17.02.2009
L'industrie aéronautique veut encore plus d'accords à ciel ouvert

En cette période de crise sans précédent pour ses compagnies membres, l'association internationale du transport aérien (IATA) milite plus que jamais pour la multiplication d'ententes à « ciel ouvert » entre les pays, puisque le maintien d'un certain nombre de balises réglementaires continue à être un risque pour le secteur, selon son directeur général.
L'automne dernier, Giovanni Bisignani a pris le téléphone et réuni autour d'une même table 14 gouvernements nationaux et la Commission européenne (dont le Canada et les États-Unis) afin d'insister encore plus sur les principes de libéralisation des marchés. La mise en application d'un accord à ciel ouvert entre les États-Unis et l'Europe il y a un an était un geste dans la bonne direction, mais c'est insuffisant, selon IATA.
« Ce sont deux marchés, de la même taille et avec les mêmes technologies. Mais on n'est toujours pas capable d'avoir un seul vrai marché, et ça, ça veut dire qu'il y a un problème », a dit M. Bisignani lors d'un entretien dans les bureaux d'IATA. Et la récente élection d'un démocrate à la Maison Blanche ne va pas nécessairement freiner le processus, a-t-il ajouté, parce que « la déréglementation a commencé sous Jimmy Carter, un démocrate ».
Deux balises encadrent l'industrie aérienne d'un pays à l'autre : les limites de la propriété étrangère dans les entreprises et l'accès aux marchés étrangers.
« On essaie de changer les choses. On a vu des approches positives, mais il y a beaucoup de travail à accomplir », souligne M. Bisignani. Une autre réunion comme celle de l'automne 2008 aura lieu cette année, mais la date n'est pas fixée. « C'est la seule industrie au monde où, pour vendre son produit, il faut un traité international. D'un côté, l'industrie a été déréglementée ; de l'autre, elle est encore affectée par cette réalité. »
IATA, consciente de l'indignation du public devant la multiplication extrême des mesures de sécurité et du problème d'image dont souffre l'industrie dans son ensemble, représente 230 transporteurs qui représentent près de 95% du transport aérien mondial.
Le carburant
L'an dernier, la flambée du pétrole s'est traduite par des pertes totales d'environ 5 milliards de dollars US au sein de l'industrie aérienne. Cette année, la perte globale devrait diminuer un peu mais tout de même se chiffrer autour de 2,5 milliards USD, ce qui comprend de lourdes pertes en Europe et en Asie mais un point d'équilibre en Amérique du Nord.
En 2008, les transporteurs américains ont été les grands perdants puisqu'ils souffraient de faibles bilans, a dit le directeur général d'IATA. Cette position de faiblesse les a empêchés de faire ce que les spécialistes appellent du « hedging », qui consiste à signer des contrats futurs pour l'achat de carburant à un prix fixé d'avance. Donc, ils achetaient leur carburant au prix du marché, ce qui a fait très mal à leurs finances.
Cette année, les prix ont diminué, et les compagnies américaines respirent. Mais les Européens et les Asiatiques, qui avaient signé de tels accords d'achat à prix fixe, continuent d'être ligotés par ces accords, ce qui va se refléter dans leurs résultats de 2009.
Selon l'organisation, le baril de pétrole devrait osciller autour de 60 USD cette année, ce qui se traduira par des dépenses totales de 142 milliards USD au chapitre du carburant. Cela représenterait une baisse de 33 milliards par rapport à 2008.
Le fret en chute libre
L'industrie est particulièrement inquiète de la situation du fret dans le transport. En décembre, les statistiques ont fait état d'une baisse de 22% entre décembre 2007 et décembre 2008. « Pour constater une baisse plus importante encore, il faut remonter aux années 30 », a dit M. Bisignani.
Déjà, les données du mois de janvier, qui seront dévoilées sous peu, sont « similaires » à celles de décembre. L'année 2009 dans son ensemble sera très négative, selon IATA.
L'élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis est, aux yeux de l'association, une bonne nouvelle, dans la mesure où le nouveau président compte mettre en avant un important programme de dépenses en infrastructures.
L'organisation espère que le plan de relance économique de l'administration Obama comprendra un volet portant sur l'industrie aérienne, où un certain nombre d'investissements doivent être faits si les États-Unis ne veulent pas accuser du retard par rapport aux autres pays.
« L'infrastructure se détériore rapidement, à commencer par le système de contrôle aérien, qui ne se compare à rien d'autre au monde. C'est maintenant l'occasion de reconstruire le système. »

















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