30.08.2008
Rome place Alitalia sous tutelle
Le gouvernement italien a nommé un commissaire extraordinaire chargé de gérer Alitalia, donnant de facto son accord à la mise sous tutelle de la compagnie aérienne comme celle-ci l'avait demandé hier vendredi à l'issue d'un conseil d'administration.
Le gouvernement de Silvio Berlusconi a nommé l'ancien ministre des Finances Augusto Fantozzi commissaire extraordinaire pour gérer Alitalia, peu après que la compagnie eut annoncé avoir demandé à être placée sous administration extraordinaire, comme le prévoit la législation sur les faillites.
Alitalia a précisé dans un communiqué avoir demandé à être déclarée insolvable et avoir déposé un recours en ce sens devant le tribunal de Rome. Cette procédure, qui était prévue dans le plan de sauvetage de la compagnie mis au point par la Banque Intesa Sanpaolo, doit permettre la relance d'une nouvelle compagnie débarrassée du poids de la dette de l'ancienne société.
M. Fantozzi devra se prononcer sur ce plan de sauvetage, qui prévoit, selon une source proche du dossier, la scission d'Alitalia et la création d'une nouvelle société regroupant les activités rentables, détenue par 16 actionnaires italiens prêts à mettre ensemble un milliard d'euros sur la table. Le gouvernement a adopté jeudi un décret-loi modifiant la loi sur les faillites afin de permettre le sauvetage de la compagnie italienne (voir articles précédents plus bas).
Le texte adopté par le gouvernement permet aussi à Alitalia de déroger à la loi antitrust et d'intégrer dans la nouvelle société assainie des actifs d'Air One, deuxième compagnie de la péninsule. Hier vendredi, le conseil d'aministration n'a pas approuvé les comptes semestriels d'Alitalia, contrairement à ce qui avait été annoncé, a indiqué un porte-parole.
Les pertes de la compagnie pour le premier semestre 2008 sont évaluées à 400 millions d'euros par les analystes, tandis qu'au premier trimestre, la compagnie avait enregistré une perte avant impôts de 215 millions d'euros. Selon un communiqué publié hier vendredi par Alitalia, la dette de la société s'élevait à 1,17 milliard d'euros au 31 juillet. Après avoir été soutenue à bout de bras par l'Etat pendant des années, Alitalia est arrivée en fin de vie. Elle ne survivait plus qu'à travers le soutien de l'Etat qui lui avait encore injecté en avril 300 millions d'euros.
Les syndicats représentant les salariés d'Alitalia ont été convoqués pour lundi par le gouvernement pour examiner l'épineuse question des suppressions d'emplois, qui devraient s'élever à 7.000 postes, selon la presse italienne.
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