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10/02/2009

Ryanair espère bien profiter de la crise

Ryanair espère bien profiter de la crise

Michael O'Leary, le patron de Ryanair, est aussi intraitable avec ses fournisseurs constructeurs d'avions qu'avec ses clients. Seulement ici il ne s'agit pas de gratter quelques euros sur un billet, mais des millions d'euros sur un seul contrat. L'enjeu, une commande de quatre cents avions moyens courriers livrables à partir de 2013, se chiffrant à plus de deux milliards d'euros, si on se base sur le tarif catalogue d'Airbus et de Boeing pour un A320 ou un B737 coûtant environ 60 millions d'euros pièce.

C'est justement là que se situe la différence d'appréciation entre constructeurs et compagnie aérienne. Ryanair souhaite un rabais maximum qui semble sortir des pratiques commerciales de l'aéronautique. John Leahy, directeur commercial d'Airbus, vient d'affirmer : «il n'y avait pas de négociation avec Ryanair», ajoutant même pour prévenir toute ambigüité : «une telle campagne de vente serait trop longue et trop coûteuse».

Comme aux lendemains du 11 septembre
La tactique d'O'Leary pour obtenir le plus bas prix possible joue à la fois sur le contexte économique actuel et sur le mécanisme de la vente des avions. En cette période de vaches maigres, les carnets de commandes ne se remplissent guère et Ryanair veut tester jusqu'où les remises sont possibles. Certains spécialistes pensent que les constructeurs vont d'ailleurs continuer cette année le mouvement de baisse des tarifs entamé en 2008 par rapport à 2007.

O'Leary joue aussi sur la guerre Airbus - Boeing (lire article ici) et, en particulier, dans le domaine du moyen courrier, là où l'avionneur européen n'a pas la suprématie avec 49% de parts de marché.

Le deuxième levier de Ryanair réside dans l'échéancier de paiement des avions. A la commande, le montant à verser peut être de l'ordre de 5% du prix négocié. Et généralement, le solde à la livraison atteint 85% du total. Même en perte au 4e trimestre, Ryanair reste bénéficiaire pour l'ensemble de l'exercice et n'a donc pas de problème pour financer les modestes arrhes demandées par le constructeur à la signature du contrat. Et quand il faudra faire les gros chèques lors des livraisons à partir de 2013, la croissance sera revenue. On se retrouve d'ailleurs dans la même situation qu'il y a sept ans. La dernière grosse commande de Ryanair chez Boeing date de janvier 2002 où, au plus fort de la dépression créée par le 11 septembre précédent, le contrat portait sur 100 B737-800 et 50 options. Cet appareil est aujourd'hui l'unique type d'avion présent dans la flotte de Ryanair, ce qui permet des économies d'échelle importantes. Les 181 présents aujourd'hui atteindront 292 en 2012.

Les 315 Airbus d'easyJet
L'autre grande low-cost européenne, easyJet, passait en octobre 2002 une commande record de quelques 240 appareils A319 (120 livraisons fermes et 120 en option) auprès d'Airbus. Le premier appareil était livré un an plus tard, ce qui est très rapide, compte tenu d'une modification des issues de secours demandée par easyJet pour embarquer jusqu'à 156 passagers. Un avion était livré ensuite au rythme d'environ un tous les douze jours ouvrables. En novembre 2006, la commande se voyait étendue pour porter désormais sur 315 avions (192 commandes fermes et 123 en option).

Le prix payé par easyJet pour les A319 n'a également pas été publié, ni les autres clauses écrites ou non du contrat. Plusieurs experts pensent qu'un telle commande avec ses retombées en termes d'emploi pour l'industrie aéronautique européenne ne peut pas laisser indifférents les administrations de l'aviation civile et les aéroports sollicités par easyJet pour ouvrir des lignes.


Lire aussi : Ryanair souhaite profiter de la crise pour acheter 400 appareils 05-02-09

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