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26/09/2007

Bombardier devra faire face à une concurrence accrue d'Embraer, qui table sur un nouvel appareil

Embraer étudie de nouveaux jets d’affaires
 

Mais la «tarte» des avions d'affaires va aussi s'agrandir. La firme Honeywell prévoit en effet des ventes records pour la décennie qui s'en vient. De quoi faire sourire les participants au National Business Aviation Association qui se tient à Atlanta.

Embraer vient encore jouer dans les platebandes de Bombardier.

L'avionneur brésilien a présenté deux nouveaux biréacteurs d'affaires hier à Atlanta, à la veille de l'ouverture officielle du congrès annuel de la National Business Aviation Association (NBAA).

«Ceci n'est pas un lancement, a déclaré le président et chef de la direction d'Embraer, Frederico Fleury Curado, en conférence de presse. C'est une étape importante dans notre évolution.»

Pour l'instant, il s'agit de deux concepts, le Midlight Jet (MLJ), dans la catégorie Léger supérieur, et le Midsize Jet (MSJ) dans la catégorie Intermédiaire.

S'ils deviennent réalité, ils affronteront respectivement le Learjet 45 et le Learjet 60 de Bombardier. Dans ces mêmes catégories, les rejetons d'Embraer affronteront également des appareils de Cessna et de Hawker Beechcraft.

«Ce sont des segments où il y a déjà beaucoup d'appareils, mais si nous voulons demeurer sur le marché de l'aviation d'affaires pour une longue période de temps, nous devons offrir des appareils de cette taille», a indiqué M. Curado en entrevue avec La Presse Affaires.

Il a affirmé que les deux nouveaux appareils se démarqueront de la concurrence parce qu'ils offriront la meilleure combinaison possible quant à la performance, au confort de la cabine et au prix.

«C'est ce que nous sommes en voie d'accomplir avec les Phenom», a-t-il affirmé.

Le Phenom 100 et le Phenom 300 sont deux nouveaux biréacteurs d'affaires dans la catégorie Très léger et la catégorie Léger.

Le Phenom 100 a effectué son premier vol en juillet dernier alors que le sous-assemblage du premier Phenom 300 a débuté au Brésil. Les deux appareils font déjà l'objet de 500 commandes.

Embraer a dévoilé hier matin (mardi) une maquette grandeur nature du MSJ.

L'avionneur veut ainsi profiter du congrès de la NBAA pour recueillir les commentaires des clients potentiels sur les nouveaux appareils. Cela lui permettra de raffiner le concept et de prendre une décision éclairée sur un éventuel lancement.

M. Curado a indiqué qu'il n'était pas pressé. «Comme il s'agit d'un marché à maturité, il n'y a pas vraiment de «fenêtre d'opportunité», de moment critique où il faut passer à l'action, a-t-il expliqué. Nous estimons qu'il faudra cinq ans entre le lancement et l'entrée sur le marché.»

Il a affirmé que le MLJ et le MSJ constitueront une toute nouvelle famille d'appareils dans la gamme des avions d'affaires d'Embraer. Ils auront beaucoup de points communs entre eux. En fait, le plus petit des deux, le MLJ, sera une version raccourcie du MSJ.

Il pourra transporter quatre passagers sur 4260 kilomètres, soit la distance entre Atlanta et Seattle. Pour sa part, le MSJ pourra transporter huit passagers sur 5186 kilomètres, soit la distance entre New York et Los Angeles.

Embraer a entrepris des discussions avec les manufacturiers qui pourraient motoriser ces appareils. Pratt & Whitney Canada (P&WC) fait partie du lot. C'est P&WC qui motorise les Phenom 100 et 300.

À l'heure actuelle, bien peu d'avionneurs lancent de nouveaux biréacteurs d'affaires. Cessna a indiqué hier qu'il étudiait encore son LCC (Large Cabin Concept), un gros biréacteur d'affaires présenté au dernier congrès de la NBAA. Pour sa part, Gulfstream a fait savoir qu'il n'était pas encore prêt à lancer un nouvel appareil.

Bombardier devrait procéder à une annonce ce matin. S'agira-t-il d'un nouveau modèle? Les paris sont ouverts. Le président de Bombardier Aéronautique, Pierre Côté, a affirmé hier que la nouvelle incursion d'Embraer dans les platebandes de Bombardier ne l'inquiétait pas.

«Nous avons nos propres projets, a-t-il déclaré à La Presse Affaires. Nous travaillons sur ce qui doit être fait pour maintenir notre leadership dans ces catégories.»

Bombardier fait face à une sérieuse difficulté: le dollar canadien s'est fortement apprécié et joue ces jours-ci autour de la parité avec la devise américaine.

Comme beaucoup de dépenses de Bombardier Aéronautique sont réalisées en dollars canadiens, et que les revenus sont tous en devises américaines, la marge de profit s'est sérieusement amincie.

Embraer fait face au même problème. M. Curado a rappelé lundi que le real brésilien s'était apprécié de 10 à 15% face au dollar canadien au cours de la dernière année.

«C'est un gros coup pour nous, a déclaré le président d'Embraer. Nous n'avons pas l'intention de déplacer nos activités de production à l'extérieur du Brésil. Il faut donc réaliser des gains de productivité.»

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