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05/03/2008

Deuxième tranche du contrat sans doute pour Boeing

Deuxième tranche du contrat sans doute pour Boeing

Boeing pourrait décrocher la deuxième tranche du contrat auprès de l'armée américaine.

Détails d'un analyste financier sur le secteur aéronautique et le transport aérien des perspectives pour EADS et Boeing après l'attribution du contrat de ravitaillement de l'armée américaine à Airbus.

Le titre EADS a bondi de 9% hier à la Bourse de Paris. Que pensent les investisseurs de ce contrat pour l'avionneur européen ?
Yan Derocles Chez Oddo, nous étions négatifs sur le titre EADS. Mais après l'annonce de l'armée américaine vendredi, nous sommes repassés au premier grade positif. Ce contrat offre en effet une opportunité unique à EADS pour accélérer la dollarisation de son activité. La production en dollars est devenue nécessaire pour la réduction des coûts du groupe, compte-tenu de la force de la monnaie européenne face au billet vert. Mais avant l'attribution du contrat de ravitaillement, on voyait mal comment l'avionneur européen allait pouvoir la mettre en pratique. Comme les gouvernements français et allemands financent ses efforts de recherche et développement, il ne peut pas délocaliser. EADS trouve dans ce contrat l'occasion de faire produire ses appareils de type A 330 tanker et cargo aux Etats-Unis. La seule phase d'assemblage représente 10% des coûts de production d'un appareil. Et je pense que la version passagers de ce modèle sera également produite ainsi à terme.

Dans quelle mesure l'avionneur européen peut-il profiter d'un effet de réputation grâce à ce contrat ?
Il est certain que la confiance du Pentagone renforce l'image d'EADS. Surtout, la notoriété du groupe aéronautique aux Etats-Unis va se répandre. Jusqu'alors, seule sa filiale Airbus est véritablement identifiée sur ce marché. Eurocopter a engrangé quelques commandes outre-Atlantique, mais seulement pour des appareils légers et pour les gardes-côtes. Avec ce contrat d'avions ravitailleurs, EADS se positionne donc sur le marché militaire américain. Ce marché a connu son pic de croissance, et son ralentissement est à prévoir. Mais le budget américain pour la défense reste le premier mondial, avec 515 milliards de dollars. Troisième plus gros budget pour la Défense, la France en consacre 50 milliards. Les crédits alloués par les Etats-Unis représentent la moitié de la dotation mondiale pour les dépenses militaires. Une part de ce gâteau, même réduite, ne doit pas être négligée.

De son côté, Boeing va-t-il souffrir de ce contrat manqué ?
Pour Boeing, ce n'est qu'un contrat parmi d'autres. Le groupe américain comptait sur cette commande de l'armée pour continuer de faire tourner les lignes de productions de son 767, en fin de vie, avec seulement 51 appareils inscrit au carnet de commandes. Il va donc probablement devoir gérer les coûts de fermeture des chaînes d'assemblage de ce modèle. Mais les effectifs devraient être redirigés pour accroître la cadence de production sur le 787. Aucun avion de ce type ne sort des usines actuellement, mais d'ici à trois ans, Boeing prévoit de fabriquer chaque année environ 120 appareils. La commande de tanker représente un effet volume limité de 18 A330 par an. Lorsque l'américain aura trouvé son rythme de croisière, il sera plus productif que son rival. Je pense qu'alors, Boeing obtiendra la deuxième tranche du contrat de l'armée américaine, qui ne devrait pas se contenter d'un unique fournisseur. Si un problème est identifié sur un des A 330 livrés par Airbus, l'ensemble des appareils du même type seraient cloués au sol pour vérification. Et l'armée serait alors paralysée, ce qui est impensable pour les Etats-Unis.

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