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30/09/2007

Minimum Equipment List (MEL)

Que sont les turbulences
 

Mon père m'a scanné mes bulletins de la terminale et me les a envoyés par mail. Au premier trimestre, j'avais 9.5 en math, 6.5 en bio, et 8.5 en physique. Ces notes sont toutes sur 20. Parmi les commentaires on peut lire "très insuffisants", "résultats irréguliers" et "travail fragile". Pour les 2e et 3e trimestres, ce n'était guère mieux. J'étais en légère baisse avec un 9/20 en math, des légers progrès en bio avec un minable 7.5. ("De petits progrès. A poursuivre"). En physique, je n'ai jamais pu dépasser les 9.5.

J'ai miraculeusement décroché le bac avec un 11, j'ai loupé mes partielles en fac d'éco, et je suis parti au service militaire à l'âge de 19 ans.

Je rêvais d'être pilote de ligne, mais pour avoir la moindre chance à la visite du PL, la myopie était limitée à -3.0 dioptries. J'avais -7.0, sans espoir d'amélioration, car ça faisait depuis l'âge de 15 ans que je portais des lentilles de contact.

Il est 16h40 et je suis maintenant assis en place droite d'un 767 américain, garé à la porte 210 de l'aéroport de Los Angeles. Il fait 23 degrés, le soleil commence à s'abaisser sur le Pacifique, et je pianote sur l'un des deux FMS devant moi. Je rentre les vents donnés par le plan de vol. On aura des vents arrière de plus de 80kt sur l'Atlantique, donc notre temps de vol ne sera que 9:30 ce soir.

Lors de la préparation, on revoit non seulement le plan de vol en détail, les vents, et notre conso d'essence, mais aussi la MEL. MEL ou "minimum equipment list" et la liste des équipements dont il est permis qu'ils soient hors de fonctionnement pour notre type d'avion et de vol. Si le fonctionnement d'un équipement n'est pas indispensable à la sécurité du vol, la MEL permet à la compagnie de repousser sa réparation. On appelle ça un "deferred maintenance item" ou DMI. La MEL liste ces DMI et fait plus de 500 pages pour le 767.

Aujourd'hui on n'a pas moins de 7 "items" qui sont "Inop". Certains sont associés à la cabine, comme le siège au 4C qui ne se rabaisse pas, ou le plateau au 16J qui est cassé. Il y a aussi des objets associés à l'opération de l'avion. Une fuite hydraulique du frein numéro 4 a été découverte pendant la prévol. Le mécano a arrête la fuite, par contre le frein numéro 4 sera mis en drapeau jusqu'à son changement à Londres.

On doit donc vérifier nos données de performance pour connaître notre masse maxi en cas d'interruption de décollage avec un frein en moins. Selon la MEL, on garde quand même les propriétés anti-skid et auto-brakes. Par contre, on doit, après décollage, garder le train sorti pendant une durée de deux minutes pour être sûr que les roues sont arrêtées avant leur rétraction. On décollera à 135 noeuds vers l'Ouest, au dessus du Pacifique, et on fera un 180 pour repartir vers l'Est, verticale LAX puis Las Vegas avant de remonter le pays.

On découvre un autre DMI ou "deferred maintenance item" sur le carnet de bord de l'avion : A cause d'un mauvais fonctionnement d'une indication de Reverses, les mécanos viennent de désactiver le reverse moteur gauche. On consulte encore la MEL pour vérifier notre impact opérationnel. Comme je suis le pilote en fonction, j'écris aussi sur mon bloc-notes devant moi "RIGHT REV ONLY!!". Je veux être sûr de ne pas oublier de contrer l'effet aérodynamique lors de mon posé à Londres--après une longue traversée de l'Atlantique. Si tu n'appuies pas sur le bon palonnier lors du déploiement de la reverse droite, tu finiras dans le gazon.

Aujourd'hui ces histoires de MEL m'ont fait un peu penser à ma vie et à mon parcours aéronautique depuis mes années lycée. J'ai l'impression que j'avais moi-même plein de "Deferred Maintenance Items" comme une mauvaise vue qui me disqualifiait à la visite du PL en France, ou des mauvaises notes qui m'empêchaient de rentrer dans de bonnes écoles.

J'ai dû donc écrire ma propre MEL, et faire quelques changements opérationnels : apprendre l'anglais, quitter mon pays, et bosser des qualifs de type dans une langue qui n'était pas la mienne. Mon histoire n'est pas unique, et pendant ma carrière j'ai eu l'honneur de rencontrer beaucoup de pilotes qui avaient une ténacité incroyable malgré leur propre "DMI".

Le 3e pilote aujourd'hui s'appelle Chad. Il n'a que 36 ans, mais il est chauve, son visage brûlé à cause d'un crash dans un avion expérimental. Tu peux voir les cicatrices tout autour de son crâne. Son nez et ses lèvres sont déformés. Son pote dans l'avion n'a pas eu autant de chance, car cet accident lui a coûté la vie. Et Chad, au lieu de se trouver une profession moins dangereuse, a reconstruit l'avion pièce par pièce et l'a repiloté, cette fois-ci avec succès.

On doit tous écrire notre MEL. L'essentiel c'est de ne jamais laisser tomber; l'essentiel c'est de continuer même si des docteurs ou des professeurs te disent que tu ne peux pas--ou que le dernier avion que tu as piloté t'a brûlé au 3e degré.

Lorsque mon père m'a envoyé mes bulletins scolaires, il a également envoyé mes résultats du Bac.

J'avais reçu un 6/20 en français.

Et je n'ai jamais arrêté d'écrire.

29/09/2007

Concorde : l’événement toulousain

Concorde, l’événement toulousain
 

Les amoureux de Concorde ont rendez vous jusqu’au 1er octobre à la Halle aux grains de Toulouse. Une vente aux enchères exceptionnelle aura lieu pendant quatre jours pour répartir les 835 lots de pièces de rechange de Concorde.

Les estimations annoncées oscillent entre 20 euros et 3000 euros pour des pièces qui pourront contenter tous les passionnés. Roulette de queue, manettes de poussée moteur, phare d’atterrissage ou encore train avant ne sont que quelques exemples proposés et qui trouveront acquéreur au cours de ces quatre journées. Les machmètres sont les pièces maîtresses de cette vente, ils symbolisent à eux seuls Concorde et l’émerveillement engendré par le supersonique européen.

Hormis des pièces, sont également proposés à la vente des maquettes et des photographies de l’appareil, pour les acquéreurs moins intéressés par les pièces mécaniques. Du matériel présent dans l’avion comme des maques à oxygène, des ceintures de passagers ou des casques d’équipages complètent la vente.

Les fonds récoltés par cette vente permettront à l’association Aérotèque de financer Aéroscopia un vaste projet de parc de découverte aéronautique qui verra le jour en région toulousaine en 2010.

28/09/2007

Boeing regarde vers l’Amérique Latine

Boeing regarde vers l’Amérique Latine
 

L’Amérique Latine semble prometteuse pour les constructeurs. Boeing a publié ses prévisions pour le marché latino-américain le 26 septembre : la région pourrait avoir besoin de 1 730 appareils neufs d’ici 2025, ce qui représente une valeur de 120 milliards de dollars.

Selon les prévisions du constructeur américain, le trafic aérien va augmenter de 6,6% sur les vingt prochaines années, ce qui le place bien au-dessus de la croissance moyenne mondiale de 5%. C’est le second marché le plus dynamique après la Chine.

En revanche, les livraisons en Amérique Latine ne devraient représenter que 4% de la valeur des livraisons mondiales d’ici 2025. Elle aura en effet principalement besoin de monocouloirs : ils représenteront 80% de ses commandes. 12% concerneront des appareils de grande capacité, hors Jumbo Jets, et 8% des jets régionaux. Les B747 et Airbus A380 ne représenteront même pas 1% des acquisitions.

Si les prévisions de Boeing s’avèrent juste, les compagnies aériennes de la région devraient exploiter une flotte de 2 420 appareils en 2026. Le constructeur estimant la flotte mondiale à 28 600 appareils à cette date, cela en représentera donc 8,46%.

27/09/2007

Le Superjet 100 de Sukhoi fait son roll-out

Le Superjet 100 de Sukhoi fait son roll-out (2)
 

Il est le premier appareil entièrement nouveau conçu et développé en Russie depuis la chute de l’URSS et il a fait sa première apparition publique le 26 septembre. Le Superjet 100 a été présenté au monde depuis son hangar d’assemblage à Komsomolsk-sur-l’Amour sous les yeux de Serguei Ivanov et de représentants de tous les partenaires du programme. Egalement connu sous le nom de RRJ, l’appareil russe régional de Sukhoi devrait effectuer son premier vol avant la fin de l’année.

Le Superjet 100 est en effet fin prêt, équipé des systèmes de base et des équipements du cockpit. L’installation de toute l’avionique est en passe d’aboutir. Il pourrait entamer le programme d’essais en vol dans les deux mois à venir, dès que l’institut central d’aérohydrodynamique (TsAGI) aura terminé les tests statiques. La première livraison est prévue pour la fin de l’année 2008 à Aeroflot.

Il existera deux modèles de Superjet, qui seront également disponibles dans une version au rayon d’action allongé. Le premier peut transporter 75 passagers en configuration monoclasse sur 2 900km, ou jusqu’à 4 550km pour la version LR. 95 passagers peuvent embarquer dans le second modèle et parcourir entre 2 950 et 4 420km. Les deux types de Superjet auront 95% de leur structure et de leur équipements en commun : aucune formation ne sera donc nécessaire pour faire passer les pilotes de l’un à l’autre.

Le Superjet 100 de Sukhoi fait son roll-out


Le roll-out du RRJ a été l’occasion pour Sukhoi de remercier ses nombreux partenaires étrangers, notamment la France et l’Italie. Les deux pays ont en effet grandement collaboré au programme. Alenia Aeronautica a été le plus important partenaire du constructeur russe : elle y a pris des parts (25% plus une action) de Sukhoi Civil Aircraft et créé un joint-venture avec lui, Superjet International, chargé de vendre l’appareil en Occident (Europe, Afrique, Amériques et Japon) et de fournir le support. En France, Snecma Moteurs a créé un joint-venture avec NPO Saturn, Powerjet, pour concevoir les réacteurs SaM146 qui équipent l’appareil. Ils fournissent entre 14 000 et 17 500 livres de poussée et devraient être certifiés dans le courant de l’année 2008.

Le Superjet a à ce jour recueilli 73 commandes fermes et 39 options, la plupart concernant la version à 95 passagers de l’appareil. Sukhoi estime que le programme sera rentabilisé au bout de trois cents commandes.

Airbus ménage le suspense pour la reprise de ses sites

Airbus logo
 

Annoncée en février et lancée officiellement au mois de mai par Airbus, la recherche conjointe de partenaires pour ses sites industriels dans le cadre du programme du futur A350XWB suit son cours.

Onze postulants se sont fait connaître auprès de l’avionneur européen. Tom Enders a annoncé le 24 septembre que cinq sociétés étaient désormais retenues. GKN, Latécoère, Spirit, Voith et MT Aerospace sont candidats pour débuter un partenariat.

Ce partenariat vise à s’associer à Airbus pour les investissements, les risques et bénéficier des avantages qui découleront de ce programme. Le plan inclus également la participation à d’autres programmes Airbus, actuels ou avenirs.

Les six sites proposés à la reprise sont Méaulte et Saint-Nazaire en France, Nordenham, Laupheim et Varel en Allemagne et Filton au Royaume-Uni. Au cours de l’été, le site d’Augsbourg avait été nommé comme pouvant être ajouté, lui aussi, à la liste. Airbus précise, qu’à ce jour, la décision n’est pas encore prise, mais devrait l’être prochainement.

L’avionneur souhaite développer des partenariats à long terme mais ne veut pas pour autant transiger et « est attaché à la réalisation de l’ensemble de ses objectifs stratégiques et commerciaux » précise Tom Enders. Il n’a indiqué aucune date précise pour l’annonce des repreneurs, préférant prendre des décisions une fois que tous les accords seront finalisés.

British Airways commande 12 Airbus A380 et 24 Boeing 787

British Airways commande 12 Airbus A380 et 24 Boeing 787
 

La compagnie aérienne britannique British Airways (BA) a annoncé jeudi la commande de 12 Airbus A380 et de 24 Boeing 787 avec des options sur 7 Airbus A380 et 18 Boeing 787 supplémentaires, qui seront tous équipés de moteurs Rolls Royce.

Au prix catalogue, les avions en commande ferme et leurs moteurs représentent 8,2 milliards de dollars, a précisé BA. C'est la première fois qu'Airbus fait son entrée dans la flotte long-courrier de la compagnie. Ces appareils, qui remplaceront 34 Boeing 747 de l'actuelle flotte long-courrier, seront livrés entre 2010 et 2014, et donneront à la compagnie la possibilité d'accroître sa capacité de 4% par an, a précisé British Airways.

La compagnie a indiqué que les améliorations écologiques apportées par ces nouveaux appareils "avaient été une raison importante" de cette commande. BA a précisé qu'elle continuerait à "envisager les appareils les mieux adaptés" pour remplacer les B747 restants. Pour cela, elle fera ultérieurement un choix entre les Boeing 787-10 et 777-300, et l'Airbus A350-XWB. La compagnie a indiqué avoir souscrit un prêt de 1,5 milliard de dollars auprès "d'un groupe de banques" pour "couvrir l'ensemble de ses commandes fermes jusqu'à la fin 2011".

Les aides à Boeing ont fait perdre 19 milliards à Airbus en 2 ans

Airbus accusé d'avoir touché jusqu'à 205 milliards de subventions
 

L'Union européenne a accusé mercredi les Etats-Unis d'avoir délibérément subventionné Boeing afin d'affaiblir la compétitivité d'Airbus, faisant perdre 19 milliards d'euros en deux ans à l'avionneur européen.

Le groupe spécial formé par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) chargé d'examiner la plainte de l'UE contre les subventions américaines à Boeing a commencé sa première audition dans la matinée à huis clos à Genève. La réunion se déroule six mois après la tenue d'un autre groupe spécial qui jugera la plainte de Washington contre Bruxelles sur les aides à Airbus. L'Union européenne demande à l'OMC de condamner différentes aides à Boeing versées par des Etats américains, le Pentagone et la Nasa.

De leur côté les Etats-Unis, qui ont ouvert les feux en premier, dénoncent les aides au lancement dont Airbus bénéficie de la part des Etats européens. "Nous présenterons les faits bruts pour démontrer subvention par subvention comment les aides des Etats-Unis ont bénéficié à Boeing et causé du tort aux intérêts d'Airbus", a déclaré Geoff Shuman, directeur d'Airbus pour les affaires européennes. Selon un représentant européen, les subventions américaines à Boeing entre 2004 et 2006 ont causé à Airbus un manque à gagner de 27 milliards de dollars (19 milliards d'euros).

Les programmes de recherche et développement de la Nasa et du département américain de la Défense sont particulièrement visés par Bruxelles. Les Européens estiment que l'avionneur américain bénéficie de subventions indues via les contrats que lui procurent la Nasa et le département de la Défense pour la mise au point de technologies militaires utilisées aussi dans les avions civils. A contrario, Washington estime que les aides au lancement obtenues par Airbus ont permis à l'avionneur européen de grignoter 20% des parts de marché de Boeing ces dernières années.

"Depuis 2000, Airbus a gagné 20% de points de parts de marché, tous directement pris de Boeing", a déclaré mercredi la porte-parole du représentant américain au Commerce Gretchen Hamel. "Si Airbus souffre, c'est de leur propre faute, à cause des choix qu'ils ont fait en développant l'A380, et ce n'est pas lié à de supposées subventions à Boeing", a déclaré un représentant de l'avionneur américain. Le jugement de l'OMC sur la plainte des Etats-Unis contre Airbus est attendu en décembre, alors que la décision sur les accusations de Bruxelles contre Boeing devrait être rendue publique en juin 2008.

26/09/2007

Air France-KLM prépare une offre sur Iberia

Air France KLM s'envole (2)
 

Le groupe aérien Air France-KLM prépare une offre sur la compagnie aérienne Iberia, et s'est allié pour cela avec des partenaires espagnols qui seraient majoritaires dans le consortium, selon le journal Expansion de mercredi qui n'identifie pas ses sources.

Les alliés espagnols d'Air France-KLM seraient le groupe d'investissement diversifié Torreal et le groupe de communication et d'édition Planeta, croit savoir le journal. Cette offre pourrait se retrouver en concurrence avec celle que prépare sur Iberia la compagnie aérienne britannique British Airways (BA) alliée au fonds d'investissement Texas Pacific Group qui cherche un partenaire depuis le mois de mars.

BA et TPG n'ont pas encore présenté d'offre ferme, mais ont approché Iberia avec une proposition de 3,60 euros par action, valorisant la compagnie à 3,4 milliards d'euros, ce qui ne semble pas pour l'instant séduire la direction de la compagnie espagnole. D'après le journal, les partenaires espagnols d'Air France-KLM devraient être majoritaires afin qu'Iberia reste une compagnie espagnole pour qu'elle puisse conserver ses droits et ses liaisons aériennes, notamment vers l'Amérique latine, marché attractif sur lequel Iberia est leader.

Plusieurs fois par le passé, Air France-KLM a fait part de son intérêt éventuel pour Iberia. Dans le quotidien français La Tribune de mardi, le PDG du groupe, Jean-Cyril Spinetta, a déclaré: "nous évaluons le dossier". Le groupe est également intéressé par une autre compagnie, l'italienne Alitalia, en grandes difficultés.

Iberia, qui a traversé plusieurs exercices difficiles, est en train de se redresser financièrement en appliquant un plan directeur réduisant les effectifs et concentrant l'activité de la compagnie sur les vols long-courriers, au détriment des vols intérieurs et européens, où la concurrence est féroce, surtout avec les compagnies à bas-prix. Face à une hypothétique empoignade pour le contrôle de la compagnie espagnole, l'action Iberia décollait de 4,31% à 09H23 (07H23 GMT) dans un marché en hausse de 0,97%.

La Russie lève le voile sur son 1er avion civil pour le marché mondial

La Russie lève le voile sur son 1er avion civil pour le marché mondial
 

La Russie a dévoilé mercredi le premier exemplaire du Superjet 100 de Soukhoï, le premier avion civil de ce constructeur destiné au marché mondial, et le fer de lance de ses ambitions retrouvées dans un secteur jugé très porteur.

L'industrie russe, en pleine restructuration, s'est alliée avec les plus grands industriels occidentaux du secteur pour concevoir et fabriquer ce jet régional de 100 places, qui vise la certification en 2008 des autorités américaines et européennes, un prélude indispensable à une carrière internationale. A l'usine d'assemblage de Komsomolsk-sur-Amour, à 8.000 km de Moscou, près de la frontière chinoise, mais dans une usine entièrement modernisée, le président de Soukhoï Mikhaïl Pogossian a illustré mercredi cette volonté de renaissance en accueillant ses partenaires, Boeing et Alenia (groupe italien Finmeccanica), mais aussi les français Snecma pour les moteurs et Thales pour l'avionique.

La sortie de "ce premier avion de la nouvelle Russie est d'une grande importance, un projet prioritaire, car personne ne peut se contenter du marché intérieur dans une économie mondiale" a déclaré le premier vice-Premier ministre de la Fédération de Russie, Sergueï Ivanov. Pour réussir sur le marché mondial où Illiouchine et Tupolev avaient régulièrement échoué sous l'ère soviétique, le groupe russe a déjà engagé plus d'un milliard de dollars dans le développement de cet avion à commandes de vol électriques, assemblé dans une usine passée à l'heure du numérique.

Soukhoï s'est aussi adapté aux normes de gestion des programmes et de coûts de ses partenaires occidentaux, estimaient mercredi les responsables de Safran, Thales et Alenia sur place. L'Italien Alenia a poussé le partenariat jusqu'à prendre 25% du capital de Soukhoï Aviation civile en juin 2007. C'est d'ailleurs en Italie que le Superjet a obtenu son premier contrat hors de Russie, à l'occasion du salon aéronautique du Bourget en juin dernier avec la commande ferme de 10 appareils par ItAli Airlines, livrables de 2009 à 2011. Les autres clients occidentaux potentiels ne se sont pas encore déclarés, mais Air France a manifesté son intérêt bien qu'il ait récemment commandé des Embraer.

Bombardier devra faire face à une concurrence accrue d'Embraer, qui table sur un nouvel appareil

Embraer étudie de nouveaux jets d’affaires
 

Mais la «tarte» des avions d'affaires va aussi s'agrandir. La firme Honeywell prévoit en effet des ventes records pour la décennie qui s'en vient. De quoi faire sourire les participants au National Business Aviation Association qui se tient à Atlanta.

Embraer vient encore jouer dans les platebandes de Bombardier.

L'avionneur brésilien a présenté deux nouveaux biréacteurs d'affaires hier à Atlanta, à la veille de l'ouverture officielle du congrès annuel de la National Business Aviation Association (NBAA).

«Ceci n'est pas un lancement, a déclaré le président et chef de la direction d'Embraer, Frederico Fleury Curado, en conférence de presse. C'est une étape importante dans notre évolution.»

Pour l'instant, il s'agit de deux concepts, le Midlight Jet (MLJ), dans la catégorie Léger supérieur, et le Midsize Jet (MSJ) dans la catégorie Intermédiaire.

S'ils deviennent réalité, ils affronteront respectivement le Learjet 45 et le Learjet 60 de Bombardier. Dans ces mêmes catégories, les rejetons d'Embraer affronteront également des appareils de Cessna et de Hawker Beechcraft.

«Ce sont des segments où il y a déjà beaucoup d'appareils, mais si nous voulons demeurer sur le marché de l'aviation d'affaires pour une longue période de temps, nous devons offrir des appareils de cette taille», a indiqué M. Curado en entrevue avec La Presse Affaires.

Il a affirmé que les deux nouveaux appareils se démarqueront de la concurrence parce qu'ils offriront la meilleure combinaison possible quant à la performance, au confort de la cabine et au prix.

«C'est ce que nous sommes en voie d'accomplir avec les Phenom», a-t-il affirmé.

Le Phenom 100 et le Phenom 300 sont deux nouveaux biréacteurs d'affaires dans la catégorie Très léger et la catégorie Léger.

Le Phenom 100 a effectué son premier vol en juillet dernier alors que le sous-assemblage du premier Phenom 300 a débuté au Brésil. Les deux appareils font déjà l'objet de 500 commandes.

Embraer a dévoilé hier matin (mardi) une maquette grandeur nature du MSJ.

L'avionneur veut ainsi profiter du congrès de la NBAA pour recueillir les commentaires des clients potentiels sur les nouveaux appareils. Cela lui permettra de raffiner le concept et de prendre une décision éclairée sur un éventuel lancement.

M. Curado a indiqué qu'il n'était pas pressé. «Comme il s'agit d'un marché à maturité, il n'y a pas vraiment de «fenêtre d'opportunité», de moment critique où il faut passer à l'action, a-t-il expliqué. Nous estimons qu'il faudra cinq ans entre le lancement et l'entrée sur le marché.»

Il a affirmé que le MLJ et le MSJ constitueront une toute nouvelle famille d'appareils dans la gamme des avions d'affaires d'Embraer. Ils auront beaucoup de points communs entre eux. En fait, le plus petit des deux, le MLJ, sera une version raccourcie du MSJ.

Il pourra transporter quatre passagers sur 4260 kilomètres, soit la distance entre Atlanta et Seattle. Pour sa part, le MSJ pourra transporter huit passagers sur 5186 kilomètres, soit la distance entre New York et Los Angeles.

Embraer a entrepris des discussions avec les manufacturiers qui pourraient motoriser ces appareils. Pratt & Whitney Canada (P&WC) fait partie du lot. C'est P&WC qui motorise les Phenom 100 et 300.

À l'heure actuelle, bien peu d'avionneurs lancent de nouveaux biréacteurs d'affaires. Cessna a indiqué hier qu'il étudiait encore son LCC (Large Cabin Concept), un gros biréacteur d'affaires présenté au dernier congrès de la NBAA. Pour sa part, Gulfstream a fait savoir qu'il n'était pas encore prêt à lancer un nouvel appareil.

Bombardier devrait procéder à une annonce ce matin. S'agira-t-il d'un nouveau modèle? Les paris sont ouverts. Le président de Bombardier Aéronautique, Pierre Côté, a affirmé hier que la nouvelle incursion d'Embraer dans les platebandes de Bombardier ne l'inquiétait pas.

«Nous avons nos propres projets, a-t-il déclaré à La Presse Affaires. Nous travaillons sur ce qui doit être fait pour maintenir notre leadership dans ces catégories.»

Bombardier fait face à une sérieuse difficulté: le dollar canadien s'est fortement apprécié et joue ces jours-ci autour de la parité avec la devise américaine.

Comme beaucoup de dépenses de Bombardier Aéronautique sont réalisées en dollars canadiens, et que les revenus sont tous en devises américaines, la marge de profit s'est sérieusement amincie.

Embraer fait face au même problème. M. Curado a rappelé lundi que le real brésilien s'était apprécié de 10 à 15% face au dollar canadien au cours de la dernière année.

«C'est un gros coup pour nous, a déclaré le président d'Embraer. Nous n'avons pas l'intention de déplacer nos activités de production à l'extérieur du Brésil. Il faut donc réaliser des gains de productivité.»