07.01.2008
Comment fonctionne un pilote automatique ?

Chacun le sait, un pilote automatique (PA) permet à l'homme de lâcher totalement les commandes pour se consacrer à autre chose qu'à la tenue de l'avion. L'époque est heureusement révolue où les navigants devaient garder les yeux rivés sur l'horizon artificiel et où il ne leur était pas possible de lâcher le manche une seule seconde. Cette époque n'est pas si éloignée. Dans les années 60, les Constellations étaient équipés de pilotes automatiques qui ne supportaient pas la turbulence. Dès que l'air était agité, les pilotes devaient reprendre l'avion "à la main". Ainsi, lors des longues traversées transatlantiques, il leur arrivait de passer de longues heures aux commandes pour tenir leur machine. C'était épuisant et dangereux, surtout la nuit, car à la moindre faute d'innatention, l'avion pouvait se retrouver dans une position incontrôlable. Aujourd'hui, les navigants ne pilotent pratiquement jamais "à la main". Ils utilisent leur temps pour calculer, contacter le contrôle aérien, discuter ou se restaurer tout en surveillant tranquillement ce que fait la machine. 
Pilote automatique standard d'un Airbus 320.
Suivant le type d'appareil il existe un très grand nombre de modèles de pilotes automatiques dont les performances varient suivant le prix que la compagnie paye. Car un auto-pilot diffère suivant le type de machine sur lequel on l'installe. Cela va du système basique d'un petit avion de tourisme qui garde les ailes à l'horizontale, jusqu'aux PA ultrasophistiqués des avions de ligne d'aujourd'hui. Ces derniers savent absolument tout faire. En fait, les dernières générations de PA peuvent remplacer l'homme en toute circonstances. Ils maintiennent la vitesse, l'altitude, le taux de descente, ils savent rejoindre une balise, garder des dizaines de routes en mémoire, mettre l'avion en attente, ... En fait, ils peuvent exécuter le vol dans sa totalité depuis le décollage jusqu'à l'arrivée. Les PA que l'on trouve aujourd'hui sur un Airbus sont tellement perfectionnés qu'ils peuvent même faire atterrir l'avion et freiner tout seuls sur la piste. La vérité est qu'ils sont nettement plus performants que l'homme car ils pilotent l'avion avec une plus grande précision. Cette qualité est d'ailleurs à l'origine d'une diminution importante de la consommation du carburant : les pilotes automatiques ne donnent pas de coups de gaz inutiles, ils suivent des trajectoires parfaites et leur taux de descente est constant... Tous ces éléments représentent autant de milliers de litres de kérozène qui ne sont pas brûlés inutilement. Les experts estiment que pour une même tâche, un pilote automatique de qualité consomme jusqu'à 10% de moins qu'un homme parfaitement entraîné.
Pour exécuter ces tâches, les PA gèrent toutes les commandes de vol : la profondeur, les ailerons, la direction, et ce n'est pas tout, ils agissent aussi sur de nombreux autres systèmes et en particuliers sur la puissance délivrée par les réacteurs. C'est la raison pour laquelle, dans un avion de ligne équipé d'un bon pilote automatique, on voit les manettes des gaz bouger sans que l'homme n'ai jamais à intervenir. L'intervention du pilote sur les manettes des gaz est devenue si rare qu'un grand constructeur comme Airbus a sérieusement envisagé de les supprimer. Mais pour des raisons psychologiques, elles ont été conservées jusqu'à aujourd'hui. Cependant, leurs deux positions se limitent à "marche" et "arrêt" et elles ne sont plus jamais utilisées en croisière.
D'ailleurs, les passagers qui visitent un cockpit sont souvent étonnés de voir les grosses poignées grises se déplacer toutes seules sur la console centrale. Ainsi, par exemple, lorsque l'avion doit diminuer sa vitesse tout en gardant son altitude, le nez va se cabrer et les manettes des gaz vont revenir doucement en arrière pour diminuer la poussée des réacteurs.

















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