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22/07/2007

Brésil: pagaille aérienne après l'annonce du plan d'urgence

Brésil, pagaille aérienne après l'annonce du plan

 

La pagaille a régné samedi dans le ciel brésilien au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'un plan d'urgence pour résoudre la crise du transport aérien, après le tragique accident d'un Airbus de TAM à Sao Paulo dont le bilan est estimé autour de 200 morts. Samedi à l'aube, cinq avions qui effectuaient des vols internationaux ont dû rebrousser chemin et revenir à l'aéroport international de Sao Paulo (Guarulhos), en raison de défaillances de radars dans la région amazonienne. Deux vols d'American Airlines reliant Sao Paulo à Miami ont dû se poser à Manaus (nord).

"Il y a eu des problèmes à la tour de contrôle Cindacta 4 de Manaus et cinq avions ont dû faire demi-tour", a indiqué samedi l'entreprise gestionnaire des aéroports brésiliens, Infraero. Une panne d'alimentation en courant des radars de cette tour de contrôle durant la nuit est à l'origine des ces perturbations, a précisé Infraero. D'après la radio CBN, "plusieurs aiguilleurs du ciel ont commencé à pleurer", impuissants à pouvoir contrôler le trafic aérien, mais grâce à d'autres systèmes radio, ils ont pu entrer en contact avec les avions qui se trouvaient dans la région de Manaus.

Brésil, pagaille aérienne après l'annonce du plan (2)

 


Le brouillard a également pertubé les opérations samedi matin dans les aréoports de Rio de Janeiro, Sao Paulo (sud-est) et Porto Alegre (sud). Sur 1.285 vols programmés jusqu'à 18H00 (21H00 GMT), 573 avaient enregistré des retards de plus d'une heure (soit 44,7%) et 144 avaient été annulés, soit 11,2%. Samedi matin, la boîte noire contenant les conversations des pilotes (voice recorder) a été retrouvée parmi les débris de l'Airbus qui avait percuté mardi soir un immeuble à Sao Paulo.

La compagnie aérienne brésilienne TAM a indiqué par ailleurs qu'il y avait un occupant supplémentaire, un copilote embarqué au dernier moment, à bord de l'A320 accidenté, ce qui porte à 187 le nombre de victimes à bord. Le bilan final devrait dépasser 200 morts. L'appareil s'est écrasé près de l'aéroport de Congonhas et a explosé en percutant un bâtiment de TAM Express, filiale fret de la compagnie, qui s'est transformé en brasier. Sur les lieux de l'accident, une soixantaine de pompiers, aidés pour la première fois de chiens de sauvetage, continuaient samedi de rechercher les victimes, dont 47 ont pu être identifiées, alors que quatre blessés sont décédés.

Le bilan exact ne sera connu qu'à l'issue des opérations d'identification qui peuvent prendre un mois. Le président Luis Inacio Lula da Silva est intervenu vendredi soir à la télévision pour la première fois depuis la pire catastrophe aérienne au Brésil et a annoncé une série de mesures pour faire face à la crise du système de transport aérien. La crise a commencé en septembre par le crash d'un Boeing de la Gol en Amazonie avec 154 personnes à bord après une collision avec un avion d'affaire. Depuis cette date, le trafic aérien s'est déréglé.

Grèves du zèle des contrôleurs aériens, pannes d'équipements, surréservations des compagnies: les passagers des grands aéroports br ésiliens sont sans arrêt soumis à des retards importants ou à des annulations de vols. Le président a demandé aux Brésiliens de faire preuve de "sérénité" après le nouvel accident à Sao Paulo. "On ne peut condamner ou absoudre qui que ce soit sur la bases d'opinions précipitées", a-t-il estimé. Les mesures annoncées visent pour l'essentiel à réduire de manière draconienne, d'au moins 30% selon la presse, le trafic aérien sur l'aéroport de Congonhas, situé en plein coeur de la ville.

D'ici 60 jours, l'aéroport ne sera plus la plaque tournante du transport aérien au Brésil et n'accueillera plus que des vols directs. Le nombre de décollages et d'atterrissages sera limité à 33 par heure au lieu de 44. Les compagnies étrangères ne se verront plus attribuer de nouvelles fréquences à Guarulhos, l'aéroport international de Sao Paulo. D'ici trois mois, l'emplacement d'un troisième aéroport sera choisi à Sao Paulo. Ce projet ne pourra pas voir le jour avant au moins six ans.

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