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11/10/2009

Plusieurs catastrophes ont été évitées de justesse à Paris

Plusieurs incidents, heureusement sans conséquence, se sont produits dans le ciel de la capitale ces dernières années.

Deux avions lancés à pleine vitesse, qui s'évitent au dernier moment au-dessus de Paris. Ce scénario n'a rien d'une fiction. Il a eu lieu à plusieurs reprises ces dernières années. De tels incidents donnent automatiquement lieu à un rapport des pilotes concernés. Il est consigné sur la base de données Sentinel sous l'indicatif Airprox. Prox pour « proximité », indiquant que des avions sont passés trop près l'un de l'autre.

En février 2008, deux avions d'Air France auraient ainsi pu se percuter au-dessus de Paris. Un Boeing 777 et un Airbus 320 étaient tous deux au décollage. Le premier sur la piste la plus au sud de Roissy-Charles-de-Gaulle (la « 26 droite »), le second sur une des deux pistes du nord (la « 27 gauche »). L'Airbus 320 aurait dû réaliser un départ en tournant vers la droite. Pourtant, après le décollage, le contrôleur aérien lui ordonne d'obliquer vers la gauche. « Mon collègue a alors demandé confirmation de l'ordre, rapporte un pilote d'Air France. Le contrôle lui a répondu : à gauche immédiatement. » L'aéronef se met alors en route de collision avec le Boeing 777 qui décolle à cet instant. Il reçoit aussitôt une « résolution TCAS » (traffic collision avoidence system), une alerte de collision. « Un avion au décollage en pleine charge ne peut monter à bloc, explique un pilote. Nos deux collègues se sont évités à vue. »

Après cet incident dont les passagers ne se sont pas rendu compte, une enquête interne établit que les contrôleurs aériens étaient ce jour-là 8 au lieu de 15. « On a alerté notre direction, explique un pilote. On nous a répondu : "Pas de vague avec les contrôleurs. Si on a une grève, c'est catastrophique". »
Plusieurs pilotes d'Air France se sont rendus sur le logiciel Sentinel pour y trouver le rapport des pilotes. Il n'était plus disponible...


« Pas perçu en cabine »
En février dernier, une revue de pour pilotes, Survol, rapporte un incident similaire à Roissy. Le contrôleur confond la droite et la gauche au moment de s'adresser à l'un des deux vols Air France. Il les met alors en route de collision. La catastrophe est évitée grâce aux systèmes de détection et d'évitement des deux avions. Les deux aéronefs passeront à pleine vitesse à 400 pieds (140 mètres) l'un de l'autre. Le rapport de la Commission locale de sécurité (CLS) de Roissy a conclu que « l'incident n'avait pas été perçu en cabine ».

Selon le rapport, l'incident est dû à « une erreur du contrôleur départ sur le sens de virage demandé à l'un des appareils » et surtout à « l'absence de dégroupement des fréquences (…) qui n'a pas permis une gestion optimale de la complexité de la situation ». Concrètement, le rapport établit que l'incident est lié au regroupement des fréquences radio. « C'est là la reconnaissance du système de clairance (système occulte de gestion du temps de travail), explique une source proche du dossier. Si l'effectif de la tour est réellement dimensionné pour le pic de trafic, comme l'affirme la DGAC, il n'y a alors aucune raison de regrouper les fréquences. »

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