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27/01/2009

Le gouvernement prévoit 5 milliards d'euros pour soutenir les ventes d'Airbus

Le gouvernement prévoit 5 milliards d'euros pour soutenir les ventes d'Airbus

Afin de permettre aux compagnies aériennes d'honorer leurs commandes, la Société de refinancement de l'économie française (SFEF) va procéder à des émissions en dollars, ciblées sur les banques leaders dans le financement d'avions, en particulier Calyon (Crédit Agricole), BNP Paribas, Société Générale et Natixis.

Après l'automobile, l'aéronautique va bénéficier à son tour d'un coup de pouce de l'Etat. Face à la crise du crédit qui prive les compagnies aériennes de financements, le gouvernement prévoit d'injecter 7 milliards d'euros dans le circuit bancaire, via la Société de refinancement de l'économie française (SFEF), avec l'obligation pour les banques de les « flécher » sur des contrats à l'export à des taux compétitifs. Sur ces 7 milliards, 5 seront spécifiquement destinés à aider les clients d'Airbus et de sa maison mère EADS à honorer leurs commandes.

Le dispositif, encore en cours d'élaboration à Bercy, devrait se mettre en place rapidement. La SFEF, qui a été autorisée à émettre jusqu'à 10 milliards de dollars d'ici à fin avril, a déjà procédé jeudi dernier à une première émission de 6 milliards. Quatre banques seront les principales bénéficiaires du dispositif : Calyon (Crédit Agricole), BNP Paribas, Société Générale et Natixis, les principaux acteurs français en matière de financement d'avions.

Mais la liste n'est pas exhaustive. Cette initiative française pourrait être suivie par les autres Etats fondateurs d'Airbus (Allemagne, Royaume-Uni et Espagne) auprès d'autres établissements bancaires actifs sur le secteur aéronautique, comme DVB Bank, KfW et HSH Nordbank en Allemagne.

De quoi donner satisfaction aux dirigeants d'EADS et d'Airbus, qui avaient alerté les pouvoirs publics des risques de reports et d'annulations de commandes liés à la crise financière. « Les banques ne font pas leur job », lançait la semaine dernière encore Louis Gallois, président exécutif d'EADS. Au cours des quatre dernières années, Airbus comme Boeing ont en effet accumulé un nombre record de commandes : pas moins de 3715 appareils rien que pour Airbus, pour une valeur de 438 milliards de dollars. Mais, de l'aveu même du directeur commercial d'Airbus, John Leahy, environ 30 % du carnet de commandes d'Airbus serait menacé par l'incapacité des compagnies aériennes à se financer. « Nous luttons pour trouver des financements pour nos clients », a affirmé le patron d'Airbus, Thomas Enders, lors d'un forum économique à Ryad. Tout en rappelant que ses nouvelles commandes d'appareils risquaient de chuter de 50 à 60 % cette année.

La quasi-totalité des achats d'avions se fait à crédit, aucune compagnie n'ayant les moyens de régler cash des appareils dont le prix moyen avoisine 60 millions d'euros pour un moyen-courrier et 200 millions pour un long-courrier. En moyenne, 40 % du financement d'un achat d'avion proviennent ainsi des banques. Mais, selon Christian McCormick, directeur général de Natixis Transport Finance, les crédits bancaires devraient se réduire de moitié cette année, alors que les besoins n'ont jamais été aussi importants. En 2009, la valeur totale des quelque 900 livraisons prévues par Airbus et Boeing est estimée entre 65 et 73 milliards de dollars.

Eviter les « queues blanches »

Airbus et Boeing se sont déjà dits prêts à aider davantage leurs bons clients à boucler leurs financements. L'avionneur européen prévoit ainsi de porter de 1 à 2 milliards le montant total de ses prêts en 2009. Mais les deux avionneurs ne peuvent pour autant se substituer aux banques. D'où les appels aux pouvoirs publics afin de réinjecter des liquidités dans le système.

Cela suffira-t-il pour éviter les « queues blanches » (des avions sans propriétaire) ? Si la contribution des banques se réduisait à 20 % au lieu de 40 %, il manquerait une vingtaine de milliards de dollars rien que pour financer les commandes de 2009, dont la moitié pour Airbus.

Les 5 milliards d'euros de crédit semblent donc à la hauteur de la situation à court terme. Mais si la crise venait à durer, le pactole de l'Etat serait vite épuisé. Par ailleurs, les avionneurs n'éviteront pas pour autant des annulations de la part de compagnies en faillite.

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