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22/08/2007

Suppléments "fuel" dans le secteur aérien: illégaux? Excessifs? Trompeurs?

Suppléments fuel dans le secteur aérien, illégaux Excessifs Trompeurs
 
Via leur propre site web, des moteurs de recherches de toute sorte ou via des portails, la plupart des compagnies aériennes attirent les consommateurs avec des prix nets très bas. Malheureusement, quand le consommateur réserve son vol via Internet, ce qui est de plus en plus fréquent, il connaît seulement à la fin de la procédure le montant final à payer. La part des différentes taxes, frais et charges ajoutées au prix initial ou au prix de promotion fluctue entre 20% et 200%. Pour contrer le manque de transparence des prix, Test Achats exige des prix tout compris. En effet, au cours des deux dernières années, la plupart des compagnies aériennes ont successivement appliqué à cinq reprises voire plus des suppléments "fuel". Le prix du kérosène a doublé entre mai 2004 et août 2007 et pourtant certaines surcharges carburant ont été multipliées par cinq. Pour Test Achats, ces surcharges ne sont pas réalistes par rapport à la hausse effective du prix du carburant par passager. En Angleterre, l’Office of Fair Trading britannique a remporté une grande victoire contre 13 compagnies aériennes pour des promotions et des prix trompeurs. L’organisation de consommateurs demande à la Direction Générale Contrôle et Médiation d’en faire de même et d’engager au plus vite une enquête.

Petit retour en arrière
Dans les années 70 et 80, les compagnies aériennes nationales étaient leaders. Pas de libéralisation et les sociétés low-cost n’existaient pas encore. Les tarifs faisaient l’objet d’un contrôle national des prix. Ainsi, au cours de la première crise pétrolière, une surveillance fut introduite pour contrôler les suppléments "fuel" et les compagnies furent obligées de justifier ces dernières. En ce qui concerne les prix, le secteur du transport aérien a pris l’habitude d’ajouter diverses taxes et autres suppléments au prix de base du billet. Dans une première phase, il s'agissait presque exclusivement de la taxe d'aéroport : une rétribution pour pouvoir décoller d’un aéroport ou pour pouvoir y atterrir. Mais, entre-temps, le nombre de suppléments est devenu flou et les montants de ces surcharges n’ont cessé d’augmenter au fil des années. Suite aux attentats du 11 septembre, diverses "taxes de sécurité" ont vu le jour. Ensuite, il a été question de surcharges carburant, de suppléments pour le paiement avec une carte de crédit, de frais de dossier, etc. Tous ces frais étaient additionnés sous un vocable commun intitulé "taxes-box" et sans aucune transparence. Les consommateurs voient les prix net affichés et veulent bien entendu pouvoir les comparer, ce qui s’avère impossible.

Un grand manque de transparence des prix
Quand le consommateur réserve son vol via Internet, ce qui est de plus en plus fréquent, c’est seulement à la fin de la procédure qu’il sait à combien s'élève le montant final. En général, le consommateur imprime les données et ferme la page, après quoi, il va naviguer sur le site d’une compagnie concurrente où il fait la même chose. Quand il ne clique pas sur la dernière confirmation afin de réserver parce qu'il n'est pas d'accord avec les suppléments, la réservation n’est pas effective. Si le consommateur veut réserver plus tard, il y a une grande chance qu’entre-temps le prix ait, de nouveau, augmenté de quelques euros. Bien entendu, il s’agit ici de soi-disant suppléments optionnels que le consommateur choisit de payer pour des prestations de services complémentaires non obligatoires (p. ex.: les bagages supplémentaires, le repas, les boissons, l'assurance...). De cette façon, comparer est donc presque impossible. Actuellement, les prix tout compris sont utilisés uniquement lors d’actions de promotion. Un projet de règlement européen est en cours d’élaboration, il prévoit le principe des prix tout compris dans le secteur aérien. Cependant, il vise uniquement l’indication du prix dans la publicité ou les actions de promotion.

Les prix des carburants adaptés de manière illégale 
Les suppléments "fuel" appliqués depuis mai 2004 par les plupart des compagnies aériennes européennes, étaient contraires à la loi sur les pratiques du commerce. Cette loi impose l’obligation à chaque vendeur de reprendre toutes les taxes et frais dans le prix total et ceci aussi bien dans sa publicité que dans ses indications de prix pour le public. C’est seulement pour les prestations de services "optionnelles" ou facultatives qu’un vendeur ou qu’une compagnie aérienne peut compter un supplément (par exemple pour le transport d’un bagage supplémentaire). La législation vise ainsi une indication de prix transparente et une comparaison des prix plus facile. Le consommateur ne devrait donc plus être trompé par des campagnes de promotion ni par les faibles prix attractifs annoncés sur les sites web.

Respect de la loi et transparence !
Les suppléments "fuel" sont devenus une pratique généralisée sauf chez certaines compagnies comme Ryanair, Easyjet, Vueling, ainsi que chez les compagnies charter comme Jetairfly et Thomas Cook Airlines. En plus, ces suppléments ont apparemment un caractère cumulatif : la plupart de compagnies aériennes ont déjà appliqué cinq fois ou plus des surcharges carburant de manière successive au cours des deux dernières années. Le prix du kérosène a doublé entre mai 2004 et août 2007 alors que certaines surcharges carburant ont été multipliées par cinq. Chez Brussels Airlines, le consommateur paie une surcharge carburant de 16,30 € par trajet pour les vols européens et 60 € pour le vol longue distance. Par exemple, le 20 juillet dernier, Lufthansa a augmenté la surcharge carburant de 10 € par trajet pour les vols à longue distance, ce qui porte ce supplément à 62 € au total.
Le 16 juillet dernier, KLM, Air France et Northwest Airlinses augmentaient leur surcharge carburant une nouvelle fois: 1 € par trajet pour les vols intra-européens et 5 € par trajet pour vols intercontinentaux. Depuis le 8 août, KLM a encore rajouté un euro ce qui porte au total les suppléments sur un vol intra-européen à 25 €. En ce qui concerne Air France, la surcharge carburant seule s’élève déjà à 9 € par trajet pour un vol national, 13 € pour un vol européen et 58 € pour un vol long de distance.
Cette pratique soulève d’autres questions. Ces surcharges sont-t-elles réalistes par rapport à la hausse effective du prix du carburant par passager ? D'après quelques calculs, cela est rarement le cas et il est à peine question de baisses proportionnelles. Autre chose : n’est-il pas trompeur que la plupart des compagnies aériennes intègrent ces suppléments soit dans la "taxes-box" du ticket soit dans une rubrique "taxes supplémentaires, frais et charges", rubrique "fourre-tout" qui ne fait que s’étendre ? La part de celle-ci fluctue maintenant d'environ 20% à 200% du prix promotion net.
L’existence de pratiques d’entente sur les prix est également plausible entre certaines compagnies. British Airways a d’ailleurs récemment encouru une amende d’environ 180 millions d'euros pour des ententes de prix conclues avec Virgin Atlantic concernant les suppléments de carburant sur les vols à longue distance. Et la publicité de certaines compagnies autour de l’indication irréaliste « prix à partir de » est sans aucun doute également trompeuse. 

Combattre efficacement 
Pour pouvoir combattre efficacement les violations de la législation sur la concurrence, il est nécessaire d’attribuer d’urgence plus de moyens et de personnel aux autorités de la concurrence.

En matière des prix, il doit être expressément spécifié que la loi des pratiques du commerce s'applique également à la vente des billets d’avion. En outre, il faut pouvoir sanctionner efficacement afin que la loi soit respectée. S’il y a un cas de force majeur qui impose une surcharge temporaire, celle-ci doit être justifiée et la méthode de calcul (et le remboursement éventuel) doit être spécifiée dans le contrat...

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