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01/03/2009

L’accident de l’A320 à Perpignan en partie causé par des tests à basse vitesse effectués trop bas

On en sait un peu plus sur le déroulement de l’accident de l’Airbus A320 d’Air New Zealand. Le BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) a publié un rapport d’étape le 24 février retraçant les dernières minutes du vol d’acceptance, avant que l’appareil s’abîme en mer. L’équipage aurait perdu le contrôle lors d’une vérification à basse vitesse à une altitude trop réduite, selon le rapport.

L’A320 immatriculé D-AXLA devait effectuer un vol non commercial au départ de l’aéroport de Perpignan et suivre un programme de vérifications à conduire avant sa restitution à sa propriétaire Air New Zealand par XL Airways Germany, qui lui louait. Cependant, le vol a été écourté, le programme ne pouvant être effectué en circulation aérienne générale. L’accident a eu lieu alors que l’appareil était en phase d’approche vers l’aéroport de Perpignan où il devait effectuer un touché décollé avant de repartir vers Francfort.

Le pilote d’Air New Zealand (qui n’était pas aux commandes) a demandé à l’équipage allemand de réaliser la vérification à basse vitesse, destinée à contrôler le bon fonctionnement des protections en mode dégradé. Les manuels OFC (Operational Flight Check) d’Air New Zealand et SA CAM (Single Aisle Customer Acceptance Manual) d’Airbus préconisent de l’effectuer entre FL100 et FL140.

L’appareil étant en approche ILS, le commandant de bord (aux commandes) a indiqué qu’il faudrait reporter la vérification, voire l’annuler. Mais il l’a quand même lancée, une fois descendu sous la masse nuageuse, stabilisé à 3000 pieds et en configuration d’atterrissage. C’est durant cette phase de vol que l’équipage a perdu le contrôle de l’appareil et s’est abîmé en mer.

Selon Air New Zealand, le rapport préliminaire publié par le BEA n’explique en rien les causes de l’accident car il y manque une partie des informations, comme les données de l’enregistreur des conversations dans le cockpit (CVR, Cockpit Voice Recorder). Mais le bureau poursuit son analyse.

En attendant un rapport final, le BEA a envoyé une recommandation à l’EASA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne). Il préconise le renforcement des exigences réglementaires relatives à la préparation et à l’exécution des vols non commerciaux. Il n’a en effet trouvé aucun texte communautaire ou extracommunautaire définissant un cadre et des normes précises pour les vols non commerciaux. Selon lui, « l’absence quasi totale d’indications ou de normes […] peuvent conduire aussi bien à improviser plus ou moins dans l’exécution d’essais ou de vérifications qu’à effectuer de tels essais ou vérifications dans des parties d’espace aérien inadaptées et/ou au cours de phases de vol à charge de travail élevée. »

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