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18/03/2008

La chute du dollars contraint les constructeurs aéronautiques à envisager la poursuite des délocalisations

Avec un euro qui frôle 1,60 dollar, les gains de productivité et les couvertures de changes ne sont plus suffisants. Les carnets de commande records devraient permettre d'éviter la fermetures d'usines.  

La chute de la devise américaine face à l'euro inquiète de plus en plus l'industrie aéronautique française et européenne, qui va augmenter sa production en zone dollar ou dans les pays à bas coûts pour maintenir sa compétitivité. "Le niveau du dollar menace notre rentabilité et notre capacité à autofinancer la recherche et le développement", a prévenu mardi Charles Edelstenne, qui préside le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas). "Nous sommes désarmés" face à la baisse du billet vert, a-t-il dit, ajoutant que "les délocalisations" vers des pays en zone dollar ou à bas coûts "constituent la seule arme, à laquelle nous allons être contraints de plus en plus d'avoir recours".

Avec un euro qui frôle 1,60 dollar, les gains de productivité et les couvertures de changes ne sont plus suffisants, argumente M. Edelstenne. Certaines entreprises du secteur pourraient même faire faillite à ce niveau, selon lui, malgré des commandes qui atteignent un niveau record en 2007 (57,5 milliards d'euros). M. Edelstenne, qui est également PDG de Dassault Aviation, avait déjà prévenu en février qu'il souhaitait augmenter l'externalisation de la fabrication des avions d'affaires Falcon.

Les entreprises du secteur supportent une partie de leurs coûts en euros et facturent essentiellement leurs produits en dollars, qui reste la devise de référence dans l'aéronautique. Leur situation devient plus difficile, alors que l'euro a atteint presque chaque jour un nouveau pic historique (actuellement près de 1,60 dollars). En décembre, Charles Edelstenne avait déjà emboîté le pas du président exécutif d'EADS Louis Gallois, qui affirmait que le niveau du dollar était son "principal problème" et que s'installer en zone dollar devenait "le seul moyen".

Louis Gallois ne cesse de répéter que chaque fois que le dollar recule de 10 centimes, EADS perd plus d'un milliard d'euros. Alors que Power8, le plan de restructuration de sa filiale Airbus - qui prévoit des suppressions d'emplois et des cessions de sites - avait été conçu sur la base d'un euro pour 1,35 dollar, un tour de vis supplémentaire doit être annoncé dans les prochaines semaines.

EADS s'est aussi engagé vers plus de délocalisation de sa production. Le groupe européen va profiter du contrat de 179 ravitailleurs de l'armée de l'air américaine pour installer une chaîne d'assemblage d'avions civils aux Etats-Unis: ses Airbus A330 cargo seront désormais aussi assemblés à Mobile (Alabama). Airbus compte également payer le plus possible de ses sous-traitants en dollars, et notamment ceux travaillant sur son futur long-courrier Airbus A350 XWB, afin de partager le risque de change.

L'un d'eux, la société toulousaine Latécoère, qui doit reprendre les usines Airbus de Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire-ville (Loire-Atlantique), va créer une filiale à bas coût au Maroc ou en Tunisie pour construire des pièces simples. Il y emploiera 1.000 personnes.

Pour l'instant, les industriels assurent que ces délocalisations ne se traduiront pas par des fermetures d'usines et des licenciements en France, grâce à des carnets de commandes bien remplis. "Nous espérons que ça va continuer" à se passer "sans douleur", a dit aujourd'hui Charles Edelstenne.

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