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03/07/2008

Prédiction au doigt mouillé du CEO de Ryanair : le pétrole à 100 dollars

michaeloleary
 

Michael O'Leary, bouillant patron de Ryanair, prédit que le pétrole, après un pic à court terme, redescendra sous les 100 dollars d'ici 12 à 18 mois. Comme preuve de cette anticipation : rien du tout... Si ce n'est un optimisme effréné, dû en partie à la croyance que ce qui est mauvais pour ses concurrents est forcément bon pour lui. En tout cas, 100 dollars semble aussi un prix correct pour le Koweït !

Michael O'Leary, CEO de Ryanair, s'essaie à la prédiction au doigt mouillé : «A court terme, les prix du pétrole peuvent encore augmenter, à 140 ou 150 dollars le baril, a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse à Francfort. A moyen terme cependant, dans les 12 à 18 mois, je pense qu'ils redescendront sous la barre des 100 dollars.» Tout en prévenant : «Attention, je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, pas plus que quiconque !»

La réaction ne s'est pas fait attendre : «Il est inconcevable que le prix du pétrole retrouve les niveaux dont parle Michael O'Leary, assène Howard Wheeldon, analyste chez BGC Partners à Londres, interrogé par Bloomberg. Nous pouvons certes atteindre un pic temporaire vers 150 ou 160 dollars le baril, puis redescendre quelque peu, mais l'or noir a entamé une progression vers le haut que nous ne pourrons pas stopper à court ou long terme.»

Faut-il croire le patron de la compagnie low-cost par excellence ? Ryanair a vu ses marges rognées par la flambée de l'or noir. En outre, elle n'est que très peu protégée contre une poursuite de la hausse du baril durant l'année fiscale prenant fin en mai 2009. Michael O'Leary a ainsi refusé de prendre ses précautions en février dernier. Le pétrole pointait alors à 90 dollars : le patron de Ryanair préférait attendre un baril sous les 80 dollars. Le mois dernier, rebelote : le CEO a annoncé qu'il attendrait que l'or noir retrouve une certaine modestie, chiffrée cette fois à moins de 100 dollars.

En outre, le cours de Bourse de la low-cost irlandaise a dévissé de 31 % depuis le début de l'année, valorisant celle-ci à moins de 5 milliards d'euros. Par comparaison, le Bloomberg European Airline Index a chuté de 23 % durant la même période.

Les trois secrets de Ryanair pour survivre à la flambée du pétrole
Comment, dès lors, expliquer l'optimisme de Michael O'Leary ? A ses yeux, ce qui est mauvais pour ses concurrents est forcément bon pour Ryanair. Le CEO a ainsi prédit une vague de faillites de compagnies aériennes si le pétrole continue sa course à la hausse. Ce qui fait autant de touristes aériens qui emprunteront ses lignes... Ryanair poursuit donc l'objectif de doubler son nombre de clients (tout comme ses revenus) d'ici 2012. Parmi les victimes aériennes du pétrole fort : Alitalia et Air Berlin, selon Michael O'Leary.

Cet avis rejoint parfaitement celui de Stelios Haji-Ioannou, fondateur d'EasyJet. Selon ce dernier, cinq compagnies seulement survivront à la tourmente actuelle : British Airways, Air France-KLM, Lufthansa, Ryanair et... easyJet bien sûr. Les deux low-cost disposent de trois atouts principaux dans cette guerre : elles opèrent sur de courtes distances, elles remplissent mieux leurs avions, et leurs appareils sont plus récents (donc moins gourmands en carburant).

Le Koweït souffre lui aussi, mais à cause d'une inflation galopante
Ceci dit, les compagnies aériennes ne sont évidemment pas les seules à souffrir de l'envolée du pétrole. Les pays exportateurs de pétrole ne sont pas à l'abri de contrecoups. Ainsi, Mustafa Al-Shimali, ministre des Finances du Koweït, partage le chiffre de Michael O'Leary et estime qu'un baril à plus de 100 dollars est trop élevé et stimule l'inflation.

Un prix raisonnable pour le pétrole «serait donc de plus ou moins 100 dollars, a-t-il affirmé à Bloomberg. J'aimerais voir ces prix baisser et, parallèlement, ceux des biens que nous importons.» L'inflation koweïtienne s'est accélérée, atteignant un record à 10,1 % en février. L'inflation a d'ailleurs dépassé 10 % dans cinq des six Etats du golfe Persique, parmi lesquels l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.

Les «puissances capitalistes» responsables du pétrole cher, selon Ahmadinejad
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole n'a officiellement pas fixé d'objectif de prix pour le brut, bien que nombre de ses membres aient individuellement déplorés les tarifs actuels.

Il faut dire que ses membres ne partagent pas forcément la même vision des causes de la crise. Mahmoud Ahmadinejad a ainsi accusé, mardi, les puissances capitalistes de maintenir des prix artificiellement élevés. «La hausse de la consommation est inférieure à celle de la production, a-t-il déclaré lors de la réunion du Fonds Opep pour le développement international. Le marché est bien fourni mais les prix augmentent et cette situation est artificielle et imposée» par des puissances.

«Certains, pour des objectifs politiques et économiques, contrôlent le prix de manière artificielle. Certaines puissances capitalistes» tirent artificiellement à la hausse les prix du pétrole pour «assurer les coûts de leurs guerres et occupations ou pour justifier les investissements pour l'exploitation de nouvelles sources d'énergie au fond des océans, aux pôles et ailleurs». Il n'a toutefois pas précisé qui il visait par ces accusations...

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