouvelle offensive commerciale des équipes du groupe européen.

 


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