27.01.2009
La crise donne des ailes aux low cost

Les grandes compagnies aériennes à bas coût européennes ont le vent en poupe en ces temps de morosité économique, défiant les grands transporteurs traditionnels, comme l'illustrent les dernières performances divergentes d'easyJet et d'Air France KLM.
easyJet et Ryanair ont la forme
La low-cost britannique a annoncé une envolée de 32% de son chiffre d'affaires entre octobre et décembre, avec un nombre de passagers en hausse de 10,1%. Sur la même période, le groupe franco-néerlandais est passé dans le rouge avec une perte d'exploitation importante.
"Les grandes low-costs, telles easyJet et Ryanair, profitent du fait que les passagers font désormais de plus en plus attention aux prix", observe une analyste sous couvert d'anonymat. Elles attirent le chaland à coups de promotion, tout en ouvrant de nouvelles lignes, parfois délaissées par les compagnies classiques.
Tel est le cas pour easyJet en Espagne et en Italie, deux marchés porteurs en Europe. "Ils se sont montrés très agressifs sur les prix et ont gagné des parts de marché", constate la même analyste.
La vague des sièges à 1 euro
D'autant qu'Alitalia, ancienne compagnie publique italienne dans laquelle Air France KLM vient de prendre une participation, avait réduit son offre pour limiter ses coûts très élevés, notamment à cause de sa flotte obsolète.
Coutumière des campagnes choc, Ryanair avait de son côté lancé une offre avant Noël, proposant durant 12 jours un million de sièges à partir d'un euro pour ses vols de janvier et février. En décembre, le nombre de ses passagers a progressé de 11%, celui de British Airways a reculé de 4,5%.
Pour contrer ces offensives sur les prix, Air France KLM a annoncé qu'elle baisserait ses tarifs dès le 3 février de 2 à 60 euros pour tout vol aller-retour dans l'Hexagone.
Le créneau hommes d'affaires
Les low-costs profitent également du souci d'économies des entreprises qui rognent sur les déplacements des hommes d'affaires. Ces passagers, plus lucratifs pour les compagnies aériennes que les touristes car ils sont prêts à payer plus cher, s'avèrent de plus en plus séduits par easyJet.
En outre, victime du ralentissement du commerce mondial, les transporteurs traditionnels voient leur activité cargo se réduire comme peau de chagrin. En décembre, mois traditionnellement dynamique à l'approche de Noël, le transport de marchandises et courrier de Lufthansa a chuté de 21,4%. Le trafic de British Airways pour le seul fret a dégringolé de 14,3%, celui d'Air France KLM de 20,4%.
Des déboires que ne connaissent pas les low-costs, puisque le fret ne fait pas partie de leurs activités. Présentes sur le moyen-courrier avec de petits avions, elles ne desservent pas les grandes routes commerciales reliant l'Europe à l'Asie ou l'Amérique.
Une forme peut-être éphémère
Elles profitent aussi d'un pétrole moins cher qu'avant car elles pratiquent très peu les "couvertures" sur le carburant (une compagnie achète le kérosène à un prix fixé à l'avance pour se prémunir des hausses), contrairement aux transporteurs traditionnels.
L'avenir reste cependant incertain pour tous.
easyJet a "maintenu sa prévision d'être bénéficiaire sur l'ensemble de son exercice" mais "aux taux de changes et prix de carburant actuels".
Air France KLM a dit vouloir dégager un résultat d'exploitation annuel positif "mais dont le niveau dépendra de la situation économique".
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