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08/08/2008

Pourquoi Ryanair et easyJet devraient survivreà la flambée du prix du pétrole

Le prix du pétrole entraîne dans son sillage une vague de faillites dans le secteur aérien, et seules les compagnies de premier rang survivront. Dans la bouche du patron de la low cost easyJet, cette déclaration n'est pas faite sans appui pertinent. IATA, l'organisation internationale qui regroupe 94 % du trafic mondial, ne dit pas autre chose. Avec un pétrole monté au-dessus des 140 dollars, il est clair que le secteur aéronautique est entré dans un territoire inconnu. Ce qui est une manière polie de dire que l'industrie aéronautique n'est pas configurée pour résister durablement à un pétrole à plus de 100 dollars.

La mécanique infernale est hélas connue et archiconnue. En effet, la hausse du pétrole détériore les coûts, ce qui signifie que les prix des billets augmentent, provoquant du même coup une baisse de la demande, qui elle-même entraîne une chute du taux de remplissage, ce qui aggrave encore plus les coûts. Si l'on ajoute à cela le fait que beaucoup de compagnies aériennes font voler des avions anciens, donc très énergivores, la suite est, hélas, assez prévisible. En six mois, le résultat ne s'est d'ailleurs pas fait attendre : plusieurs dizaines de compagnies de par le monde ont mis la clé sous le paillasson.

Reste à connaître le nom des survivants. Selon le patron d'easyJet, ils sont déjà connus : British Airways, Air France-KLM, Lufthansa, Ryanair et easyJet. Le plus étonnant dans ce classement, c'est d'y voir deux compagnies à bas prix. On aurait pu se dire que le pétrole les frapperait aussi durement que les autres (ou même davantage !) car ces compagnies ne peuvent répercuter ce coût sur les billets d'avion, puisqu'en agissant ainsi, elles perdraient leur seul avantage, leur unique raison d'être.

Ce n'est pas aussi simple que cela, à en croire le patron d'easyJet. Selon lui, Ryanair et sa propre compagnie peuvent figurer parmi les survivants pour au moins trois raisons. Primo, elles ont des trajets de faible durée. Secundo, elles exploitent mieux leur capacité (traduction : elles remplissent mieux leurs avions). Et Tertio, comme elles disposent d'une flotte plus jeune et donc plus à la pointe, elles consomment moins de kérosène que les compagnies traditionnelles. Ceci dit, ce n'est pas toujours vrai. Ryanair, par exemple, a annoncé qu'elle augmenterait sans doute ses billets de 5 %. Elle peut néanmoins se le permettre, car les compagnies traditionnelles ont elles aussi revu leurs billets à la hausse.

Pendant ce temps, devinez quoi ? En Belgique, on a appris que le patron de Brussels Airlines a rendu son tablier parce qu'il ne s'entendait plus avec le président de son conseil d'administration. Le pire, c'est que c'est le deuxième patron qui s'en va pour la même raison. A croire qu'en Belgique, on a le chic de s'entredéchirer pendant que le reste du monde bouge !

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