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07/04/2009

Communication

Communication

On est à 31 000 pieds, et la voie féminine du contrôleur d'Albuquerque nous demande de passer sur 126.3, pour contacter Mazatlán Center. On est au Sud de l'Arizona. On vient de passer Tucson, et on est près de la frontière mexicaine, juste à l'Ouest de Nogales. Je passe sur 126.3 et j'appuie sur le bouton de mon Audio Control Panel. "Mazatlán, good afternoon, Delta 471 at three-one-oh." Le contrôleur mexicain me répond. Il a l'accent fort, et j'ai du mal à le comprendre. Je suis au-dessus du Mexique pour la première fois de ma vie, direction San Jose Del Cabo, à la pointe Sud Ouest de la péninsule.

On vient de décoller de Salt Lake City (avec neige et tempés négatives). Le Captain, Bob, est un diplomé de Brigham Young University et un Mormon dévoué. Donc, pas de café pendant le vol. A 19 ans, il était missionnaire pour son église avant de rejoindre l'US Air Force et de servir son pays. Il vient juste de passer CdB sur MD90, donc il est en réserve comme moi. Il m'avoue qu'il n'est jamais allé à Cabo avant, et que ça fait plus de 10 ans qu'il est allé au Mexique. Je réajuste mon télex pour être sûr de bien comprendre le contrôleur, lorsqu'il nous appellera.

Cabo, qui est à 2h43 minutes de vol de Salt Lake, reporte une température de 28 degrés Celsius. J'ai la carte intitulée "Latin America High/Low Altitude Enroute Chart" devant moi, et je la regarde comme si je conduisais sur l'autoroute : Depuis Tucson, on prendra la J92 sur Hermosillo, puis virage à gauche sur le NDB Guaymas, puis Lapaz VOR. Arrivée San Jose Del Cabo VOR, piste 16, élevation : 374 pieds. Après juste 45 minutes d'escale, on repartira en vol sans avoir profité de la ville (ni de ses charmes ou températures).

Selon le commandant de bord, le véritable "challenge" lorsque tu voles en Amérique latine est non seulement le relief, mais aussi la communication entre les pilotes et les contrôleurs, dont il est difficile de comprendre l'anglais. De plus, le développement de l'aéronautique et de ses procédures laissent un peu à désirer dans ce coin du monde. Il faut donc rester vigilant, et interroger les contrôleurs s'il y a le moindre doute. "Without pissing them off," il ajoute. Sans les mettre en colère. Je souris. Je connais le caractère latin.

Plusieurs fois pendant ce vol, on se demande si un contrôleur nous a oubliés, et si on est sorti de son secteur. Au lieu de l'interroger sur l'oubli, le captain a simplement et diplomatiquement fait un PIREP sur les conditions de vol, et a demandé si d'autres avions avaient reporté des turbulences sur notre route. Un des contrôleurs a tout de suite répondu par un "contact Mazatlán 128.0," et on a compris qu'on était dans un autre secteur, et qu'il avait oublié de nous donner la nouvelle fréquence.

Le contrôleur d'Approche sur Cabo a également oublié de me transférer sur la fréquence Tour pour l'autorisation d'atterrissage, une autorisation qu'on doit absolument avoir avant de poser les roues sur le béton. En courte finale, je décide d'interroger le contrôleur, cette fois-ci sans diplomatie, et il me demande de passer sur 118.9 (sans excuse). Dès que je passe sur 118.9, je constate que la Tour, en panique, essaie de m'appeler, alors que généralement, c'est le pilote qui initie le contact pour l'autorisation d'atterrissage.

Bien sûr, lorsque tu fais une arrivée VOR sur un terrain inconnu, au bord de la mer, avec des montagnes de 7000 pieds à ta droite, il est très facile de rester concentré uniquement sur la navigation et d'oublier les procédures radio. Et c'est là qu'un commandant de bord mormon et un co-pilote français doivent également très bien communiquer entre eux (dans le poste de leur avion).


(Date originale du message : 29 Décembre 2008)

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Publié dans PiloteUS - Danny - pilote.us | Lien permanent

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