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13/03/2008

Boeing joue les mauvais perdants

Boeing joue les mauvais perdants
Boeing a porté plainte contre la décision du Pentagone d'octroyer à EADS/Northrop Grumman un énorme contrat pour des avions ravitailleurs de l'armée américaine. Un recours de Boeing devant la Cour des comptes américaine pourrait entraîner la suspension du contrat.

Le constructeur aéronautique Boeing a formellement déposé mardi un recours auprès de la Cour des comptes américaine, contestant l'attribution au tandem rival EADS/Northrop Grumman de l'énorme contrat des avions ravitailleurs passé par l'armée de l'Air américaine.

Le recours se base "sur des irrégularités dans le déroulement de la compétition et dans l'évaluation des offres concurrentes", a indiqué Boeing dans un communiqué.

L'avionneur américain a effectué cette démarche auprès du Government Accountability Office (GAO), l'organisme compétent pour étudier les plaintes d'entreprises évincées de marchés publics.

Un contrat de 35 milliards de dollars
Boeing proteste contre les raisons pour lesquelles l'armée de l'air américaine (US Air Force) a préféré l'offre rivale d'EADS et Northrop pour fournir 179 avions ravitailleurs, l'un des plus gros contrats octroyés par l'armée ces dernières années, évalué à 35 milliards de dollars.

Boeing, qui avait vendu les précédents ravitailleurs de l'US Air Force, était donné favori. Son échec a été "une totale surprise" pour le groupe et a provoqué un tollé à Washington au nom de la préférence nationale face à l'européen EADS, même si ce dernier est allié à un américain, Northrop.

"C'est le droit de la compagnie (Boeing) de déposer formellement une protestation", a indiqué l'armée de l'Air dans un communiqué. "L'Air Force évaluera ce recours avec attention, nous défendrons notre décision et laisserons le GAO prendre sa décision finale", a écrit l'armée de l'Air, se refusant à commenter les dossiers en cours d'examen.

Le GAO a pour sa part confirmé, dans un communiqué, avoir reçu le recours de Boeing et indiqué disposer de 100 jours, d'ici au 19 juin, pour se prononcer. La cour doit remettre un avis consultatif à l'armée américaine, qui tranchera in fine sur le sujet.

"Nous aimerions beaucoup que cette décision soit cassée", a déclaré Mark McGraw, le responsable du programme des avions ravitailleurs de Boeing, lors d'une conférence téléphonique. Mais "ce que nous voulons avant tout, c'est de la clarté sur le processus de décision, et comprendre ce qui a été fait".

Boeing soutenu par des membres du Congrès
Interrogée sur l'intention de Boeing de remettre en jeu l'appel d'offres et sur l'éventualité de présenter un autre appareil que le 767 proposé initialement, la direction est restée évasive. L'A330 du consortium rival a une plus grosse capacité d'emport, ce qui ne correspond pas à la requête initiale de l'armée "pour un ravitailleur de taille moyenne", accuse Boeing.

Pour Richard Safran, analyste chez Goldman Sachs, l'affaire pourrait bien s'éterniser au delà des 100 jours d'examen du GAO. "Si le GAO soutient la plainte de Boeing, l'armée sera amenée à revoir le contrat, voire relancer la compétition, repoussant de 9 à 18 mois l'attribution du contrat", écrit-il dans une note.

Le dépôt du recours s'est accompagné d'un regain de polémique à Washington, où des membres du Congrès ont abondé dans le sens de Boeing pour reprocher à l'armée de l'Air des conditions biaisées d'attribution.

Norman Dicks, représentant démocrate de l'Etat de Washington (nord-ouest), où sont situées les chaînes d'assemblage de Boeing, a accusé l'US Air Force d'avoir changé les critères de la compétition en cours de route.

"Ces changements ont été opérés pour favoriser Airbus, pour qu'il puisse concourir. Boeing a écrit à l'Air Force et a dit: si vous voulez un plus gros ravitailleur, laissez-nous concourir avec le 777, mais il en a été découragé, c'est pour cela que nous nous sentons maltraités dans cette affaire", a-t-il accusé.

Ce contrat avait été initialement attribué à Boeing en 2003 puis annulé après l'éclatement d'un scandale de corruption autour de son attribution. Des responsables de Boeing et de l'armée de l'air avaient été condamnés à des peines de prison, et le PDG de l'époque avait démissionné.

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