Avec une chute de 6,8% entre janvier et juillet, la crise du transport aérien est l'une des plus graves qu'ont connues les compagnies aériennes d'Europe depuis la fin des années 1980. Mais les transporteurs sont mieux armés pour y faire face : leurs bilans sont plus solides que par le passé. Et avec la hausse du prix du carburant et les effets de la récession, la consolidation de l'industrie s'est accélérée. En 2003, les 3 premières compagnies contrôlaient 55% des vols long-courrier en Europe ; un pourcentage qui est monté à 78%.

La situation n'est toutefois pas facile. Le patron d'Air France KLM avoue qu'il faudrait attendre 2012 pour retrouver le niveau d'activité de 2008. Les grandes compagnies aériennes dépendent davantage des vols long courrier et du transport cargo que les compagnies régionales, ce qui les expose davantage à la contraction de l'activité économique.

Résistance des "low-cost"
A contrario, les compagnies low cost comme Ryanair ou Easyjet semblent plus résistantes, selon Deutsche Bank. Elles bénéficient de prix attractifs pour les consommateurs à la recherche de bas coût, et sont capables de gagner des parts de marché sur les vols régionaux. Un argument que conteste le patron d'Air France KLM.

Deutsche Bank anticipe une reprise modeste (3%) du trafic aérien dès 2010, après un déclin de 6% en 2009 (soit bien pire que le repli de 3,1% en 2001). Les capacités devraient remonter de 2%, après une diminution de 5%. "Cela soutient notre optimisme sur l'évolution des taux d'occupation qui devraient rebondir à partir du second semestre 2010", prévoit encore Deutsche Bank.

Faibles rendements
"Les faibles taux d'occupation sont bien plus préoccupants que la facture pétrolière, même si une reprise de l'activité économique devrait conduire à un rebond du prix du pétrole", ajoute la banque.

En Europe, Lutfhansa et Easyjet devraient être les compagnies en mesure de profiter le plus d'un rebond de leurs résultats. "Lufthansa devrait bénéficier d'un bilan solide ainsi que de métiers défensifs comme son activité de maintenance", observe Deutsche Bank. Le rachat d'Austrian Airlines devrait en outre soutenir un rebond des marges, avec la reprise du trafic.

Easyjet, de son côté, "est en train de construire un portefeuille de slots (créneaux horaires) dans les principaux aéroports d'Europe et continue de gagner des parts de marché", note la banque. "Nous pensons que les actionnaires d'Easyjet devraient voir une importante création de valeur lorsqu'elle aura suffisamment de vols sur les lignes les plus importantes pour capter une part du trafic des grandes compagnies aériennes", observe Deutsche Bank.